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Jean-Michel Aulas : "Paris compromet l'équilibre du football français et peut-être même européen"

Aulas : "Paris compromet l'équilibre du football français et peut-être même européen"

Le 26/08/2017 à 18:38Mis à jour Le 26/08/2017 à 18:39

LIGUE 1 – Dans une nouvelle diatribe, cette fois sur Lequipe.fr, Jean-Michel Aulas s'est à nouveau ému de la stratégie économique et de transferts du Paris Saint-Germain. Le président de l'Olympique Lyonnais reproche l'apport financier du Qatar qui, selon lui, fausse les débats dans le football français et continental.

"Aucune jalousie", mais une grande crainte. Voilà ce que Jean-Michel Aulas a exprimé une nouvelle fois concernant le Paris Saint-Germain, et plus particulièrement l'implication du Qatar dans les comptes parisiens, à Lequipe.fr. Pour le président de l'OL, le PSG fait du mal non seulement au football français, mais aussi au football européen tout entier. Les dépenses XXL du vice-champion de France, appuyées par les fonds de QSI, gêne le dirigeant des Gones, qui les qualifie de "dérégulation".

"L'évolution actuelle des prix, comme des salaires, compromet l'équilibre du football français et peut-être même européen" prévient Jean-Michel Aulas. Au point de mettre en péril le sort des autres clubs de Ligue 1 et leur capacité à viser le haut de tableau. "Economiquement, on est dans une situation de risque majeur. Car si les autres clubs français veulent exister, ils sont obligés de prendre des risques insensés par rapport à leurs capacités. Il y a une appropriation des droits de la Ligue des champions. Il y a une dérégulation totale. Des clubs comme Saint-Etienne, Bordeaux, Nice ou Lyon ont 90 chances sur 100 de ne pas participer à la Ligue des champions. Et quand on connaît l'impact de cette compétition..."

" "On utilise la Tour Eiffel pour remercier le Qatar""

"JMA" donne ainsi comme première preuve de cette perturbation du marché le mercato actuel de son club en chiffrant à "30, 40 ou 50% plus élevés" les transactions que des clubs comme l'OL souhaiteraient boucler. Il l'assure toutefois, il ne faut pas voir dans ses propos une quelconque amertume contre le club parisien, juste sur les liens avec le Qatar. A cet égard, Aulas ne digère pas l'opération commerciale de Paris affichant sur la Tour Eiffel un message de bienvenue à Neymar.

"Je n'ai rien contre le PSG ni contre le Qatar, il n'y a aucune jalousie. Je suis très inquiet. Pas que le PSG se renforce. J'applaudis Nasser Al-Khelaïfi. Je lui ai dit et écrit, même si je n'ai pas aimé le ‘welcome Neymar’ sur la Tour Eiffel. C'est une question de sensibilité nationale. On utilise la Tour Eiffel pour remercier qu'un Etat, le Qatar, se mêle de la gestion au jour le jour du football français..."

Jean-Michel Aulas, le président de l'OL

Jean-Michel Aulas, le président de l'OLAFP

Aulas charge aussi la DNCG

Aulas ne s'est pas contenté de critiquer seulement l'actuel leader de Ligue 1 mais aussi la DNCG, garde-fou financier du football français, qu'il accuse de ne plus correctement faire son travail, en ne prenant en compte que des critères strictement pécuniaires. "Le système DNCG ne protège pas l'équilibre économique des clubs. Il valide, à partir du moment où il y a de l'argent, des choses qui sur le plan de l'éthique ou du conflit d'intérêt ne sont peut-être pas compatibles. Même Franck McCourt (président de Marseille) ou Gérard Lopez (président de Lille) ne pourront pas lutter."

Et le dirigeant des Gones a déjà trouvé la parade à ceux qui voudraient répliquer que l'OL aussi a connu récemment une position de quasi-monopole sur le football français dans les années 2000. "Quand Lyon dominait le championnat, c'était avec ses propres moyens, pas avec l'argent d'un Etat. Et il n'y avait pas des écarts aussi importants avec les autres. C'est de la mauvaise foi absolue de comparer les deux situations."

"Aujourd'hui, je ne vais jamais aller mesurer mes biceps avec ceux de Tamin (l'émir du Qatar). Nasser a raison de faire ce qu'il fait, mais a-t-on raison de l'autoriser à faire ce qu'il fait, comme Manchester City ? On est entré dans une guerre nucléaire entre Abou Dabi et le Qatar et peut-être demain avec l'Arabie saoudite. Et nous, on ne peut pas lutter."

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