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PSG - Lo Celso peut-il déjà concurrencer Pastore et Di Maria ?

Lo Celso peut-il déjà concurrencer Pastore et Di Maria ?

Le 03/01/2017 à 14:56Mis à jour Le 03/01/2017 à 15:01

LIGUE 1 - Giovani Lo Celso, le troisième argentin de l'effectif du PSG, a été formé au même endroit qu'Angel Di María, et évolue au même poste que Javier Pastore. A seulement 20 ans, pourrait-il leur faire déjà concurrence ?

Ce serait le cours logique des premiers pas parisiens d'un jeune argentin qui ignore encore tout du football européen. Un semestre de transition pour s'adapter aux exigences du Vieux Continent, avant de se voir vraiment donner sa chance. Lo Celso a le temps, et le PSG ne devrait pas le bousculer d'entrée. Car le quadruple champion de France en titre voit en ce meneur de jeu un futur grand, pas un joueur prêt à l'emploi.

Acheté cet été pour environ dix millions d'euros, le surdoué argentin vient d'ailleurs tout juste d'intégrer l'effectif parisien, après avoir été prêté six mois à Rosario Central, le club auquel il appartenait. "Lo Celso est un joueur pour le futur, mais moi, je ne pense qu’au présent", a appuyé Unai Emery, le 18 novembre, en conférence de presse. Autrement dit, le milieu offensif de 20 ans, qui n'a connu que l'Argentine, et qu'un seul club, Rosario Central, où il a fait sa formation, comme Angel Di María, devra sans doute se contenter d'entrées au compte-goutte. A lui d'en profiter pour montrer au club de la capitale et à ses supporters ce qu'il peut apporter.

Giovani Lo Celso avec le maillot du Paris Saint-Germain

Giovani Lo Celso avec le maillot du Paris Saint-GermainPanoramic

Véritable recours pour Emery ?

Dans un PSG parfaitement rodé et souverain en Ligue 1, Giovani Lo Celso serait forcément cantonné à ce rôle très secondaire. Mais ce PSG n'est pas apparu cette saison, et le jeune numéro 10 débarque finalement dans une équipe qui peine à trouver ses marques. Connaisseur de la Ligue 1, l'ancien Lyonnais, Cesar Delgado, qui a été le témoin de l'ascension fulgurante de Lo Celso à Rosario Central ces dix-huit derniers mois, ne serait ainsi pas surpris de voir son désormais ex-coéquipier abréger sa phase de transition pour s'imposer comme un véritable recours pour Unai Emery. "Ce qui m'a toujours frappé chez Giovani, c'est sa maturité", introduit El Chelito. "A Rosario, l'environnement est ultra-passionnel, mais, lui, il joue son football, toujours de la même manière, quel que soit l'adversaire ou l'importance de la rencontre. Pour moi, c'est déjà un grand joueur, en plus d'être une excellente personne."

A Rosario Central, Giovani Lo Celso n'a pas seulement séduit César Delgado. Le jeune homme a fait ses débuts en juillet 2015, numéro 34 dans le dos. La saison suivante, il héritait du prestigieux numéro 10, et son entraîneur, Eduardo Coudet, optait pour une organisation en 4-3-1-2, afin de mettre dans les meilleures dispositions possibles son prodige, chargé d'alimenter en caviars son duo d'attaquants.

Giovani Lo Celso sous les couleurs de Rosario Central contre Boca Juniors

Giovani Lo Celso sous les couleurs de Rosario Central contre Boca JuniorsAFP

Plus d'efforts défensifs que Pastore

"C'est un joueur très cérébral", décrit Delgado. "Il est capable d'éliminer deux, trois joueurs, en dribblant, mais sa grande qualité c'est que dans n'importe quelle situation il peut ouvrir le chemin du but à ses coéquipiers. Il le fait avec simplicité, armé d'une grande vision du jeu." Lo Celso est doté d'un pied gauche "éduqué", comme on peut le dire en Argentine. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer sa passe filtrée adressée à l'international colombien, Teofilo Gutierrez, dans le vacarme de la Bombonera, face à Boca Juniors, le 20 novembre dernier (vidéo ci-dessous). Un modèle de sang-froid et de dosage.

