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L1 - Monaco peut compter sur une défense multi-tâches

Si Monaco frappe si fort devant, c'est parce qu'il a plus de garanties derrière

Le 17/02/2017 à 00:33Mis à jour Le 17/02/2017 à 23:40

LIGUE 1 – Brillante cette saison, l’ASM surprend dans bien des secteurs et notamment par sa puissance offensive. Le leader du championnat empile les buts et le doit aussi beaucoup… à sa défense.

"La meilleure défense, c’est l’attaque." Le proverbe est célèbre dans le jargon footballistique mais, comme tout proverbe, il a parfois la vie dure. L’expérience de l’AS Monaco cette saison a rappelé que rien n’est jamais figé. Pour le club du Rocher, par exemple, la meilleure manière d’attaquer a été d’améliorer sa défense.

Le renversement est un peu tiré par les cheveux, on vous le concède, mais la métamorphose opérée par les Monégasques cet été est loin d’être anecdotique. Plutôt décriée ces deux dernières saisons, notamment à cause d’un manque d’audace reproché au nouvel entraîneur Leonardo Jardim, l’ASM est aujourd’hui encensée de toutes parts. Après 25 journées de Ligue 1, les partenaires de Thomas Lemar ont déjà marqué 75 buts, quand ils en avaient inscrit 51 puis 57 lors des 38 matches des deux derniers exercices.

Un quatuor renouvelé et utile offensivement

Pour que cette mue voit le jour, le mercato estival fut déterminant. Le recrutement de Djibril Sidibé (Lille), Benjamin Mendy (OM) et Kamil Glik (Torino) a totalement renouvelé le quatuor de derrière, le dernier concerné, le Brésilien Jemerson, étant lui arrivé seulement six mois plutôt avec quatre petites de rencontres de Ligue 1 disputées. Les quatre hommes, qui continuent d’apprendre à se connaître, ont déjà apporté d’étonnantes modifications dans les plans de jeu de Jardim.

Les deux joueurs de couloir, monstres physiques, sont bien plus coriaces que Fabio Coentrao et plus aptes offensivement qu’Andrea Raggi, Elderson Echiejile voire Fabinho lorsqu'il évoluait encore un cran plus bas. Sidibé en est déjà à 2 passes décisives et 2 buts en L1, contre 5 passes pour Mendy. Leur recrutement témoigne logiquement d’une volonté de changement chez Jardim, à l’image de celui de Glik, robuste stoppeur qui n’hésite pas non plus à apporter sa touche en attaque (4 buts en L1, 1 en C1).

Edinson Cavani en duel avec Jemerson.

Edinson Cavani en duel avec Jemerson.Panoramic

La peur du contre a disparu

Au-delà de l’impact individuel des recrues monégasques, la révolution opérée collectivement par Fabinho et consorts est notable. En se fixant définitivement au milieu, le Brésilien a brillé par son sens du placement et son intelligence tactique. Avec un tel joueur (bien aidé par un Tiémoué Bakayoko, désormais indiscutable), le pressing monégasque peut s’opérer plus haut et plus intensément. Tout ça grâce à un nouvel arrière droit enfin convaincant.

Aussi, le dynamisme du quatuor de derrière (tonicité dans les petits espaces, faculté à multiplier les courses) a changé la donne dans l’esprit de Jardim. Jouer haut et surtout en nombre n’est plus un facteur aggravant. L’idée est désormais d’appuyer là où ça fait mal chez l’adversaire, avant même de craindre une contre-attaque de sa part. Avec une audace évidente à Louis-II comme à l’extérieur, l’ASM a pu mobiliser tout le monde aux tâches offensives, en témoigne un grand nombre de buteurs différents cette saison (14 en championnat). L’histoire ne dit pas si, en ayant combattu cette peur sans avoir recruté les joueurs cités, Monaco aurait connu une tel succès…

Djibril Sidibé célèbre son but en Ligue des champions inscrit face à Tottenham.

Djibril Sidibé célèbre son but en Ligue des champions inscrit face à Tottenham.AFP

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