Un doublé en une demi-heure chrono, pour signer la victoire bastiaise à Sochaux (2-3) : Toiflilou Maoulida "ne pouvait pas rêver plus beau retour" en Ligue 1. Cerise sur le gâteau, à l'aube de la 2e journée, l'attaquant mahorais s'est hissé à hauteur du 1,92 m de Zlatan Ibrahimovic. "J'ai pris le classement des buteurs en photo, se marre-t-il. Ça me fera un joli souvenir. Je sais que ça ne durera pas." A 33 ans, Maoulida "sait trop combien que tout va vite dans le football". Alors, il "savoure". Sans tirer la couverture à lui, parce que "sans mes coéquipiers, je ne suis rien". Mais en gardant les pieds sur terre.
Avant d'accueillir Reims - son dauphin de la saison passée -, samedi soir (20h), à Furiani, le promu bastiais sait qu'il ne trustera pas éternellement le fauteuil du leader. Ça tombe bien, le Sporting ne vise pas les cimes du Championnat. "Aujourd'hui, insiste Maoulida, je signe tout de suite pour un maintien à la 16e ou 17e place." L'ancien Lensois en est conscient : la route est longue. Semée d'embûches. "Il reste 37 combats. On va connaître des périodes difficiles. Alors surtout, ne nous enflammons pas. Sinon, le boomerang peut nous revenir en pleine tête. A ce niveau-là, tout va deux fois plus vite. Le moindre relâchement se paie cash." Bastia en a déjà fait l'expérience à Sochaux. "On commet deux fautes d'inattention, on prend deux buts. En Ligue 2, on avait un peu plus de marge d'erreur."
"Une équipe joueuse"
Mais à écouter Maoulida, le SCB a les armes pour corriger le tir. "Je ne suis pas inquiet, positive l'attaquant aux 337 matches de L1. On surfe encore sur la dynamique des deux dernières saisons. On a gardé cet état d'esprit, cette cohésion qui a toujours fait notre force. On ne lâche rien." Mieux, quand les circonstances incitent à la prudence, les Corses prennent un malin plaisir à appuyer sur l'accélérateur. "A Sochaux, on aurait pu se contenter du 1-1. Mais non. Le coach a fait rentrer des joueurs offensifs pour ramener une victoire. Ce résultat, on est allé le chercher. On est une équipe joueuse." Qui a, dixit Maoulida, les moyens de ses ambitions. "Techniquement, avec des mecs comme Rothen, Khazri ou Ilan, on n'a rien à envier à la plupart des équipes de L1."
Bastia s'est donc juré de "ne pas jouer à dix derrière et d'attendre un contre pour marquer". "Ça, c'est le petit bonheur la chance. A un moment donné, tu craques forcément. Le mieux, c'est de jouer avec nos qualités. De mettre le pied sur le ballon et de continuer à attaquer. Si on commence à changer, on va droit dans le mur." Visiblement, ce n'est pas le genre de la maison. Le Sporting "possède suffisamment de joueurs d'expérience" pour le maintenir dans le droit chemin. Pour qu'il ne dévie pas de sa ligne de conduite. Même si Maoulida le répète à l'envi : "On va forcément connaître un passage à vide." Le plus tard sera le mieux.
DPPI