Pur numéro 10, Giovani Lo Celso n'est toutefois pas un numéro 10 à l'ancienne. Il ne ressemble pas au jeune Javier Pastore, qui avait dû apprendre, une fois au PSG, que son pied droit exquis ne le dispensait pas de contribuer aux efforts défensifs. El Mono, l'un de ses surnoms, a, lui, déjà assimilé cette exigence. "C'est un enganche, le 10 typique, qui joue dans l'axe, qui demande le ballon, et est toujours en mouvement", détaille Delgado. "Mais il faut aussi mettre en avant qu'il travaille énormément à la récupération. C'est un joueur qui se sacrifie, qui récupère des ballons dans l'entrejeu, qui ne s'économise pas dans le replacement. Un joueur très complet." Cette disposition à travailler pour l'équipe, sur laquelle ne transigeait pas son entraîneur à Rosario, devrait aussi séduire Unai Emery, qui, dans le discours au moins, valorise toujours davantage le travail que le talent.

Plus proche de James Rodriguez que de Di Maria

Dans le vestiaire du PSG, Giovanni lo Celso vit déjà un rêve. Il a pris place aux côtés d'Angel Di María, son compatriote et idole. Bientôt son concurrent ? La fin d'année calamiteuse d'El Fideo autorise, en tout cas, à ouvrir le débat. Si besoin, Lo Celso peut jouer sur un côté. Il le fait un peu à la manière d'un James Rodriguez, en meneur de jeu excentré. Sa gestuelle et son gabarit le rapproche d'ailleurs du Colombien, bien plus que de Di María, dont il n'a ni la vitesse, ni le sens du dribble vertigineux. Lo Celso excelle plutôt dans la passe filtrée, affectionne le jeu en une touche dans les petits espaces et peut occuper un rôle de rampe de lancement. Il sait dribbler, mais n'en rajoute jamais. Son profil se rapproche davantage de celui d'un Javier Pastore, un brin moins élégant, mais plus dur au mal. Plus que pour Di María, Lo Celso pourrait donc se poser en concurrent d'El Flaco, trop souvent blessé et erratique dans ses performances. Mais l'arrivée de Julian Draxler complique singulièrement l'équation pour l'ambitieux Rosarino, et rappelle qu'Emery ne semble pas compter sur le jeune Argentin dans l'immédiat.

Mature pour son âge, Lo Celso n'a toutefois que 20 ans, comme le trahissent les traits poupons de son visage. De la sélection argentine, il ne connaît d'ailleurs, pour le moment, que le monde des U23. Le meneur de jeu à la patte gauche racée est déjà un projet de joueur avancé, mais encore un projet. Pour franchir un cap, il doit notamment veiller à améliorer son dernier geste. En 53 matches de championnat argentin, El Mono a ainsi distillé onze passes décisives, mais n'a inscrit que trois buts, le dernier, le 18 décembre, lors de son ultime rendez-vous avec Rosario Central, sur le terrain pelé de Belgrano. Un cadre bien éloigné du glamour parisien.

Difficilement intimidable

Pour Cesar Delgado, malgré le choc culturel, il ne faut toutefois pas s'attendre à voir évoluer un jeune homme intimidé. "Je suis certain qu'il va réussir", pose d'emblée El Chelito. "Evidemment, à Paris, il va se retrouver dans un effectif rempli de stars, mais je crois que cela va finalement alléger la pression qu'il peut sentir à Rosario. Je ne dis pas que ça va être plus facile à Paris, car la pression va venir du prestige des joueurs qui l'entourent, mais il va évoluer dans un football de meilleur qualité, et dans cet environnement, jouer au football sera plus simple pour lui."

Avant que Lo Celso ne fasse le grand saut vers l'Europe, l'expérimenté Delgado, 35 ans, n'a d'ailleurs même pas jugé utile de l'aiguiller. "Non. Il n'a pas besoin de mes conseils ou de ceux de Mauro Cetto (qui évolue aussi à Rosario Central), qui a aussi joué longtemps en France. Il sait ce qu'il a à faire. Il est déterminé. Lui, il sait où il va." Peut-être là où Emery ne l'attend pas.

Giovani Lo Celso (à droite) face à Martin Tonso de Newels

Giovani Lo Celso (à droite) face à Martin Tonso de NewelsImago

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