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On ne connait pas encore la fin du film mais cette saison a déjà sa place dans l'histoire

On ne connait pas encore la fin du film mais cette saison a déjà sa place dans l'histoire

Le 01/05/2017 à 14:24Mis à jour Le 01/05/2017 à 15:56

LIGUE 1 - Dimanche soir, Nice a sans doute fait définitivement basculer la course au titre. La couronne semble vouée à échoir dans les bras monégasques. Mais quoi qu’il advienne d’ici le 14 mai, on retiendra de cet exercice un formidable combat à des hauteurs exceptionnelles qui pourraient bien définir le visage de la Ligue 1 pour les années à venir. C’est ce que l’on souhaite, en tout cas.

Les mots ont un sens et il est toujours nécessaire d’en mesurer le poids. Surtout à l’heure où les superlatifs lus et vus à longueur de journée sur les réseaux sociaux essayent de vous faire croire que tout est exceptionnel, formidable et unique. Mais, aujourd’hui, on peut l’affirmer bien fort : cet opus 2016/2017 du Championnat de France est historique. Non pas parce que Monaco est en voie de gagner son premier titre de champion depuis 2000. Ni parce que le PSG ne va probablement pas réussir la passe de cinq. Mais surtout parce que ce formidable duo est en fait un trio complété par l’étonnant OGC Nice que personne n’avait vu venir et, surtout, flotter à cette hauteur.

A trois journées de la fin, et même quatre pour l’ASM qui a un match supplémentaire à disputer face à l’ASSE, le trio de tête du championnat plane au-dessus de la mêlée à des hauteurs que personne n’aurait imaginées il y a encore quelques mois.

  • Monaco est leader de la Ligue 1 avec 83 points.
  • Le PSG suit avec 80 unités au compteur.
  • Et Nice complète le podium avec 77 points (et deux défaites, seulement).

Petit rappel historique pour remettre les choses dans leur contexte : en 2011, Lille - qui fut un très beau champion - a été sacré avec 76 unités. L’Olympique de Marseille, un an auparavant, avec 78. Même l’Olympique Lyonnais, au temps de sa splendeur, a été couronné avec 68 points, en 2002/2003.

Nice - PSG

Nice - PSGPanoramic

Quoi qu’il arrive désormais, cette Ligue 1 2016/2017 est vouée à entrer dans l’histoire par la qualité de son combat et de ses porte-étendards. En cas de carton plein des trois cadors d’ici le baisser de rideau de la Ligue 1, ce qui semble peu probable mais pas impossible, Monaco, Paris et Nice concluraient leur exercice avec un bilan comptable de 95, 89 et 86 points. Et le PSG deviendrait le dauphin le mieux doté de l’histoire, devant le Monaco de 2013/2014 (80 unités). Nice ? Le troisième le plus "haut" de tous les temps.

Etalons et bourrins

Vous l’aurez compris et quel que soit l’ordre d’arrivée du trio, cette saison est à marquer d’une pierre blanche, et il faut désormais espérer qu’elle marquera un tournant dans l’évolution d’un championnat qui n’a pas toujours été aussi passionnant. Parce qu’il a parfois sacré des locomotives qui ressemblaient plus à des michelines qu’à des TGV. Parce qu’il a aussi couronné des étalons qui couraient avec des bourrins. Il suffit de se retourner sur la saison dernière pour en avoir la plus belle preuve, d’ailleurs.

Thomas Lemar (AS Monaco)

Thomas Lemar (AS Monaco)Getty Images

L’avenir dira si cette saison est un événement conjoncturel plus que structurel mais, à cette heure, les voyants sont au vert. Parce que l'exercice 2017/2018 est censé marquer le redressement de l’OM et l’avènement du LOSC de Bielsa. Et que l’OL, dont il serait injuste d’oublier sa présence en demi-finale de la Ligue Europa, comptera toujours et encore. La L1 aura, pour la première fois depuis longtemps, les moyens de ses ambitions.

L’élitisme économique n’est pas ma tasse de thé et je suis le premier à regretter certaines constructions superficielles mais, force est de constater qu’à l'échelon européen, l'argument financier est essentiel pour parvenir à ses fins ou, au moins, exister durablement. Qui n’est pas capable de faire la loi sur ses terres aura du mal à régner chez les autres. La réussite de Monaco et la perspective de sa demi-finale de Ligue des champions face à la Juventus Turin est là pour le rappeler. Et ce n’est peut-être que le début. C’est tout le mal qu’on souhaite à la Ligue 1.

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