A bout de souffle. Lille n'est pas mécontent de voir arriver la première trêve internationale de la saison. Battu par le PSG dimanche soir (1-2), le LOSC est apparu fatigué après un début de saison chargé avec le barrage de la Ligue des Champions. La victoire acquise après la prolongation face à Copenhague (2-0 a.p.) avait laissé trop de traces pour que le challenger nordiste fasse tomber le favori parisien dans ce premier choc de la saison. Derrière ce constat, il y a la réalité du classement. Relégué à la 11e place, à sept points du leader marseillais, Lille n'a pas réussi le début d'exercice escompté.
De là à dire que le costume de rival principal du PSG dans la course au titre est trop lourd à porter pour Lille, il y a un pas à ne pas franchir. Pas encore. Face à Paris, les Lillois ont surtout payé une première période catastrophique, à l'image de ce premier but concédé après moins de 30 secondes de jeu. A ce niveau, ça pardonne rarement. D'autant plus que le LOSC, peu après avoir égalisé, a encaissé ce deuxième but qui a permis aux Parisiens de ne pas douter. "Ce qui est embêtant c'est qu'on leur a donné un coup de pouce. On a vu une deuxième période du LOSC bien meilleure. On a été beaucoup plus investis dans les duels et on a arrêté de les regarder jouer. On les a laissés marquer deux buts trop facilement", pestait Rudi Garcia après la rencontre. "Il y avait quand même des failles, ce n'était pas possible pour nous de les exploiter à cause des jambes", estimait pour sa part Franck Béria, dans un discours similaire à celui de ses coéquipiers.
L'ombre d'Eden Hazard
Trois jours après ce match si capital contre Copenhague, la rencontre face au PSG tombait peut-être mal pour des Lillois entamés. Mais la fatigue au terme de cette semaine décisive, qui a poussé Rudi Garcia à remanier son équipe en partie, n'est peut-être pas la seule explication au revers nordiste. Dans le jeu, le LOSC ne dégage plus les certitudes des saisons passées, et cela ne s'est pas vu que contre Paris. Son entraîneur a d'ailleurs reconnu que la marge de progression des Dogues dans ce domaine était encore importante. S'il aimerait avoir encore une recrue en défense centrale, c'est bien l'animation offensive lilloise qui semble le plus inquiéter Rudi Garcia. "Il y a encore beaucoup de travail. On ne s'est pas procuré d'occasions suffisamment dangereuses. Il faut travailler notre déplacement devant le but, nos déplacements combinés et notre relation entre le milieu et l'attaque", estimait-il en conférence de presse.
Il est difficile de ne pas voir une relation entre les maux lillois et le vide laissé par le départ d'Eden Hazard. Le Belge, parti à Chelsea, était justement cet accélérateur du jeu nordiste dans les 30 mètres adverses. Son ombre planait d'autant plus sur le Grand Stade dimanche soir qu'il avait été le grand artisan de la victoire du LOSC sur Paris en avril dernier (1-2). Marvin Martin et Salomon Kalou, les recrues phares de Lille cet été, n'ont ni le profil, ni le talent de l'ancien numéro 10 des Dogues. Ils ont aussi manifestement besoin de temps pour donner la pleine mesure de leur talent au sein de leur nouvelle équipe, comme il en faudra à Lille pour digérer le départ du meilleur joueur de Ligue 1 ces deux dernières saisons. De ce point de vue, le départ poussif des Lillois n'est pas illogique. "Cinq points en quatre journées, c'est clairement insuffisant pour un prétendant à l'Europe, mais il n'y a pas le feu au lac", relativise Aurélien Chedjou. Avec des déplacements à Troyes et Rennes et la réception de Lyon d'ici la fin septembre, l'état d'urgence n'est peut-être plus très loin cependant.
- Plus d'infos



DPPI





















