Argent du foot : à quand "la fin de partie?"(revue presse)

Argent du foot : à quand "la fin de partie?"(revue presse)
Par AFP

Le 09/08/2013 à 03:25

Tout en reconnaissant que l'argent injecté par l'émir qatari et l'oligarque russe permet à la ligue 1 de rejoindre le modèle des grands championnats européens de football, les éditorialistes se demandent quand on va "siffler la fin de partie".

Dans Libération, François Sergent rappelle que "derrière ces deux clubs obèses, (le PSG et l'A.S. Monaco) toutes les autres équipes rament." "Il n'y a plus d'enjeu sportif, puisque toute compétition a disparu. Tout juste un spectacle pipé par cet argent sans limite, par le dopage et le racisme, les paris et les matchs truqués. Comme une fin de partie", estime-t-il.

Guillaume Maujean des Echos fait partie de ceux qui admettent qu'après "des années de disette, le football français rejoint enfin le modèle des grands championnats d'Espagne, d'Italie et d'Angleterre, tout en jugeant que "le problème, c'est que ce modèle européen n'est pas tenable. Il porte même en lui tous les germes d'une bulle spéculative. Une bulle qui ne demande qu'à éclater, comme sur les marchés financiers." "Il faudra bien siffler un jour la fin de la partie", juge-t-il.

"L'explosion du système de transferts et de la bulle financière est sérieusement redoutée par une partie du milieu lui-même", rapporte Pierre Frehel du Républicain Lorrain.

Dans La Charente Libre, Jean-Louis Hervois s'amuse de voir la surenchère entre les deux investisseurs étrangers. "La galaxie des milliardaires est ainsi faite qu'il y a souvent un oligarque pour venir chasser sur les terres d'un émir", note-t-il.

"Sauf à se réformer et à adopter de vraies règles européennes communes, cette bulle virtuelle qui ne repose sur rien de concret va finir par exploser, bien sûr," pense Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) . "Parce que l'endettement faramineux des clubs (4 milliards d'euros en Espagne et 3 milliards au Royaume-Uni) ne laisse pas d'autre issue et parce que le système porte en lui les germes de sa destruction", commente-t-il.

"Ce football fou peut-il un jour se consumer sur le bûcher des vanités? Et si, soudain, nos bons mécènes, princes pétroliers ou oligarques russes, abandonnaient le terrain?", s'inquiète Jean-Claude Souléry de la Dépêche du Midi. "Et si le ballon, un mauvais soir, éclatait comme la bulle immobilière ou celle des nouvelles technologies? Et si, un beau matin, le football redevenait un simple jeu de ballon rond?", se demande-t-il.

C'est également la question que pose Philippe Marcacci de L'Est Républicain. "Qu'adviendra-t-il le jour où Russes et Qataris céderont à d'autres caprices ?"

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