Si Marseille décroche sa qualification mercredi à Istanbul, celle-ci aura à coup sûr été obtenue de très haute lutte*. Car sur les coups de 20h45, au moment où le Besiktas et l'Olympique de Marseille entreront sur la pelouse du stade Inönü, les Phocéens auront une petite idée de ce que doit être l'enfer. Il leur viendra sans doute également à l'esprit qu'il fait bon jouer au Vélodrome, même lorsque les supporters sont en colère. Et pour cause, le stade Inönü (qui ressemble au Vélodrome avant sa rénovation pour la Coupe du monde 1998), ce sont 35000 personnes déchaînées qui auront au moins deux raisons d'être survoltées. Elles comptent sur leurs favoris pour laver l'affront du 8-0 encaissé à Liverpool lors de la dernière journée. Mais elles croient encore également à une qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions.
Si le Besiktas Istanbul est dernier du groupe A avec trois petits points dans sa besace, il n'est pas encore mathématiquement condamné à quitter la compétition. Deux succès lors des deux dernières journées pourraient offrir à Ibrahim Üzülmez et ses coéquipiers une chance inespérée de jouer le deuxième tour de la compétition. Les joueurs en sont conscients. Leurs supporters également. Et cela n'a pas échappé à Eric Gerets. Celui qui a trainé ses guêtres dans la capitale turque lorsqu'il était entraîneur du Galatasaray s'attend donc à une drôle d'ambiance. Digne des derbies de la ville : "Quand tu viens jouer à Galatasaray, on te dit: 'Welcome to hell.' Tu as des frissons du début à la fin."
Des frissons, les Marseillais en ont eu à Anfield lorsqu'ils sont allés défier et battre le grand Liverpool (0-1) au mois d'octobre. Mais si l'ambiance du stade mythique des Reds est exceptionnelle, elle n'a pas grand chose à voir avec celle des enceintes des grands clubs de Turquie. Anfield transcende et fait pousser des ailes. Inönü aurait plus tendance à oppresser. Plutôt que pousser les joueurs en chantant le plus fort possible, les fans tentent d'impressionner les visiteurs. Ce sera le cas ce soir même si les derniers résultats du Besiktas n'ont pas vraiment été appréciés par les fidèles des Noir et Blanc. En plus de canaliser le onze stambouliote, les Olympiens devront donc également tenter de faire taire le douzième homme : "Les Turcs sont très chauds, notamment dans leur stade, reconnait Jacques Faty. A nous de faire abstraction de cela."
Ribéry : "Une pression énorme"
Ancien Marseillais passé par la case Turquie, Franck Ribéry connait l'ambiance stambouliote. Dans les colonnes de la Provence, le joueur du Bayern Munich prévient ses anciens partenaires : "Ce sera un sacré test. L'OM doit s'attendre à subir une pression énorme. Besiktas reste sur un cinglant 8-0 à Liverpool, et je peux vous dire que ce type de correction passe mal auprès des dirigeants et des supporters. Seule une victoire permettrait d'effacer cet échec retentissant. Néanmoins, je suis persuadé que l'OM a les moyens de réaliser une performance."
Pape Diouf ne dira pas le contraire. Après un début de saison très laborieux, Marseille semble enfin avoir trouvé un rythme et un niveau de performance plus proche de ses ambitions. Pour le président du club, la mission Istanbul est donc dans les cordes des Olympiens. D'autant plus que pour lui, le poids des supporters est relatif et n'influera pas sur le résultat final autant qu'on ne le pense. Tout comme il avait dégonflé la thèse du "syndrome du Vélodrome" en début de saison, Diouf ne fait pas toute une histoire du stade Inönü. "Si cette ambiance était si décisive, les Turcs se retrouveraient chaque année en finale de la Champions League, tempère-t-il sur le site de l'OM. Il faut dédramatiser cet aspect des choses, considérer que c'est sur le terrain que se jouera le match et compter essentiellement sur nos forces. Je ne dis pas que cet aspect ne comptera pas du tout mais il reste accessoire et secondaire." Sur les coups de 20h45, il pensera peut-être différemment.
* L'OM peut se qualifier en gagnant ou en faisant match nul. Mais quoi qu'il arrive, il ne faut pas que Liverpool l'emporte contre Porto.
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