INTER MILAN - LIVERPOOL : 0-0
Pour le centenaire du club, le rêve du président intériste Massimo Moratti n'a pas été exaucé: les Nerazzuri ne remporteront pas leur premier sacre européen depuis 1965. Une année où le club milanais avait sorti Liverpool au terme d'un renversement de situation spectaculaire au retour après une défaite dans l'antre des Reds (1-3, 3-0). Cette fois, le miracle n'a pas eu lieu. Pis, l'Inter n'aura finalement jamais été en mesure de croire à la qualification.
Entraîneur de l'équipe vainqueur de la C1 en 2005 et finaliste l'an dernier, Rafael Benitez sait comment gérer les grands rendez-vous continentaux. C'est en tout cas ce qu'a illustré son équipe pendant 90 minutes en démontrant une aptitude impressionnante à gérer son avance acquise à l'aller en terrain hostile. C'est une partie d'échecs que les Reds ont voulu livrer, et c'est ainsi qu'ils ont su prendre rapidement l'ascendant psychologique. Dès l'entame, l'Inter ne réussissait pas à imprimer son tempo. A l'inverse, c'est le rythme de Liverpool qui dictait le scénario de la rencontre.
Le stade comble de Giuseppe Meazza nourrissait pourtant de grands espoirs, aux illusions illustrées par Cruz, sollicitant la détente de Reina sur une frappe des 20 mètres (8e). Une occasion vite noyée par la flotte anglaise, pressant sur le porteur de balle, omniprésent dans l'entrejeu et solidement en place défensivement. Cela n'empêchait cependant Ibrahimovic de lancer Cruz seul dans la surface. Mais l'Argentin gaspillait l'opportunité en plaçant son tir croisé au ras du montant (30e). Il eut une occasion de se racheter juste avant la pause en bénéficiant d'un débordement de Maicon côté droit sans toutefois parvenir à ajuster sa "Madjer" face à Reina (43e).
Burdisso expulsé
Profitant d'un ballon perdu par Skrtel, Ibrahimovic manquait le cadre à son tour en plaçant son tir croisé à quelques nanomètres du montant de Reina (60e). Le Serbe manquait l'occasion inespérée pour son équipe de relancer sa course à la qualification. D'autant plus que quelques minutes plus tôt, tel Materazzi à Anfield, Burdisso était expulsé après avoir récolté un second carton jaune (50e). Hormis la frayeur Ibrahimovic passée, Liverpool n'avait plus qu'à dérouler à onze contre dix. Sur coup-franc, Gerrard obligeait Julio Cesar à la parade (60e).
Mais le sauvetage du portier intériste était vain. Peu après, ce dernier devait finalement s'incliner devant Fernando Torres. En situation de contre, Kuyt trouvait l'Espagnol à l'entrée de la surface dont l'enchaînement contrôle orientée et frappe en pivot trouvait les filets (0-1, 63e). La suite de la partie n'était que calvaire pour l'Inter, sifflé par son propre public et auteur de maladresses déconcertantes dans chaque secteur du jeu. A l'image de Vieira, encore à côté de son sujet, et sorti par Mancini sous la bronca de Meazza. L'antre milanaise n'avait plus qu'à s'avouer vaincu, subissant de nouveau - après la victoire d'Arsenal face au Milan AC une semaine plus tôt - l'empreinte anglaise de plus en plus visible en Champions League. Et ce, car l'accession au tour suivant de Liverpool offre un record à l'Angleterre, devenant la première nation à placer quatre formations en quarts de finale.
LA DECLA : Steven Gerrard (milieu et capitaine de Liverpool)
"Ce n'était pas si facile. L'Inter est une bonne équipe. Mais c'est vrai que l'exclusion a changé le match. On voulait surtout ne pas prendre de but. C'est réussi. On savait qu'ils voulaient contrôler le milieu. Mais on a bien joué, et on mérite de passer. Si on regarde notre saison, on a été inconstant en championnat, mais Liverpool reste une force en Europe. Fernando Torres est un joueur de très haut niveau. Il n'a besoin que d'une occasion pour marquer. Il l'a encore montré ce soir."
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