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ASSE-OL : Pourquoi ce derby est plus brûlant que jamais

Pourquoi ce derby est plus brûlant que jamais

Le 16/01/2016 à 23:55

LIGUE 1 - Le 100e derby en L1 entre Saint-Etienne et Lyon arrive dans un climat électrique. Le souvenir du match aller, l'environnement extra-sportif et la mauvaise passe des deux équipes font de ce choc une vraie poudrière. Même si les clubs se sont attachés à pacifier les débats cette semaine, ce dimanche s'annonce plus bouillant que jamais.

Moins 10 degrés. Les prévisions de Météo France laissent peu de doute : la nuit de dimanche sera glaciale à Saint-Etienne. Mais sans doute pas à Geoffroy-Guichard. Qu'importe le mercure, l'atmosphère sera bouillante. Par tradition, le derby laisse rarement insensible mais cette 112e édition, la 100e en L1, s'annonce plus brûlante encore. Cela tient à l'environnement, aux résultats récents des deux ennemis ou encore aux incidents qui avaient émaillé le match aller (3-0).

Le souvenir tout frais d'un match aller assez nauséabond

C'est une nouveauté du calendrier : les phases aller et retour ne sont plus symétriques. Si bien que deux mois seulement séparent les deux derbies. Le souvenir du match est encore vivace. Au-delà de la victoire éclatante de l'OL (3-0), la soirée avait été émaillée par des incidents sur et en dehors du terrain :

  • La sérieuse blessure de Samuel Umtiti, qui l'avait éloigné des terrains jusqu'en 2016, après une béquille de Romain Hamouma.
  • Jérémy Clément, Florentin Pogba et Maxime Gonalons, eux aussi touchés, après des contacts rugueux.
  • La claque de Mapou Yanga-Mbiwa sur Loïc Perrin.
  • Les échauffourées de fin de match.

Un spectacle déplorable qui a soufflé sur des braises déjà ardentes. Dimanche dernier, Bayal Sall, défenseur des Verts, en a rajouté une couche : "J’ai regardé le derby aller à la télé et j’ai vu les comportements des Lyonnais. Chez eux, ils font toujours des trucs inadmissibles. Ils sont méchants, agressifs ou vulgaires", a jugé le colosse de la défense centrale. "Le match retour va être très compliqué pour eux."

Et Bayal de lancer un avertissement qui donne le ton :

" On va se faire respecter, grave !"

A la fin du match aller, l'ASSE avait déjà prévenu sur son compte Twitter officiel :

Tout comme Romain Hamouma :

Alors que Jean-Michel Aulas avait entretenu la polémique :

L'accueil s'annonce musclé pour les Lyonnais. Comme toujours mais sans doute un peu plus que d'habitude. Sur Twitter, certains ont déjà réclamé le scalp de Jordan Ferri. Il suffit de se promener quelques secondes sur le réseau social pour s’en rendre compte.

Une escalade de violence entre les ultras

Ils ne se sont jamais aimés et ne s'aimeront sans doute jamais. Mais la rivalité entre les ultras stéphanois et les ultras lyonnais n'a jamais atteint de telles proportions. Le 5 septembre dernier, une opération commando menée par dix ultras de l'ASSE, s'estimant "trahis" par l'un des leurs devenus supporter de Lyon, a saccagé un mariage dans la région lyonnaise. Mais la bande armée de barres de fer s'est trompée de lieu. Qu'importe, la justice a frappé fort en condamnant neuf d'entre eux à de la prison ferme. Cet incident intervient après des violences récurrentes entre les deux camps depuis le vol d'une banderole stéphanoise par des Lyonnais. L'affront ultime pour les ultras. Ce dimanche à Saint-Etienne, état d'urgence oblige, les supporters de l'OL ne feront pas le déplacement comme leurs homologues stéphanois à Gerland en novembre dernier. Le contexte n'en reste pas moins électrique.

Deux équipes dans le creux de la vague mais qui partagent le même objectif

Lyon et Saint-Etienne se sont déjà beaucoup mieux portés. Les deux équipes, 6e et 7e de Ligue 1, ont le même nombre de points (29) à quatre unités du podium avant la 21e journée. Depuis le derby perdu à Gerland, les Verts affichent un niveau de jeu franchement inquiétant. Les défaites à Nantes (2-1) ou Lille (1-0) ces dernières semaines ont révélé les limites d'une équipe qui semble stagner. Rarement, sous l'ère Christophe Galtier, Saint-Etienne n'avait semblé aussi impuissant.

Une statistique résume assez bien le sentiment général.

A Lyon, c'est à peine mieux. La victoire face à la lanterne rouge troyenne (4-1) a redonné de l'élan à une formation moribonde fin 2015. Avant ce succès, l'OL restait sur une série de six matches sans victoire depuis… le derby. Hubert Fournier n'y a pas survécu. C'est dire si un revers ce dimanche coûterait cher dans la course à l'Europe. Aussi bien pour des Verts patraques que pour des Gones convalescents.

Objectif Europe pour Saint-Etienne et l'OL

Des communications très prudentes et maîtrisées

La communication des deux clubs s'est attachée toute la semaine à éteindre l'incendie qui se prépare dimanche à Geoffroy-Guichard.

De deux façons différentes :

  • A Lyon, Jean-Michel Aulas nous a accordé une interview pour ostensiblement faire la paix avec les Verts et dépassionner le derby : "Je veux faire passer un message de modération (…).Le derby doit entrer dans une nouvelle ère plus pacifiée. Roland Romeyer et moi-même n'avons pas toujours été exemplaires mais nous allons essayer de l'être."
  • A Saint-Etienne, c'est silence radio depuis le début de la semaine du côté des deux présidents. Le directeur de la communication des Verts nous a clairement fait savoir que Roland Romeyer ne s'adresserait pas à la presse cette dimanche. Quant à Bernard Caïazzo, nos échanges de SMS sont suffisamment clairs :
Echanges SMS avec Bernard Caïazzo

Dans les deux camps, le ton était à l'apaisement. Notamment du côté de Galtier :

" Détermination oui, combat non"

L'AS Saint-Etienne et l'Olympique Lyonnais marchent sur des œufs. L'enjeu est grand : pacifier un derby qui a rarement été aussi bouillant. Les deux voisins croisent les doigts en coulisses pour que ce dimanche soir se passe comme ça :

Bernard Caïazzo et Jean-Michel Aulas

Bernard Caïazzo et Jean-Michel Aulas Panoramic

Altercation entre Polomat et Tolisso lors de Lyon - Saint-Etienne

Altercation entre Polomat et Tolisso lors de Lyon - Saint-EtiennePanoramic

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