Zlatan, fort avec les faibles, faible avec les forts? Derrière cette interrogation pointe une étiquette, que certains détracteurs de l'attaquant suédois aimeraient lui coller. Oui, Ibrahimovic est un joueur de classe mondiale, incontestable membre du gratin à son poste depuis maintenant une décennie. Mais derrière ses statistiques souvent impressionnantes se dégage une réalité moins glorieuse: il aurait parfois du mal à se montrer efficace dans les gros matches, ceux qui comptent, alors qu'il n'a pas son pareil pour faire trembler les filets contre les "petits".
Il y a peu, avant le coup d'envoi de la Ligue des champions, nous avions établi un constat approchant en ce qui concerne ses performances en C1 (voir ci-dessous). Ses statistiques étaient édifiantes. Avant son arrivée au Paris Saint-Germain cet été, Ibra n'avait inscrit que 14% de ses buts après la phase de poule: quatre petits buts seulement à partir des huitièmes de finale. Son ratio but/match après la phase initiale de la compétition européenne apparait extrêmement faible pour un joueur de son calibre ayant disputé la C1 avec des clubs comme la Juventus, l'Inter, le Milan ou Barcelone, pour s'établir à un but marqué toutes les 6,75 rencontres dans les matches à élimination directe. Qu'en est-il de ses performances en championnat? Globalement, Zlatan souffre des mêmes maux.
2007-2008, la plus caricaturale
Nous avons épluché son rendement sur ses cinq dernières saisons, soit entre 2007 et 2012, années au cours desquelles Ibrahimovic a joué deux saisons avec l'Inter, une avec le FC Barcelone et deux avec Milan. Au cours de ces cinq campagnes, la star scandinave a inscrit exactement 100 buts en Serie A et en Liga, soit en moyenne 20 par saison. Prenons maintenant comme point de repère le classement final de ces différentes championnats et découpons-le en quatre parts égales: les cinq premiers, puis les équipes classées de 6 à 10, de 11 à 15 et enfin les cinq derniers. On constate qu'Ibrahimovic n'a marqué que... 12% de ses buts face aux équipes classées dans le Top 5.
Bien sûr, il y a des explications rationnelles. D'abord, les circonstances jouent parfois. La saison dernière, par exemple, Ibrahimovic a raté un des deux matches contre la Juventus, un autre contre Naples et les deux face à l'Udinese. Néanmoins, il a aussi été absent face à des rivaux moins coriaces et, sur cinq années, cette statistique-là s'équilibre largement. De façon plus notable, il a toujours joué au sein d'une équipe qui a fini à la première ou à la deuxième place. Il n'avait donc que quatre adversaires dans ce premier quart, contre cinq dans les trois autres. Mais cette différence ne suffit pas à expliquer la différence de ratio que l'on constate dans son rendement.
A cet égard, sa saison la plus "caricaturale" reste celle avec l'Inter en 2007/2008. Ibrahimovic y avait inscrit 17 buts... dont trois face à des équipes ayant terminé dans la partie supérieure du classement. Plus de la moitié de ses réalisations (9 sur 17) concernait seulement trois équipes: les trois relégables, Empoli, Parme et Livourne ! Un contre-exemple? Pas forcément. Lors de sa saison avec Barcelone, en 2009-2010, Zlatan avait frappé à 16 reprises en Liga. Il s'était montré décisif face au Real Madrid lors de la 12e journée, inscrivant l'unique but de la rencontre. Mais ce fut un de ses trois seuls buts contre les sept autres équipes que le Barça ayant terminé parmi les huit premiers en fin de saison. Enfin, la saison dernière, avec l'AC Milan, Ibrahimovic a marqué... un seul de ses 28 buts face aux équipes du Top 5. Même avec les explications exprimées un peu plus haut, cela reste dérisoire. Voilà pourquoi sa prestation au Vélodrome, dimanche soir, est particulièrement guettée. Surtout quatre jours après sa sortie décevante à Porto, autre match où il était attendu. C'est pour briller, marquer et faire gagner ces matches-là que le Paris Saint-Germain a tant investi sur lui.


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Reuters




















