AFP

Avant PSG - Reims : Cavani et Paris, c'est "je t'aime moi non plus"

Cavani et Paris, c'est "je t'aime moi non plus"

Mis à jourLe 20/02/2016 à 11:46

Publiéle 20/02/2016 à 09:18

Mis à jourLe 20/02/2016 à 11:46

Publiéle 20/02/2016 à 09:18

Article de Maxime Dupuis

LIGUE 1 - Mardi, Edinson Cavani a sorti le PSG d’un mauvais pas face à Chelsea (2-1) et s’est remis le public du Parc dans la poche. Pour combien de temps ? Telle est la question. Cette saison, comme depuis son arrivée à Paris, l’Uruguayen peine à briller sur la durée. Par sa faute. Mais pas seulement.

De samedi dernier à mardi soir, Edinson Cavani a vécu, en accéléré et en condensé, un résumé de sa vie au Paris Saint-Germain depuis son arrivée en juillet 2013. Un match à oublier face à Lille (0-0) puis une entrée fracassante et décisive contre Chelsea (2-1), l'Uruguayen est passé par tous les états en quatre jours. Rien de bien nouveau pour lui qui, au gré de ses pics de forme, de méforme, de confiance et de doute, provoque autant les vivats que les sifflets du Parc des Princes et de la plèbe.

Depuis que QSI a racheté le club de la capitale, aucun joueur n'a suscité autant de passions contradictoires et dans des proportions aussi caricaturales. Joueur le plus cher de l'histoire du Paris Saint-Germain et du Championnat de France (64 millions), Edinson Cavani (29 ans) est probablement le seul footballeur de l'Hexagone pouvant se faire conspuer et applaudir dans la même minute. Parce que le buteur est capable du meilleur. Comme du pire. Et parce qu'il n'a pas toujours mis du sien pour se faire définitivement adopter par les supporters du PSG.

Edinson Cavani (PSG)
Edinson Cavani (PSG) - AFP

A un but de Raï

Quand Edinson Cavani va bien, ça se voit. Ça se compte, plutôt. En buts. Depuis son arrivée au club, El Matador en a inscrit 71, toutes compétitions confondues. Ce qui fait de lui le 8e meilleur buteur de l'histoire du PSG, à une unité de Raï. L'ancien Napolitain est très loin de Zlatan Ibrahimovic et de ses 134 réalisations. Son total reste néanmoins plus qu’honorable. Mais peut-on et doit-on comparer les deux hommes ? Oui, car ils ont le même job. Mais ne le font pas dans les mêmes conditions. Arrivé un an plus tôt, le Suédois évolue au poste que l'Uruguayen convoite depuis ses premiers pas au PSG. Une situation qui n'évoluera pas tant qu'Ibra sera aussi dominant et dans les parages. Au moins jusqu'en juin, donc.

Visuel Cavani buts au PSG

Cavani doit prendre son mal en patience. Problème, ce n'est pas la qualité première de l'international uruguayen, qui s'est régulièrement plaint d'être cantonné aux couloirs depuis son arrivée en France. S'il a commencé par faire le boulot sans rechigner, offensivement comme défensivement, le buteur a rapidement fait part de son mécontentement quand les critiques sur son efficacité - pas toujours justes compte tenu de son dévouement défensif - lui tombaient sur le râble au gré de ses occasions manquées.

Victime ou coupable ?

Ses soucis extra-sportifs, liés à son divorce, puis certaines décisions discutables de sa part, comme son départ en vacances prématuré cet hiver ou son retour retardé un an plus tôt, voire encore ses signes d'agacement fréquents lorsqu'il est remplacé, n'ont rien fait pour l'aider. Ni remonter sa cote auprès de ses coéquipiers et surtout du public du Parc. Un public qu'il a récemment tancé en Coupe de la Ligue face à Saint-Etienne en lui reprochant, geste à l'appui, de dormir après son ouverture du score.

Cavani est-il victime ou coupable ? Un peu des deux. Une chose est sûre : Laurent Blanc, qui prend sa défense autant que faire se peut, compte sur lui. Dans quel rôle ? Joker ? Titulaire ? "Quand quelqu'un marque, il marque évidemment des points mais la réflexion est plus globale, a confié l'entraîneur du PSG en conférence de presse, vendredi. Mais on ne change pas ses idées pour dix ou vingt minutes de jeu."

Edinson Cavani (PSG)
Edinson Cavani (PSG) - AFP

Face à Reims, sa proie favorite en L1 (4 buts en quatre matches), Cavani a des chances de débuter sur le banc. Mais Chelsea lui a redonné le sourire. Et c’est déjà beaucoup. "Nous, attaquants, vivons grâce aux buts, et marquer nous insuffle une nouvelle vie, avait-il lancé, un brin lyrique, mardi au micro de beIN Sports. Marquer ce but a été très important. La période récente a été difficile, j’ai fait beaucoup d’efforts pour changer les choses."

Sa meilleure période à Paris, l'Uruguayen l'a connue au printemps 2015. Zlatan était blessé et "Edi" marchait sur l'eau. Dans des dispositions idéales puisqu’aligné dans l'axe, il plantait but sur but : 10 en six journées de L1. Et puis l'embellie a pris fin. Malgré ses 11 buts inscrits en championnat depuis le début de la saison, Cavani ne convainc pas. Mardi, El Matador s'est remis dans le sens de la marche. Désormais, il faut que ça dure. Autant dire que le plus difficile est devant Edinson Cavani, footballeur cyclothymique dont la courbe de performances enchaine les creux et les bosses avec une régularité déconcertante.

0 commentaire
Vous lisez :