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Mercato : Jean-Louis Triaud, président des Girondins : "En France, les actionnaires sont heureux !"

Triaud : "Chez nous, les actionnaires sont heureux !"

Mis à jourLe 02/09/2014 à 20:22

Publiéle 02/09/2014 à 16:53

Mis à jourLe 02/09/2014 à 20:22

Publiéle 02/09/2014 à 16:53

Article de Martin Mosnier

Une fois n'est pas coutume, Bordeaux s'est montré très timide sur le marché des transferts. Son président Jean-Louis Triaud nous explique la stratégie des Girondins.

Jean-Louis Triaud, êtes-vous inquiet devant l'exode massif de bons joueurs de L1 vers l'étranger cet été ?

J-L.T : C'est la même chose tous les ans, rien ne change. Oui, la L1 s'appauvrit, les talents s'en vont mais ce n'est pas nouveau. Souvenez-vous de Kakuta, Varane, Pogba etc. Si on peut remplacer les joueurs qui partent par des jeunes du centre de formation tout en faisant du profit, pourquoi se priver ? Ce sont les lois du marché.

Parlons du cas Hadi Sacko. Pourquoi l'avoir vendu au Sporting plutôt qu'à un club français ?

J-L.T : Les clubs français voulaient des prêts et il n'en était pas question. Nous pensions le garder mais le Sporting est venu nous voir et on a été étonné par l'offre que les Portugais nous ont soumise. Nous avons une solution pour le remplacer avec un jeune du centre de formation donc nous l'avons laissé partir.

Vous l'avez vendu sans vraiment réinvestir. Une nouvelle fois, Bordeaux s'est montré sage sur le marché des transferts.

J-L.T : Alors oui, nous ne dépensons pas des millions mais, en terme de gestion, c'est bien et nos actionnaires sont heureux. Le challenge est sportif ET économique. Nous, clubs français, ne vivons pas avec des millions d'euros de crédit sur le dos et nos droits télé ne sont pas les mêmes que ceux de l'Angleterre.

Payez-vous encore les prolongations et les salaires faramineux offerts aux champions de France après le titre de 2009 ?

J-L.T : On voit le bout du tunnel mais on continue d'éponger. Nous avons fait signer des contrats de quatre ans qui arrivent à échéance. On arrive désormais à un niveau plus satisfaisant de la masse salariale non.

Comment expliquez-vous que la L1 ne parvienne désormais plus à retenir des joueurs comme le Guingampais Yatabaré, le Lorientais Ecuele Manga ou le Rémois Krychowiak ?

J-L.T : La concurrence est de plus en plus rude. Il y a toujours un milliardaire qui traîne dans des pays exotiques comme à Chypre par exemple et qui investit. Dans certains petits pays d'Europe, il existe toujours un club qui profite du système qu'a instauré Michel Platini, participe à la Ligue des champions et a de quoi investir. Ce genre de clubs viennent se servir en Ligue 1.

Devant cet appauvrissement du championnat de France, êtes-vous inquiet pour l'indice UEFA de la L1 ?

J-L.T : Les pays plus riches nous devancent et nous ne rattraperons pas l'Italie, l'Angleterre, l'Espagne et l'Allemagne. Ça se joue entre le Portugal, la Russie et nous. Mais en Russie, il suffit qu'un milliardaire se prenne d'amour pour un club pour mettre des moyens colossaux. Le Portugal a des accords de travail avec le Brésil et les clubs portugais ont le droit à plus de joueurs extracommunautaires. Ils utilisent des fonds d'investissement pour attirer des cadors, ce qui est interdit chez nous. Lorsqu'on a joué le Maritimo Funchal, on a constaté qu'il possédait une flopée de joueurs brésiliens de 17 ou 18 ans. Ils ne coutent rien et peuvent rapporter gros. Nous ne pouvons pas lutter.

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