"Si le club me propose un contrat de vingt-quatre ans, je suis d'accord ! (...) Surtout après ce qu'a dit Mourinho." Carlo Ancelotti se plaît au Paris Saint-Germain et n’a pas hésité à le redire dans les colonnes du journal L’Equipe et du Parisien, alors que l’entraîneur du Real Madrid n’écartait pas il y a peu de relever un nouveau défi en venant en France. "J'ai été champion dans quatre pays, alors pourquoi pas un cinquième ?", se laissait même aller "The Special One" vendredi au micro de BeInSport. L’actuel titulaire du poste parisien a répondu en réaffirmant son attachement au projet du PSG. "J’ai un bon feeling à Paris : avec les joueurs, les supporteurs et le club. Je vois mon futur au PSG, précise l'entraîneur italien. Mourinho devra attendre beaucoup de temps !" Arrivé au club, il y a moins d'un an, Carlo Ancelotti estime que le Paris Saint-Germain n'en est qu'à la genèse de son projet et se voit bien en Alex Ferguson parisien.
L'entraîneur de Manchester United "dure dans le temps", et c'est ainsi qu'Ancelotti imagine faire du PSG une équipe de premier plan européen, après les limites affichées face à Porto en Ligue des champions. "On a manqué de courage et d’expérience chez certains joueurs. Mais ce n’est pas un problème individuel. Regardez : Matuidi a été le meilleur joueur sur le terrain avec Sakho. Le problème est collectif. Car l’intensité n’est pas la même que lors d’un match de championnat", explique-t-il au Parisien. Et l'Italien de préciser dans les colonnes de L'Equipe ce qui a manqué à sa formation face aux exigences du haut niveau : "Nous avons trop laissé le contrôle du jeu à l'adversaire et trop cherché à jouer en contre-attaque. Il y a eu de nombreuses situations dans lesquelles nos latéraux étaient libres mais ils n'ont pas été servis".
Un "mauvais souvenir" à Marseille
Après la défaite européenne, il s'agit désormais de rebondir sur la scène nationale. Et pour cela, rien de tel que le choc face à Marseille, avec la première place en vue : "ce sera un match avec beaucoup de pression pour les deux équipes. Pour nous, c'est excitant car si on gagne, on prend la première place. Début septembre, personne n'aurait dit que le PSG serait premier après huit journées." Pour autant, Ancelotti estime ses joueurs prêts à prendre les commandes d'un championnat dont ils ont longtemps occupé la tête l'an passé, avant de laisser filer Montpellier au printemps. "Si on a la possibilité, c'est très bon pour tout le monde. Il faut le faire", exhorte-t-il dans L'Equipe.
Conscient que le PSG aborde un match "avec beaucoup de pression pour les deux équipes", l'entraîneur italien tente de déminer auprès du Parisien : "Je ne veux pas rajouter de la pression sur cette rencontre. Nous allons jouer notre football dans un match difficile avec beaucoup d’intensité." Mais Ancelotti a l'expérience de l'ambiance marseillaise : "J’ai joué là-bas en 1991 avec Milan et on avait perdu. Je me souviens même qu’il y avait eu une panne d’éclairage. C’est un mauvais souvenir. L’ambiance est très chaude. Les supporteurs sont vraiment derrière leur équipe. Marseille me fait penser à Naples."
"Sakho s'est beaucoup amélioré"
A Marseille, comme à chaque fois qu'il a été disponible depuis le début de saison, Zlatan Ibrahimovic sera le fer de lance indiscutable de l'attaque parisienne. Même si le Suédois est apparu un peu court sur ses deux dernières sorties. "Il n'est pas à 100%. Il manque un petit peu de réactivité, explique Ancelotti dans les colonnes du Parisien. On travaille spécifiquement là-dessus. Mais même à 90%, il est pas mal." La star du PSG échappe à une concurrence qui touche tous les postes, notamment dans le secteur offensif : "Pour avoir une bonne ambiance et une bonne atmosphère, je veux donner la possibilité à d’autres joueurs comme Gameiro ou Nene, qui sont très bons, d’être utiles. Aujourd’hui, je pourrais toujours mettre la même équipe, mais si je fais ça, j’arrive en décembre avec onze joueurs fatigués et dix-sept autres démotivés."
Derrière, Mamadou Sakho a su profiter de cette rotation, et de l'absence de Thiago Silva en début de saison, pour se relancer. "Mamadou s'est beaucoup amélioré, affirme Ancelotti pour L'Equipe. Il a montré du caractère. Il est moins agressif que la saison dernière et a progressé tactiquement. Pour Alex, c'est plus difficile d'enchaîner les matches tous les trois jours." Mais comme Ancelotti est un entraîneur gâté à Paris, il peut multiplier les associations sans y perdre au change, "surtout parce que Thiago Silva donne beaucoup de confiance et de sécurité". De quoi donner à l'entraîneur italien des envies de s'éterniser dans la capitale.
DPPI