"La sélection corse? Je ne pourrais même pas trouver les mots pour vous dire combien c'est important pour moi. Ç a compterait plus qu'une sélection en équipe de France". Les mots de Jean-Baptiste Pierazzi, capitaine de l'AC Ajaccio et membre de la Squadra Naziunale Corsa, ne laissent pas de place au doute. Sur l'île de Beauté, on se revendique de cette équipe comme un symbole de la spécifité insulaire. "L'équipe de France? On ne la suit pas, on ne s'identifie pas à elle, alors que la Corse oui", explique de son côté Sébastien, membre de l'association de supporters du Sporting, Bastia 1905.
Mais cette équipe de Corse, à quoi sert-elle? Que représente-t-elle? "C'est une sélection faite sur l'ascendance, nous explique son manager Andre Di Scala. Elle a été relancée en 2008 car le football corse était au creux de la vague. Bastia descendait, l'ACA évoluait en D2 et le Gazelec en CFA. Elle nous sert à être nous-mêmes, à organiser des rencontres qui ouvriraient la Corse à d'autres sélections, d'autres pays. Il y a une volonté dans cette île d'avoir une autonomie importante. Ce n'est pas un rejet. Au contraire, c'est une ouverture".
La Corse en qualifications pour la Coupe du monde?
Parmi les joueurs qui ont enfilé le maillot à la tête de Maure, des noms familiers: Modesto, Cavalli, Penneteau mais surtout Giuly et Squillaci qui ont aussi porté celui des Bleus. Des joueurs du "continent" donc mais avant tout du Sporting et de l'ACA. Pas de clan, au contraire. "On est heureux de se retrouver, explique Pierazzi. Quand Dédé (Di Scala) m'a annoncé qu'il reformait la sélection, j'ai trouvé ça fantastique". Même les associations de supporters des deux camps, Bastia 1905 et Ursi Rebelli pour Ajaccio, y sont allées de leur banderole lors d'un derby il y a quelques années: "Per una squadra Naziunale Corsa".
Cette remise au goût du jour il y a quatre ans s'accompagne de rêves de grandeurs. Celui notamment d'être affilié à la FIFA pour disputer des compétitions officielles comme la Guadeloupe (Gold Cup) ou Tahiti et la Nouvelle-Calédonie, qui jouent les qualifications à la Coupe du monde. "Cette reconnaissance est importante pour nous, explique Di Scala. On se reconnait comme une nation, un peuple." "C'est plus qu'important, confirme Pierazzi. La Corse a tellement été critiquée, on a dit qu'elle manquait de qualité, qu'il manquait ci, ça... On veut montrer que cette sélection a du potentiel."
En attendant, la sélection corse doit trouver d'autres moyens d'exister. Elle a ses souvenirs comme son nul face au Stade de Reims de Kopa en 1964 (1-1) ou son succès sur l'équipe de France au Stade Vélodrome (2-0) devant 25.000 spectateurs en 1967. Ses matches de bienfaisance dont le plus symbolique reste celui face à la Juventus Turin de Vialli et Ravanelli après la catastrophe de Furiani en 1992. Ou encore par le biais de matches amicaux face à de vraies sélections (Congo en 2009, Gabon en 2010 et Bulgarie en 2011), seule façon pour elle de s'afficher, en attendant mieux.





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