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L'antisèche : Avec ce Fekir-là, l'OL peut voir loin

L'antisèche : Avec ce Fekir-là, l'OL peut voir loin

Le 14/10/2017 à 00:16Mis à jour Le 14/10/2017 à 10:11

LIGUE 1 – Souvent frustré depuis le début de la saison, l'Olympique Lyonnais avait le sentiment de ne pas être à sa juste place. La victoire acquise face à Monaco (3-2) en ouverture de la 9e journée permet aux Gones de se projeter vers des lendemains plus mélodieux. Surtout si Nabil Fekir, exceptionnel vendredi soir au Groupama Stadium, continue d'évoluer sur de telles hauteurs.

Le jeu : Une soirée comme on les aime

Une soirée en deux temps et au final assez paradoxale. En deux temps, car si ce Lyon-Monaco a offert un premier acte emballant, fort de quatre buts, même s'ils devaient clairement autant aux largesses défensives des deux équipes qu'à leurs réelles qualités à l'approche du but adverse, la seconde période a vécu à un rythme nettement moins enlevé. Malgré tout, les deux équipes, très joueuses, ont lancé ce week-end sur de sacrées bases et on ne s'est pas ennuyé une seconde au Groupama Stadium.

Soirée paradoxale aussi, donc, car si l'OL a dominé les débats lors des 45 premières minutes, il n'a pu y faire la différence, la faute à une inefficacité maladive. Et c'est finalement au bout du bout d'une seconde mi-temps beaucoup moins maitrisée que les joueurs de Genesio ont arraché cette victoire. Reste qu'avec trois buts et autant de poteaux, les Gones n'ont pas volé ces trois points qui leur font tant de bien.

Les joueurs : Lopes séduisant, Fekir hors normes

Un homme a survolé les débats. Deux buts, une passe décisive, une classe folle, des choix presque toujours justes et une faculté à éclairer le jeu, Nabil Fekir a eu tout bon vendredi. On ne dira pas qu'il a battu Monaco à lui tout seul mais une chose est sûre : sans lui, jamais l'OL ne gagnait ce match. En dehors de lui, les Lyonnais ont pu compter sur un Ndombele à l'abattage énorme dans l'entrejeu, un Mariano si précieux devant (deux poteaux en plus de son but), même s'il a des limites dans le jeu, et on aura aussi apprécié les qualités du jeune Aouar, même s'il a eu du mal à finir son match. Mais il dégouline de talent.

Côté monégasque, Rony Lopes, simple et précis, a longtemps été le pendant azuréen de Fekir. Un but et une passe aussi pour lui. L'ancien Lillois a été dans tous les bons coups et c'est LA satisfaction monégasque du soir. Son acolyte du flanc gauche, Thomas Lemar, est resté en revanche très en retrait, confirmant ses difficultés du moment. Le côté gauche de la défense, Kongolo-Jemerson, a également passé une soirée bien délicate, même s'il y a eu du mieux après la pause. Les autres ont alterné le bon et le moins bon, à l'image de Baldé et Traoré, passeur et buteur, mais trop erratiques.

Ferland Mendy (Lyon) et Rony Lopes (Monaco)

Ferland Mendy (Lyon) et Rony Lopes (Monaco)Getty Images

Le tweet : DD, t'étais devant la télé ?

La stat : 3

Le nombre de points perdus par l'AS Monaco lors des deux dernières journées dans le temps additionnel. Face à Montpellier, juste avant la trêve internationale, le champion de France en a laissé filer deux à la 92e minute à Louis-II. Puis un autre ce vendredi soir à Lyon, avec le coup-franc de Nabil Fekir, au-delà même des quatre minutes supplémentaires annoncées en fin de seconde période. Conséquence : l'ASM pourrait se retrouver samedi à six points du PSG et se voir contrainte de regarder davantage dans son rétroviseur que par le pare-brise...

La décla : Nabil Fekir (Lyon)

" Les critiques sur Genesio sont ridicules. On est tous derrière lui. C'est quelqu'un de bien Bruno, il ne mérite pas tout ce qu'on entend pour lui. Ce soir (NDLR : vendredi soir), je suis content pour lui, pour le staff."

La question : Ce match peut-il être un tournant pour l'OL ?

A quelques secondes près, nous aurions pu épiloguer, une fois de plus, sur l'incapacité de l'Olympique Lyonnais à remporter ce type de match. Car si Monaco n'aurait pas volé son nul au Groupama Stadium, et si le dénouement est cruel pour la bande à Jardim, les Gones auraient pu, auraient dû se mettre en position de gagner cette rencontre bien avant la toute dernière seconde. Jamais ils n'auraient dû revenir aux vestiaires sur un score de parité au vu du premier acte. Ils peuvent avancer un manque de réussite certain (trois poteaux sur le match, quand même), mais leur incapacité à capitaliser sur leurs temps forts reste problématique.

Mais grâce à un Fekir en mode magicien, l'OL a donc enfin évité de sortir d'un match sur un nouveau sentiment de frustration, comme au Parc, ou face à Bordeaux, Angers ou Dijon. Au plan comptable, ces trois points font un bien fou au club rhodanien. Son apparition sur le podium ne sera que très provisoire puisqu'il en descendra quoi qu'il arrive ce week-end. Mais en revenant à trois points de la deuxième place, le (re)voilà dans le bon peloton.

Surtout, au-delà du classement, encore anecdotique à ce stade du championnat, cette victoire face à un des deux gros clients de la L1, même diminué par l'absence de plusieurs titulaires, vient matérialiser les qualités de ce groupe. Lyon a tout pour peser cette saison. Il y a là une jeunesse talentueuse, un jeu souvent séduisant et, surtout, un joueur comme il en existe peu en Ligue 1 une fois sorti de la capitale. Nabil Fekir, revenu à un niveau remarquable en ce début de saison (il est impliqué sur... 10 buts en neuf journées), peut vraiment porter cette équipe et, à titre personnel, nourrir des ambitions russes l'été prochain...

Nabil Fekir (Lyon), auteur d'un doublé décisif face à Monaco

Nabil Fekir (Lyon), auteur d'un doublé décisif face à MonacoGetty Images

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