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Après Nice-Monaco - Nice, cet embrasement qui n'a rien d'un feu de paille

Nice, cet embrasement qui n'a rien d'un feu de paille

Le 22/09/2016 à 14:32

LIGUE 1 – L'OGC Nice est le nouveau leader de Ligue 1. Si les Aiglons ne sont pas programmés pour décrocher le titre en fin de saison, les ingrédients de leur excellent début d'exercice sont suffisamment solides pour leur permettre de jouer des coudes avec les gros. Explications.

La Division 1 venait de laisser place à la Ligue 1. Ses meilleurs buteurs s'appelaient Shabani Nonda (Monaco), Pedro Miguel Pauleta (Bordeaux), Didier Drogba (Guingamp) et Lyon démarrait son hégémonie sur la France. C'est une période lointaine, veille de 14 ans. A cette époque, Nice ferraillait avec ses grognards : Damien Gregorini, José Cobos et Pancho Abardonado. Ce sont eux, les derniers Aiglons à avoir mené le Gym au sommet de la Ligue 1. Il faut remonter au 3 décembre 2002 pour voir trace de Nice leader de L1 après 6 journées au moins. A cette époque, les Aiglons n'avaient pas résisté à une fin de saison moyenne et échouaient au 10e rang.

Les voilà de retour tout en haut. Après six journées, c'est "anecdotique" comme l'a rappelé Yoan Cardinale après une victoire face à Monaco en forme de coup de tonnerre. "Vous connaissez notre budget et celui des autres, il faut rester à sa place", a même prévenu le président Jean-Pierre Rivère. Mais tout de même, cet embrasement ne ressemble pas à un feu de paille. La seule équipe encore invaincue de L1 ne sera sans doute pas championne de France en mai prochain mais elle semble avoir les reins suffisamment solides pour rester dans le top 5. La claque cinglante infligée ce mercredi à la formation en forme de ce début de saison peut en témoigner.

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Parce que Puel a ouvert la voie

Bien sûr Claude Puel est parti et, avec lui, quelques acteurs déterminants de l'excellente saison niçoise (Hatem Ben Arfa, Nampalys Mendy, Valère Germain, Jérémy Pied). Mais l'ancien coach du Gym s'était engagé dans un projet à long terme. "L'intérêt de poser des fondations, c'est de développer le club pour l'amener en Coupe d'Europe", nous confiait-il l'an passé. Il y est arrivé en menant Nice à la 4e place à deux points du podium, de Monaco et Lyon. Une bonne partie du onze qui a dévoré Monaco avait déjà signé quelques coups de génie la saison dernière (Cardinale, Baysse, Pereira, Seri, Koziello, Plea pour ne citer qu'eux). Nice ne sort pas de nulle part. Leur bon départ n'est pas le fruit du hasard.

Claude Puel (Nice) face à Monaco

Claude Puel (Nice) face à MonacoAFP

Parce que Favre est la meilleure recrue de l'été

C'est Jean-Pierre Rivère qui ne cesse de le répéter. Lucien Favre est le meilleur coup du mercato azuréen. Comment lui donner tort ? En quelques semaines, l'ancien coach de Mönchengladbach a déjà posé sa patte sur le jeu niçois et fait adhérer le groupe à son projet. "Il travaille plusieurs tactiques, plusieurs systèmes de jeu dans un même entraînement", confiait Younès Belhanda à RMC cette semaine. "C’est le seul entraîneur que j’ai vu faire ça. Et là, ça s’est vu contre Marseille (3-2) et Montpellier (1-1), puisqu’on a changé en cours de match et ça marche." Celui qui a été élu meilleur entraîneur de Bundesliga en 2015 a un plan clair. C'est l'audace, la prise de risque et le déséquilibre qui guident ses choix. Une philosophie qui lui a permis de remporter 46% de ses matches en carrière.

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Parce que tout ne dépend pas de Balotelli

Faire reposer le succès actuel des Aiglons sur les épaules de Mario Balotelli, c'est prendre le risque de voir tout s'écrouler au moindre coup de pompe de l'international italien. Or Super Mario n'est pas un monstre de régularité depuis le début de sa carrière. La force de Nice est d'avoir d'autres options. Sans lui, le Gym avait signé un début de saison au presque parfait (2 victoires, 1 nul). Le collectif niçois est suffisamment solide pour exister sans lui. Balotelli est la cerise sur le gâteau, celui qui sublime l'ensemble. L’apport de Younès Belhanda, excellent depuis son retour en L1, est un argument supplémentaire. Tout comme le recrutement encore réussi des seconds rôles (Cyprien, Dalbert). Reste un point d'interrogation majeure : la gestion de la Ligue Europa. Lucien Favre ne veut pas galvauder la compétition. L'effectif niçois est moins fourni que ceux du PSG, de l'ASM ou de l'OL. C'est la seule limite pour que Nice regarde dans le blanc des yeux les meilleurs cette saison.

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