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Ligue 1 : À trop tirer sur la corde, Michel a exposé l'OM

À trop tirer sur la corde, Michel a exposé l'OM

Le 17/01/2016 à 00:02

LIGUE 1 - En voulant trop utiliser certains joueurs, Michel n'est pas étranger à la cascade de blessures qui a touché l'OM, en déplacement à Caen (17h00) où les Marseillais tenteront de remporter leur premier match en 2016.

Le site officiel de l'OM ne manque pas d'humour. Avant le déplacement des Marseillais à Toulouse en Coupe de la Ligue, mercredi, le media du club olympien a publié le onze... des joueurs blessés. Une façon ironique de souligner l'incroyable série noire des joueurs sur le flanc à Marseille. "Je ne sais pas si dans l'histoire de l'OM, il y a déjà eu des périodes comme celle-là, s'interrogeait Michel avant de se rendre à Toulouse. Depuis que je suis arrivé à Marseille, on a des situations exceptionnelles dans cette équipe. Quand on pense pouvoir récupérer certains joueurs, d'autres se blessent..."

Eliminé sans gloire à Toulouse (2-1, a.p), l'OM s'était trouvé une excuse toute faite : c'était la faute aux absents ! C'est bien connu, ils ont toujours tort. Mais la part de responsabilité de Michel ne doit pas être négligée. Car l'entraîneur olympien a (beaucoup) tiré sur la corde de certains joueurs de son effectif.

Benjamin Mendy et Michel (OM)

Benjamin Mendy et Michel (OM)AFP

Pilier de la maison OM depuis son arrivée, Lassana Diarra a déjà disputé 23 rencontres ! C'est énorme pour un joueur qui n'a participé à aucun match la saison dernière en raison d'un litige administratif avec le Lokomotiv Moscou. Mercredi, Diarra a de nouveau été aligné malgré des maux de ventre incessants. L'ancien milieu de terrain de Chelsea n'est pas guéri de cette grosse gastro-entérite. Il ne s'est pratiquement pas entraîné depuis quatre jours. Pourtant, il fera partie du groupe olympien appelé à affronter Caen ce dimanche (17h).

Diarra sait dire non

Si l'expérimenté Diarra sait gérer ses efforts, et dire non quand il n'en peut plus, ce n'est pas forcément le cas de tous ses autres coéquipiers. Devant l'insistance de Michel à les revoir rapidement sur les pelouses, certains éléments retournent aussitôt... à l'infirmerie. L'entraîneur espagnol a eu ainsi plusieurs prises de becs avec le staff médical qui souhaitait davantage protéger les joueurs.

Lassana Diarra (OM)

Lassana Diarra (OM)Panoramic

Mais Michel n'a pas le choix : il doit obtenir des résultats rapidement sous peine d'être encore plus exposé à la vindicte populaire. "Tout le monde désigne des coupables, lance le coach espagnol qui cherche une victoire en championnat depuis le 3 décembre dernier. Mais moi je dois trouver des solutions. Or, je ne suis pas magicien, je ne suis pas Harry Potter ! Ceux qui me critiquent feraient peut-être mieux que moi. Ils pourraient peut-être choisir entre treize joueurs disponibles dont deux qui sont malades..."

A Toulouse, Diarra n'était pas le seul à jouer alors qu'il n'était pas dans son assiette. Malade, Michy Batshuayi a aussi pris sur lui pour aligner un... vingt-neuvième match depuis l'été dernier. A ce rythme, il sera bien difficile pour l'attaquant belge d'éviter une blessure ou un coup de fatigue. "Ne parlez pas d'une éventuelle blessure, hurle Michel. Vous allez me porter le mauvais sort ! C'est vrai que Michy joue pratiquement tous les matchs. J'ai besoin de quelqu'un pour le faire souffler. C'est une chose dont je parle à chaque fois que je vois mon président. Mais moi je donne des informations sportives et je ne maîtrise pas les autres aspects, notamment financiers, concernant les transferts..."

Un message à son président

En répétant sans cesse que l'effectif doit se renforcer, Michel envoie des messages clairs à Vincent Labrune. "Si un joueur peut venir pour augmenter le niveau de mon équipe, il est le bienvenu", glisse malicieusement l'entraîneur espagnol. Obligé de piocher dans l'équipe réserve pour compléter son groupe face à Toulouse, le coach de l'OM accueille avec soulagement le retour de certains éléments pour le déplacement à Caen dimanche. "Les joueurs blessés font tout pour revenir, explique Michel avec un sourire entendu. C'est une bonne nouvelle de voir Dja Djédjé revenir et de pouvoir compter sur Cabella. Avec ou sans lui, notre système n'est pas le même."

Rémy Cabella (OM)

Rémy Cabella (OM)Eurosport

Habituellement organisé en 4-2-3-1 en présence de l'ancien Montpelliérain, l'OM a tenté de basculer en 4-3-2-1 puis en 4-3-3 pour trouver un meilleur équilibre ces dernières semaines. Sans résultat. Depuis le début de l'année 2016, les Marseillais n'ont plus gagné. Contre Caen, Michel aurait bien aimé pouvoir compter sur Romain Alessandrini, absent des pelouses depuis un mois et demi en raison d'une blessure récurrente à la voûte plantaire. "Il devait revenir dans le groupe jeudi mais ce n'est pas le cas, explique l'ancien milieu de terrain du Real Madrid. On va encore attendre un peu..."

De la patience, il lui en faudra aussi pour Abou Diaby. C'est un des sujets les plus tabous au club. L'ancien Gunner impressionne tout le monde à l'entraînement lorsqu'il participe aux oppositions. Mais celles-ci restent encore trop rares. Dès qu'il est sur le point d'être intégré au groupe, Diaby rechute. Devant ce cas épineux, Michel reste incrédule. Et il ne souhaite plus évoquer en public le retour de Diaby...

Des jeunes encore trop tendres

Si Michel demande beaucoup à ses cadres cette saison, c'est parce qu'il a constaté que les jeunes joueurs de l'effectif n'étaient pas encore prêts à supporter la pression du haut niveau. "Nous avons le deuxième effectif le plus jeune de toute la Ligue 1, répète souvent le coach olympien. C'est une donnée importante. Elle explique pourquoi nous avons du mal à nous imposer au stade Vélodrome. La pression est souvent trop forte. Il n'y a pas que le physique ou la technique dans le football mais il y a aussi le mental. Les jeunes doivent progresser sur ce plan." En attendant de pouvoir s'appuyer sur des jeunes pousses moins frêles, Michel risque de tirer encore un peu sur la corde des joueurs les plus expérimentés de son effectif...

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