JOSE ANIGO, comment expliquez-vous cette différence de prestation entre le Championnat et la Ligue des Champions ?
J. A. : C'est une banalité de dire que la Ligue des Champions engendre la motivation. Elle suscite aussi de la crainte, au bon sens du terme, car nous jouons contre des équipes au niveau supposé tellement élevé que nous sommes décomplexés, avec peut-être moins d'obligation de résultat qu'en championnat. Et nous pouvons alors créer la sensation, comme à Liverpool, une victoire qui ne doit cependant rien au hasard, mais au talent. Et s'il existe en Ligue des Champions, il doit aussi exister en L1 !
N'avez-vous pas aussi bénéficié d'un certain effet de surprise en Ligue des Champions ?
J. A. : Je pense en effet que nos adversaires se sont fiés à notre classement pour nous prendre à la légère. Au fond, en championnat, nous commettons un peu les mêmes erreurs que nos adversaires européens en Ligue des Champions.
Vous-êtes vous trompés sur le recrutement ?
J. A. : Au moment où on a débuté la saison, quels étaient ceux qui pouvaient nier la qualité de cet effectif ? Sur les qualités individuelles, nous ne nous sommes pas trompés. Collectivement, sur la complémentarité, peut-être. L'équipe ayant mal démarré, elle a ensuite accumulé un déficit de confiance et de points, qui fait qu'elle aborde régulièrement ses matches de championnat avec le couteau sous la gorge.
Vous sentez-vous trahis par les joueurs ?
J. A. : S'il y en a un qui doit avoir ce sentiment-là, c'est plutôt Albert (Emon, ex-coach remercié, ndlr). Je parlerai plutôt de déception, par rapport à l'absence de prise de conscience des évènements, et à l'engagement nécessaire, pas par rapport à leur qualité. Quand on pense qu'il faut des réunions comme celle tenue dimanche par Pape (Diouf, président, ndlr) pour qu'ils prennent conscience des difficultés que l'on traverse... Quand on est un joueur de haut niveau qui se respecte, il faut savoir faire son auto-analyse !
Au fond, c'est la faculté à se remettre en cause que vous stigmatisez...
J. A. : On s'est trompés sur la capacité de certains joueurs à gérer les évènements à Marseille. Nous ne pouvons accepter que certains aient peur de jouer. S'ils ont peur aujourd'hui, ils auront tout autant peur dans deux ou trois mois. Notre sentiment est que certains font leur boulot, sans plus.
Allez-vous procéder à des changements lors du mercato d'hiver ?
J. A. : Lors du mercato d'été, nous avons recruté les joueurs souhaités par Albert. Nous discutons désormais avec Eric (Gerets, ndlr), sur le profil, la mentalité et la capacité des joueurs à s'adapter à son schéma tactique. A priori, il devrait y avoir un ou deux attaquants, car nous constatons des déficiences dans le secteur offensif, un défenseur et un milieu de terrain. Mais il faut s'attendre à des départs, que nous mènerons sans état d'âme par rapport au statut de certains.
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