Samedi soir, l'OM a ponctué sa série de matches amicaux par un succès contre Evian (2-1). Il était temps. Car en cinq rencontres de préparation, Marseille ne s'est imposé qu'une seule fois pour trois nuls et une défaite. Un tout petit bilan pour l'équipe d'Elie Baup. Le plus maigre depuis cinq saisons. "On ne va pas se fier aux résultats, tempère l'expérimenté Benoit Cheyrou. Car j'ai déjà connu des préparations où on gagnait tous nos matches. Mais ensuite on perdait en championnat..." N'empêche, les Marseillais ont peiné devant des équipes à la notoriété limitée. Beaucoup de chantiers ont été lancés par Baup depuis sa prise de fonction. Peu ont abouti.
Première priorité : reprendre la maîtrise du jeu. L'ancien consultant de Canal+ a ainsi axé nombre de ses séances d'entraînements sur la récupération et l'utilisation du ballon. Durant ses ateliers, il a très souvent opposé deux équipes sur une moitié de terrain. L'une devait utiliser le ballon au mieux dans une phase offensive ; l'autre le récupérer le plus vite possible. En match, ces principes de jeu se sont traduits par une organisation en 4-2-3-1. Dans ce schéma, les quatre joueurs offensifs n'ont pas vraiment de position attitrée. André Ayew, Morgan Amalfitano et Mathieu Valbuena prennent tour à tour l'axe pour occuper le poste de numéro 10. "Le coach souhaite que l'on mette beaucoup de mobilité, explique Valbuena. Il nous incite également à permuter." C'est ainsi que Gignac se balade sur tout le front de l'attaque. Cette stratégie résolument offensive a payé. Car en cinq matches amicaux, l'OM a marqué huit buts.
Baup fan du beau jeu
Contre le FC Thoune (3-3), les Marseillais ont déployé un jeu très intéressant durant la première période. C'était la première fois que l'on voyait en match la traduction des exercices réalisés à l'entraînement. Une première forme de victoire pour le technicien Baup. "Tout le travail réalisé pendant de la semaine doit tendre vers le match", ne cesse-t-il de répéter. Dans cette philosophie de jeu, les deux milieux défensifs, Kaboré et Cheyrou, doivent amener leur pierre à l'édifice offensif. Kaboré s'est ainsi essayé plusieurs fois à des frappes de loin. Et Cheyrou s'est mué en passeur décisif face à Evian sur le premier but d'André Ayew. Baup demande également beaucoup à ses latéraux. Il sait que pour bien repartir de l'avant, tout l'édifice défensif doit être concerné. "Durant les matches amicaux, nos adversaires ont vu que nous voulions construire de derrière, constate Baup. Ils nous pressent donc très haut pour empêcher notre jeu de se mettre en place."
Le premier test grandeur nature aura lieu jeudi prochain. L'OM débute en effet sa Ligue Europa face à Eskisehirspor. Cette équipe turque n'a pas la renommée de Besiktas ou de Galatasaray, mais l'opposition promet d'être coriace. "Cette formation possède une grande capacité à jouer, avoue Baup. Elle évolue dans un système en 4-3-3. Même si on n'a pas le choix, ce rendez-vous arrive tôt par rapport à notre préparation." Car l'entraîneur marseillais veut inculquer un nouvel état d'esprit au sein de son groupe. Il a en effet profité de sa période de consultant chez Canal+ pour se frotter aux plus grands clubs européens. Et en garder le meilleur. "A moyen ou long terme, le travail sur le jeu va payer", affirme Baup, qui veut associer la manière au résultat. Ce passionné du foot souhaite que l'OM redevienne attractif. Les fans marseillais, déçus de la qualité de jeu produit la saison dernière, n'attendent que ça. Mais Dider Deschamps avait aussi essayé de donner la priorité au beau jeu. Et ça n'avait pas fonctionné. Il avait dû se résoudre à revenir à un schéma plus défensif. Baup réussira-t-il là où Deschamps a échoué ?
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AFP





















