Frédéric Antonetti prône un jeu posé où son équipe met le pied sur le ballon. Il est parvenu à ses fins. Le Stade Rennais a ainsi présenté la saison passée 48.6% de possession dans le camp adverse, soit le deuxième pourcentage de la L1. Mais si le club breton tente de mettre en place un jeu léché (82% de passes réussies par match), les Rouge et Noir connaissent aussi une faiblesse chronique dans les derniers mètres. C'est ce qu'il lui faudra corriger dans son expression collective pour franchir le acap du Top 5 (Rennes était 6e la saison dernière).
. TROP PEU DE CENTRES
Les coéquipiers de Julien Féret, adeptes du jeu à terre, sont la troisième formation qui a le moins centré en L1 la saison passée (12.4 par match). Et en général, ce n'était pas fait à bon escient puisque seulement 18% de ces centres étaient réussis (16e bilan de L1). Le mal est aussi criant sur coups de pied arrêtés malgré le potentiel breton dans le jeu aérien. Dans le schéma type mis en place par le technicien corse, un 4-3-2-1, les joueurs d'axe et les joueurs de ballons étaient un profil dominant. Jonathan Pitroipa et Jires Kembo-Ekoko, les deux animateurs offensifs, sont plus réputés pour leur qualité de percussion. L'arrivée de Romain Alessandrini avec sa patte gauche pourrait peut-être aider à changer la donne et offrir un peu plus de diversité au jeu rouge et noir. Le départ programmé de Yann M'Vila, seul joueur à avoir touché plus de 3000 ballons la saison dernière, va forcément modifier le jeu de l'équipe bretonne...
. ERDING, LE CHAINON MANQUANT ?
Rennes n'a pas connu de souci pour se créer des occasions comme en témoignent ses 14.6 tirs par match - le troisième bilan de la L1 . Mais voilà, les protégés de Frédéric Antonetti ont manqué de réalisme devant le but. La saison passée, ils ont marqué un but tous les 10.5 tirs (12e bilan de L1). Malgré les nombreuses possibilités (Montano, Boukari puis Erding), aucun attaquant ne s'est vraiment rendu incontournable. Mevlüt Erding, recruté au mercato et qui a montré des choses intéressantes lors de la seconde partie de saison, est amené à incarner ce buteur régulier tant désiré par Fréderic Antonetti depuis son arrivée en Bretagne. Il a le profil de chaînon manquant du Stade Rennais pour lui permettre de passer un cap. Ses six premiers mois en Rouge et Noir (4 buts en 12 matches de L1) et sa participation à la préparation du début de saison devraient lui permettre de répondre aux attentes.
. SAVOIR MIEUX RECEVOIR
Pour viser haut, il faut savoir être solide à domicile. Et faire le plein de points comme Montpellier a su le faire la saison passée. Si le club breton n'a pas perdu beaucoup de matches au Stade de la Route de Lorient (3), il a concédé trop de nuls (8). C'est d'ailleurs la seule formation du championnat à s'être plus imposée à l'extérieur (9) qu'à domicile (8). L'idéal pour les Bretons serait de continuer d'aimer les voyages tout en ayant la main un peu plus verte sur leur pelouse. Ils y parviendront à condition d'être plus chirurgicaux dans le dernier geste.
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