Football - Ligue des Champions
20/08/2009 - 14:00Parole à la défense

Point d'interrogation des deux équipes avant le match, les défenses de Lyon et d'Anderlecht ont connu des destins croisés en barrage aller de la Ligue des champions (5-1). Si la charnière centrale de Claude Puel a retrouvé de la confiance, celle des Bruxellois a sombré. Explications.
LA RENAISSANCE DE CRIS
Il avait suscité de nombreuses questions à l'issue du match nul au Mans (2-2), en ouverture de la Ligue 1, et n'avait pas totalement rassuré face à Valenciennes samedi dernier (1-0). Mercredi soir, Cris a lancé sa saison face à Anderlecht. En dehors d'une erreur de relance en seconde période, le Brésilien a réalisé le match parfait et s'est retrouvé en tant que patron de la défense rhodanienne. Impuissant sur le seul but des Belges, Cris a notamment assuré sur les coups de pieds arrêtés, point fort de l'attaque bruxelloise. Sa performance a aussi eu le mérite de rassurer son partenaire de charnière centrale, Mathieu Bodmer, auteur d'un match appliqué même s'il laisse filer Suarez sur la réduction du score des "Mauves". Le public de Gerland lui a bien rendu en scandant de nouveau son nom, en fin de match.
DES COLOSSES A L'ARRET
Anderlecht est réputé pour son jeu physique. Ses défenseurs en sont la parfaite illustration : Van Damme (1m94, 87 kg), Wasilewski (1m86, 88 kg), Juhasz (1m93, 80 kg), Deschacht (1m85, 76 kg). Forcément, les déplacements de ces quatre là ne respirent pas la douceur et l'habileté. Rajoutez à cela une température au coup d'envoi de 35°C face à des monstres d'agilité comme Lisandro, Bastos ou Gomis... la tâche s'annonçait difficile. Résultat, la défense belge est coupable en première ligne sur au moins trois des cinq réalisations lyonnaises : Wasilewski dépassé par Lisandro sur l'action qui amène le pénalty, une tragi-comédie collective sur le récital de Lisandro pour le 4e but et Deschacht pris de vitesse en contre par Gomis sur le 5e but. On pourrait également rajouter les largesses laissées à Bastos par Van Damme pour armer son tir sur le 3e but. Au-delà des "goals", la défense d'Anderlecht a pris l'eau de toute part et sans la maladresse de Delgado, ce match aurait pu se terminer à 8-1.
TOULALAN RESSUSCITE DANS LE 4-3-3

Pour la première fois de la saison, Claude Puel est revenu au légendaire 4-3-3 de Gerland. Avec pour effet immédiat de donner toute son importance à Jérémy Toulalan, placé dans l'axe juste devant la défense. Mercredi soir, l'ancien Nantais a livré un match impressionnant, son meilleur depuis le début de la saison, équipe de France comprise. Le milieu défensif de l'OL a intercepté un nombre incalculables de ballons, suite à de longues passes belges dans l'axe, coupant totalement le lien entre Biglia et ses attaquants. Les gestes d'énervement de M'bark Boussoufa, le meneur de jeu d'Anderlecht sevré de ballons, en disent long. Le petit prodige marocain a même terminé la rencontre comme défenseur latéral gauche pour éviter la débandade. Obligés de passer par les côtés pour centrer, les Belges se sont là aussi heurtés sur un Hugo Lloris impérial dans ses sorties aériennes, notamment sur les corners.
STRATEGIE PERDANTE POUR JACOBS
En arrivant à Lyon, Ariel Jacobs avait annoncé la couleur. "On est là pour jouer", avait prévenu le technicien belge. Une ambition courageuse mais sans doute une grosse erreur au vu de la qualité de l'effectif lyonnais mercredi soir. Avec une défense volontairement placée très haut sur le terrain, Anderlecht s'est exposé aux percées des flèches rhodaniennes. Certes, malgré le score, les "Mauves" ont prouvé qu'ils avaient du potentiel. Mais Lyon n'est pas Courtrai ou Westerloo, clubs belges rencontrés par Andrelecht en début de championnat cette saison. Où même Sivasspor, cette formation turque battue au tour précédent de C1 (dont 5-1 au match aller). Et les Bruxellois l'ont appris de manière cruelle. Les récents succès d'Anderlecht en Coupe d'Europe l'ont été au prix de matches étriqués avec une défense très repliée. Le bilan d'Ariel Jacobs se veut lucide : "Nous avons reçu une leçon de vitesse d'exécution, de maturité et de maîtrise collective." Avant de se tourner vers l'avenir européen de son club... "en Ligue Europa".















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