Plus de 40 millions d'euros pour un jeune brésilien qui n'a encore (presque) rien prouvé ? Si à première vue, le transfert de Lucas au PSG peut sembler insensé, il s'inscrit en réalité dans un plan de développement à long terme qui veut installer le club parisien parmi les géants européens. Explication(s).
« Lavezzi ? Je ne connais pas. » « Verratti ? Il n’y a rien. » « Ibrahimovic ? On cherche un joueur plus jeune. » Aux GPS et méthodes d’entraînement révolutionnaires, Carlo Ancelotti a donc également ramené à Paris un peu de Pinocchio, ce personnage fictif de Toscane connu par les enfants pour ses mensonges. L’ancien coach milanais avait promis le mercato du PSG clos. Mais il faut croire que le quotidien parisien ne s’éloigne jamais longtemps des transferts, surtout lorsqu’ils grimpent à des hauteurs folles, qui à ce rythme, feront rapidement passer celui de Pastore pour raisonnable. Pour la quatrième fois en treize mois, QSI a donc déversé plus de trente millions d’euros pour acquérir sa nouvelle perle brésilienne, qui devrait se situer juste en dessous de Thiago Silva dans le livre des transferts record de la Ligue 1, qui n’existera bientôt plus que sous l’égide du PSG.
L’œil de Rai
En signant pour cinq saisons, Lucas Rodrigues Moura da Silva, dit “Lucas“ devient la cinquième recrue parisienne de cette partie géante de Football Mercato qu’a l’air d’apprécier tout particulièrement Leonardo. C’est d’ailleurs lui, encore et toujours, qui a réussi à faire la différence sur le dossier du Paulista. Comme il le faisait jadis avec Keane, Giggs ou Rooney, Sir Alex Ferguson a tout tenté pour convaincre le joueur brésilien de venir à Manchester, mais la proximité du directeur sportif du PSG avec le président de Sao Paulo, l’agent du joueur (qui est aussi le sien), et son discours toujours tourné vers le fameux “projet“ ont convaincu Lucas de son futur parisien, où il côtoiera donc son capitaine Thiago Silva, qui aurait aussi joué dans cette persuasion. Alors qu’il suivait déjà le joueur à l’Inter, Leonardo s’est très vite mis en tête de recruter Lucas, en missionnant son copain Rai de le suivre, dès aout 2011. Très proche du Tricolor, l’ancienne gloire parisienne a facilité l’opération en échangeant toute l’année avec les aboutissants du dossier, comme avec les proches du joueur. Le travail en amont du PSG a donc eu raison du prestige de United, qui n’avait que peu de chances de réussir dès lors que Leonardo fut entré dans la danse.
Bataille continentale
Si le prix semble totalement insensé, en réalité, le transfert de Lucas échappe à la décence car il appartient à un monde tellement distant de la Ligue 1. Si le PSG vient de sortir une nouvelle fois le carnet de chèques, c’est qu’il ne souhaitait pas voir la concurrence lui piquer ce trésor. Même s’il devra prouver sur le terrain qu’il peut battre Lille, Marseille, Lyon et les autres en terre de France, sa logique actuelle et future l’amène à penser Ligue des champions, et il ne voulait voir un tel talent que Lucas l’affronter dans l’avenir en C1. C’est autant par conviction du potentiel du joueur que lutte future avec ses désormais rivaux européens que Paris a pris la décision d’incorporer Lucas à son effectif étoilé. Un pari pour devancer et écarter la concurrence, en somme. A 45 millions d’euros le risque, il confirme surtout une chose : le PSG loge seul sur sa planète, où s'entrelacent ses excès et son rêve de gloire. Pour la deuxième saison consécutive, il va donc figurer au hit parade mondial des clubs les plus dépensiers du mercato d’été, et on lui conseillerait bien, de fait, de modifier son slogan en copiant celui d’Al Jazira Sport : « We have no limits. »
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