Une équipe de foot, c'est une mécanique de précision. Elle ne tourne à plein régime qu'après une période de rodage, plus ou moins longue. Même quand elle est bâtie à coups de millions. Même quand elle est dirigée par un entraîneur au palmarès long comme le bras. Prenez le PSG de Carlo Ancelotti. Début août, on l'imaginait déjà survoler la Ligue 1. Fin septembre, Paris ne regarde pas ses dix-neuf concurrents de haut. Pas encore. Mais j'en suis convaincu : tôt ou tard, Paris prendra les rênes du Championnat, pour ne plus les lâcher. Juste une question de temps.
Avant d'expliquer pourquoi j'écris cette hégémonie programmée à l'encre de la certitude, balayons tout malentendu : non, je n'ai aucune espèce de préférence pour le club de la capitale. Et pourtant, j'admets volontiers que, comme prévu, le PSG va tout écraser sur son passage dans les prochaines semaines. Cette intuition n'en est pas une. Les derniers faits l'érigent même au rang de prédiction. D'abord, rappelons qu'en dépit de son démarrage poussif, Paris est jusqu'ici invaincu. Qu'il est installé sur le podium. Et qu'il a tout de même pris douze points sur dix-huit. C'est un rythme de futur champion que Marseille et Lyon tiennent après six journées. Mais quand les prestations du PSG attestent d'une indéniable montée en puissance, celles des deux Olympiques laissent davantage l'impression d'un surrégime.
Sans être un modèle de totale maîtrise collective, la promenade de samedi dernier, à Bastia (0-4), me conforte aussi dans l'idée que ce Paris-là en a encore sous le pied. Sa marge de progression était déjà perceptible quand ses trois nuls initiaux laissaient planer un doute sur son réel potentiel. Ancelotti martelait alors qu'il cherchait encore ce fameux "équilibre". Il l'a pratiquement trouvé. Jugez plutôt : Paris surfe sur une jolie dynamique. Trois victoires d'affilée rien qu'en L1, entrecoupées d'un départ canon en Ligue des champions, face au Dynamo Kiev (4-1). C'est bien le signe que collectivement, le PSG a gravi plusieurs marches.
En septembre, Paris a déjà inscrit douze buts. Zlatan Ibrahimovic les enfile déjà comme des perles. Alors forcément, il attire sur lui les projecteurs. Mais limiter le rendement du PSG à celui de son géant suédois serait réducteur. Ce serait occulter, entre autres, les prouesses de Sirigu, la solidité retrouvée de Sakho ou encore l'impressionnante justesse de Verratti. Ce serait aussi oublier que Thiago Silva débarque à peine, que Pastore, Nene et Ménez sont, par intermittence, éblouissants. Ce serait enfin faire abstraction du banc parisien, sans équivalent en France.
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