Samedi après-midi, face à Valenciennes, tous les yeux étaient rivés sur lui. Le jour des adieux d'Hugo Lloris à Gerland, Rémy Vercoutre a eu la lourde tâche d'assurer la succession du capitaine des Bleus. Son 63e match de Ligue 1, seulement, à 32 ans. Dans le coeur des supporters lyonnais, l'éternelle doublure partait au moins avec un acquis : il était là avant l'arrivée d'Hugo Lloris et connaît la maison sur le bout des doigts. Toujours ça de pris pour ce cadre du vestiaire lyonnais, au club depuis 2002. Mais son baptême du feu n'a pas été de tout repos. Dès la 12e minute, la moue d'Aulas a accompagné l'ouverture du score valenciennoise. Sur ce but, l'hésitation de Vercoutre a sauté aux yeux. Même si Gonalons était également battu de la tête, le portier s'est trop avancé, avant de vouloir reculer. Trop tard. Le lob de Gil lui a été fatal. Et l'OL était mené 1-0...
Voilà qui aurait pu annoncer le début d'une soirée cauchemardesque. Pour un passage de témoin, sous les yeux de son prédécesseur, il espérait sans doute mieux. Il ne s'en cache pas, ses débuts dans le costume de titulaire ont été assez compliqués. "Si ce n'était que la soirée... ce serait bien, a-t-il même avoué. Cela a été un peu compliqué ces derniers jours. Je n'ai pas trop bien dormi. Je ne savais pas trop, à titre personnel, à quelle sauce j'allais être mangé. Nous avions, avec Hugo et Joël Bats (entraîneur des gardiens) depuis le début de la préparation du match, décidé d'être prêts à toute éventualité et de rester sur le qui-vive jusqu'au 31 août. Cela n'a pas manqué. Cela a été le 31 août, juste avant minuit".
"Cela a été un peu compliqué ces derniers jours"
Au final, Vercoutre a appris le transfert de Lloris "(samedi) matin au réveil car je m'étais couché tôt et j'ai dormi". Mais, "depuis vendredi soir, je savais que j'allais jouer mais je ne savais pas si ce serait pour la suite de la saison mais en tout cas, on m'avait préparé à jouer, car Hugo était monté en Angleterre", raconte-t-il. Et, heureusement pour lui, l'ancien Montpelliérain a laissé derrière lui son entame de match. Au lieu de traîner ce mauvais choix comme un boulet, Vercoutre s'est relancé de lui-même, prouvant si nécessaire qu'il était costaud mentalement. Le portier lyonnais a même fait le spectacle, d'abord en écartant un lob subtil de Pujol en fin de première mi-temps. Puis, dans les quarante-cinq dernières minutes, il a multiplié les dégagements au poing sur les coups de pieds arrêtés adverses, rassurant à chaque fois les siens, son public et peut-être ses dirigeants.
"Je me suis bien amusé, j'ai pris beaucoup de plaisir, j'espère que ça va continuer, a-t-il finalement glissé après sa prestation. C'est super de jouer dans des ambiances pareilles, de retrouver le haut niveau, de partager ça avec ses coéquipiers. On est leader, c'est bien, c'est vraiment une belle soirée". Cela ne doit pas ôter la passivité totale de la défense lyonnaise, lui inclus, sur la réduction du score valenciennoise où il est battu par une déviation de Pujol suite à un coup franc lointain de Carlos Sanchez. Heureusement que Bastos, Gomis et Grenier ont su réagir. "Je dis ouf, oui, parce qu'on gagne", avoue-t-il, conscient qu'il doit désormais tenter de faire oublier "une star parmi les stars". Et la comparaison sera inévitable.
"On va attendre le 4 septembre à minuit"
Sa réaction est peut-être aussi un signe en direction de ses dirigeants. Eux qui ont annoncé qu'ils miseraient enfin sur lui pour relever le gant. "Il a le profil pour avoir la lourde tâche de succéder à Hugo", assurait récemment Rémi Garde. Après le match, l'entraîneur a affiché la même confiance : "Tout le monde l'a vu. Pour moi, Vercoutre a brillé. Je suis sûr qu'on verra un bon Vercoutre sur la durée". Malgré tout, les rumeurs annoncent encore l'arrivée d'un nouveau gardien. Vercoutre reste donc sur ses gardes. "Maintenant, on va attendre tranquillement le 4 septembre à minuit (date de la fin du mercato, ndlr)!, dit-il. Je pense que tout le monde a été clair avec moi, le président, l'entraîneur, Rémi Garde, Joël Bats aussi. Nous avons eu des discussions franches". Mais le nouveau titulaire a "senti beaucoup de réconfort de la part du président, du coach et de Bernard Lacombe. Cela donne beaucoup de force". Sauf preuve du contraire, c'est désormais lui le patron.



AFP




















