Football - Ligue des Champions
17/03/2010 - 18:11Signé Mourinho

Jose Mourinho a été le grand artisan de l'élimination de Chelsea par l'Inter Milan, mardi, en 8e de finale de la Ligue des Champions. L'entraîneur milanais a remporté haut la main sa guerre tactique avec Carlo Ancelotti. Limogé par les Blues en 2007, le Portugais savoure sa revanche.
Et si Chelsea avait perdu la Ligue des Champions en septembre 2007 ? Ce jour là, lorsqu'ils ont prié Jose Mourinho de faire ses valises, les Londoniens ont sans le savoir offert à l'Inter leur futur bourreau. Le public de Stamford Bridge, qui a scandé son nom à l'issue du 8e de finale retour, ne s'y trompe pas. Car le succès des Nerazzurri porte sans aucun doute la marque du Portugais : un mur d'organisation, de discipline, d'engagement physique et un réalisme offensif assassin. "C'est une qualification qui ne doit rien à la chance, ou à du jeu défensif ou un adversaire qui ne joue pas bien, savoure Mourinho. C'est une prestation incroyable, l'équipe a été parfaite. C'est une victoire fantastique, je l'ai fêtée comme jamais dans le vestiaire." "Je pense que nous avons été supérieurs dans tous les domaines, analyse-t-il. Ce n'est pas la tactique, c'est l'attitude sur le terrain. Chelsea a montré de la frustration, celle que ressent une équipe face à un adversaire supérieur. Nous étions de loin la meilleure équipe."
Quoi qu'il en dise, à Stamford Brige, c'est bien à une bataille tactique entre Mourinho et Ancelotti à laquelle on a assisté. Et, à ce petit jeu, l'Intériste a remporté son duel haut la main, notamment en se présentant avec une équipe beaucoup offensive que prévue. Un choix dont il n'est pas coutumier mais qui a porté ses fruits. "Je n'étais pas venu pour jouer le 0-0, mais pour contrôler le match", explique Mourinho qui avait aligné d'entrée trois attaquants (Milito, Eto'o et Pandev) après avoir revu "sept fois" le match aller. "En jouant comme ça, on les a fait douter. On l'a vu avec leurs latéraux Zhirkov et Ivanovic qui ne savaient pas quoi faire: attaquer ou pas? Du coup ils n'ont bien joué ni défensivement, ni offensivement." Les Blues étaient ainsi privés de précieux soutiens offensifs. Implicitement, Ancelotti reconnaît sa défaite quand il dit que son équipe n'a "pas été en mesure de jouer comme elle le voulait", n'a "jamais contrôlé le match".
"Depuis mon départ, Chelsea décline"
Incapable de contenir sa joie après le but de Samuel Eto'o, Jose Mourinho doit aujourd'hui se frotter les mains d'avoir barré la route à son ancien club. "Roman est intelligent. Il pensait peut-être en arrivant dans le football que ce serait facile. Mais c'est difficile. Maintenant il sait que ce n'est pas facile", ne peut s'empêcher de lâcher l'entraîneur milanais en riposte différée à son licenciement passionnel d'un club qu'il dit considérer encore comme sa "famille". "Depuis mon départ, Chelsea décline. Ce n'est pas un hasard", avait lâché le Portugais avant la rencontre. Ce n'est pas tant son assurance qui agace les détracteurs de Mourinho que le fait qu'il a raison. Depuis la séparation, "je continue de gagner des choses importantes, ils continuent de gagner quelque chose... La Coupe d'Angleterre", a ironisé le Portugais qui en trois saisons anglaises a apporté deux championnats à un club dont le seul sacre remontait à 1955.
Qui a été le meilleur contre Chelsea ? "Mourinho, sans aucun doute", insiste le président milanais Massimo Moratti, sans doute ravi d'avoir accueilli la poule aux oeufs d'or. Pour La Gazzetta dello Sport, à l'image d'une presse italienne extatique, le Portugais a réalisé un "chef d'oeuvre" dans son ancien "jardin" de Stamford Bridge. " Ici, c'est ma maison, répète l'ancien tacticien du FC Porto comme il l'avait fait avant la rencontre, avec Chelsea ou une autre équipe, je gagne toujours. C'est un stade vraiment spécial pour moi... Cela faisait quelques années que l'Inter n'allait plus en quarts de finale, et là, on a gagné deux fois contre Chelsea, une très grande équipe". Mais, "chef d'oeuvre" ou pas, le Portugais n'entend pas s'arrêter là : "Ce n'est pas la victoire la plus importante de ma carrière à l'Inter. Elle est à venir. Et maintenant je sais que cette équipe peut battre n'importe qui".















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