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Lutte pour le maintien, un avenir en suspens : Evian-Bastia, le match de la peur

Lutte pour le maintien, un avenir en suspens : Evian-Bastia, le match de la peur

Le 25/04/2015 à 11:18

LIGUE 1 : Jouer une rencontre capitale pour le maintien est un moment à part, différent des grandes affiches. Evian et Bastia vont y goûter, samedi. Comment s’apprête-t-on à disputer ce que certains qualifient de « match de l’année » ?

La peur au ventre.  Un match entre deux concurrents au maintien à l’aube de la 34e journée de Ligue 1, c’est un moment à vous paralyser les jambes. De ceux qui vous font basculer une saison. Demandez un peu aux Sochaliens, quel match de la saison 2013/2014 ils gardent encore en mémoire. A coup sûr, on vous répondra, le plus souvent, que celui de la 38e journée face à… Evian (0-3) a laissé un goût amer. Sochaux avait été rétrogradé officiellement en Ligue 2 après cette défaite alors qu’une victoire aurait pu sauver les hommes d’Hervé Renard. La semaine dernière, avant le déplacement de Toulouse à Lorient, Dominique Arribagé s’attendait à "un match au couteau, un gros combat, entre deux équipes qui luttent pour le maintien. " Une pensée qui résume les mentalités avant une telle rencontre.

Yann Bodiger (Toulouse) face à Jordan Ayew (Lorient)

Yann Bodiger (Toulouse) face à Jordan Ayew (Lorient)AFP

Samedi, c’est Evian (17e) et Bastia (16e) qui vont s’affronter. Toujours avec cette même idée : ce genre de match est un combat.  "Le tournant de la saison, c’est samedi ! annonçait Olivier Sorlin en conférence de presse, jeudi. Il faut gagner contre les concurrents directs à domicile. " Alors comment se prépare-t-on à jouer dans cet environnement où l’avenir d’un club peut basculer en 90 minutes ?

Connaitre ce genre de situation est un plus

Evian est un habitué des missions sauvetage. "Ça fait trois ans qu’on a la pression" avouait Olivier Sorlin. Une situation qui aide forcément à aborder le moment. "Cette expérience est capitale, nous a expliqué Daniel Sanchez, aujourd’hui leader du championnat tunisien avec le Club Africain, qui a connu ce genre de situation avec Valenciennes (2011-2013). Elle permet à des joueurs de ne pas perdre leurs moyens au moment de rentrer sur la pelouse. C’est important d’avoir déjà vécu de tels matches, surtout quand ça s’est bien passé comme pour Evian. "

A l’image des équipes qui jouent le haut du tableau, celles prédestinées à se battre jusqu’à la 38e journée savent que tout se joue dans les confrontations directes. "Ce sont les matches les plus importants, reprend Daniel Sanchez. On parle de match à six points, ce n’est pas vrai au classement mais c’est tellement vrai dans les têtes. " Un mental qu’il faut préparer durant toute la semaine.

Reprise entraînement Valenciennes Daniel Sanchez

Reprise entraînement Valenciennes Daniel SanchezAFP

L’importance du discours de l’entraîneur

Plus encore que la dimension physique, c’est souvent cette approche du match qui fait la différence. "C’est le mental qui te permet de continuer à jouer au football et ne pas penser simplement au résultat, assure l’entraîneur du Club Africain. Et ça, c’est à l’entraîneur de mettre en place, dans la semaine qui précède, des entretiens individuels pour faire le point avec les joueurs. Il doit trouver des leviers de motivation pour chaque joueur. Ça peut aller de la motivation pour se faire repérer, par rapport à l’entourage, une prime supplémentaire… Peu importe, il faut faire adhérer les joueurs à un discours ".  Jouer le 16e ou 17e serait alors bien plus traumatisant psychologiquement pour un joueur que de se confronter aux équipes de tête. Le contexte est bien diffèrent. Face aux ténors du championnat, la "petite" équipe n’a rien à perdre.

S’appuyer encore plus sur les cadres d’un effectif

Si le discours de l’entraîneur doit s’adapter à son effectif, celui des cadres du vestiaire doit permettre de décupler la motivation d’un groupe.  "Je vais faire en sorte que le groupe comprenne que ce match est capital", clamait Olivier Sorlin, jeudi. Pour une simple et bonne raison, que son équipe ne tombe pas dans le piège du "combat" et tente de jouer au foot, avant tout. "Les cadres doivent permettre de désinhiber les autres. Ils doivent faire reposer la pression sur leurs épaules car ils sont censés être plus costauds que les autres. Ce relâchement va permettre de développer du jeu et de ne pas s’enfermer dans un schéma qui ne mène à rien." Outre Bastia, samedi, Evian recevra également Reims (14e) lors de la 36e journée. Toujours avec cette peur au ventre. Qui permet parfois de sortir d’énormes performances et ainsi de sauver sa peau.

La joie de Daniel Wass, auteur d'un but magnifique qui a permis à Evian-TG d'ouvrir le score à Bonal, sur le terrain de Sochaux, lors de la 38e et dernière journée de Ligue 1.

La joie de Daniel Wass, auteur d'un but magnifique qui a permis à Evian-TG d'ouvrir le score à Bonal, sur le terrain de Sochaux, lors de la 38e et dernière journée de Ligue 1.AFP

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