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Blanc méritait cent fois cette prolongation… mais aussi un autre timing

Blanc méritait cent fois cette prolongation… mais aussi un autre timing

Mis à jourLe 11/02/2016 à 16:24

Publiéle 11/02/2016 à 16:24

Mis à jourLe 11/02/2016 à 16:24

Publiéle 11/02/2016 à 16:24

Article de Vincent Bregevin

La prolongation de contrat de Laurent Blanc était tellement évidente que le moment choisi par les dirigeants parisiens pour l'annoncer parait étrange.

Il y avait peu de doute à avoir. Que Laurent Blanc prolonge son contrat au PSG était une évidence, pas seulement parce que les termes de l'accord avaient déjà fuité depuis plusieurs semaines. La logique est ailleurs. Pour avoir été parmi les sceptiques au moment où il a pris la succession de Carlo Ancelotti, je suis bien placé pour savoir à quel point Blanc a admirablement relevé le défi qui lui était proposé. Même si je reste convaincu que l'Italien lui avait bien mâché le travail. Il fallait le poursuivre, et le Président a fait ça de main de maître.

Si la prolongation de Blanc est logique, c'est d'abord parce qu'il l'a méritée. Un entraîneur est jugé sur ses résultats, certainement plus au PSG qu'ailleurs, et on a suffisamment relayé les chiffres exceptionnels de son parcours au PSG jusqu'ici. Pour le principe, on va quand même les rappeler : 8 titres remportés depuis l'été 2013, 112 victoires en 152 matches disputés et seulement 13 défaites. Sous sa direction, Paris a fait main-basse sur tous les titres nationaux, sauf la Coupe de France 2014. Oui, Blanc a l'équipe pour dominer en France. Il a le mérite de l'avoir fait.

C'est facile à dire, beaucoup moins à faire. Il ne faut pas oublier à quel point Blanc a été contesté la saison dernière, ici et ailleurs. Son équipe ne tournait pas en première moitié de saison, Thiago Silva traînait la misère de son Mondial chaotique, moralement et physiquement, Zlatan Ibrahimovic était régulièrement absent sur blessure, ou diminué quand il jouait, et l'entraîneur parisien, après une préparation très perturbée, n'avait quasiment jamais disposé d'un effectif au complet. C'était la saison de tous les dangers pour Blanc. A l'arrivée, il a conduit Paris à un quadruplé historique.

Les 4 trophées du PSG en 2015
Les 4 trophées du PSG en 2015 - AFP

Blanc donne une image positive du PSG

Rien que pour ça, Blanc méritait déjà d'être prolongé à l'époque. Aussi parce qu'il y a eu Chelsea. Car je suis fermement convaincu que sa prolongation de contrat est actée dans l'esprit des dirigeants parisiens depuis l'exploit de Stamford Bridge, au milieu de cette saison délicate. Pas seulement parce qu'il y a eu la qualification. Aussi, peut-être surtout, pour l'image que Paris a donné à l'Europe ce soir-là, et la manière dont il a fédéré la France derrière lui. Le mérite en revient aussi à José Mourinho et à ses Blues. C'était facile de rallier le peuple à sa cause face à un adversaire aussi détestable.

Pourquoi je crois que cette soirée londonienne a tout changé ? Parce que QSI n'a pas autant investi dans le PSG pour se contenter de dominer l'Hexagone, et il n'a jamais fait de mystère là-dessus. C'est en Ligue des champions que Blanc avait des choses à prouver, même s'il ne partait pas totalement dans l'inconnu avec un quart de finale sur le banc des Girondins en 2009/10. Il n'a pas dépassé ce stade de l'épreuve en deux saisons avec Paris, mais il l'a atteint à chaque fois, respectant ainsi les objectifs fixés par ses dirigeants, en attendant peut-être de faire mieux cette année.

Laurent Blanc, l'entraîneur du PSG, avec David Luiz et Thiago Motta
Laurent Blanc, l'entraîneur du PSG, avec David Luiz et Thiago Motta - AFP

Surtout, Blanc a su obtenir ses résultats au niveau européen en donnant un style au PSG. Je me suis rendu compte à Stamford Bridge l'an passé, et peut-être encore plus à Madrid à l'automne dernier, malgré la défaite, à quel point Paris était désormais considéré comme une équipe qui compte en Europe. Impressionner le public de Santiago-Bernabeu par sa qualité de jeu n'est pas donné à tout le monde. Pour moi, c'est la grande victoire de Blanc. Parce que transposer sa philosophie au plus haut niveau européen, c'est la marque d'un grand technicien. Quels que soient ses moyens.

Une marque de confiance, vraiment ?

Vous l'aurez compris, je ne me suis pas trop posé la question de savoir si Blanc devait être prolongé. C'est le timing que je trouve étrange. La vraie marque de confiance que le PSG pouvait lui donner, c'était d'acter cette prolongation plus tôt. Avant que Josep Guardiola soit officialisé comme le prochain entraîneur de Manchester City, avant que les négociations entre José Mourinho et Manchester United commencent à fuiter. Imposer Blanc comme l'entraîneur du projet parisien alors que ces deux techniciens étaient sur le marché, ça, pour moi, c'était une marque de confiance.

Laurent Blanc a remporté son match face à José Mourinho lors de Chelsea - PSG
Laurent Blanc a remporté son match face à José Mourinho lors de Chelsea - PSG - Panoramic

Et quitte à attendre, autant attendre le révélateur Chelsea. Parce qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui un entraîneur survivre à un échec en Ligue des champions au PSG. Une élimination face aux Blues en serait un, même si le club anglais reste un poids lourd en Europe. Paris peut battre tous les records qu'il veut en France, un revers avant les quarts de finale de la C1 face à un adversaire qu'il a sorti à ce stade de l'épreuve l'an passé signifierait quand même une régression. Dont Blanc porterait certainement la plus grande responsabilité. C'est le métier d'entraîneur qui veut ça.

Pour moi, les dirigeants parisiens n'ont pas maîtrisé le timing de cette prolongation de contrat, même si le temps des négociations est un facteur difficile à évaluer. Au moins, elle est actée désormais. A moins de cinq mois du terme de l'ancien bail de Laurent Blanc, ça devenait une urgence, ne serait-ce que pour s'épargner les avances de la concurrence. Elles n'auraient pas été infondées. Blanc a prouvé ses qualités d'entraîneur au plus haut niveau au PSG. Il méritait d'être celui qui continue à mener le projet. Mais il méritait aussi d'être conforté plus tôt dans cette idée.

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