Il aurait pu commencer par Javier Pastore, qui a ponctué son meilleur match de la saison par un but. Il pouvait aussi choisir Marco Verratti, brillant dans son rôle de sentinelle et nouveau chouchou du Parc. Ou Thiago Silva, qui n’a jamais donné l’impression de fouler la pelouse de l’enceinte parisienne pour la première fois. Au moment d’évoquer les satisfactions de la victoire du PSG sur le Dynamo Kiev (4-1), Carlo Ancelotti a d’abord mis en avant son collectif. Mais avant les premières questions sur les individualités, il avait déjà parlé de Jérémy Ménez.
Aux côtés de Zlatan Ibrahimovic et Javier Pastore, l’attaquant parisien a été un véritable poison pour la défense ukrainienne. C’est d’ailleurs lui qui a lancé les hostilités en provoquant le penalty de l’ouverture du score par Ibrahimovic. Auparavant, il avait déjà donné un ballon de but à Pastore et commencé à faire bien des misères au Dynamo Kiev. Toujours en mouvement, Ménez a balayé le terrain dans la largeur, appelant le plus souvent le ballon en profondeur et décrochant de temps en temps. Histoire de déstabiliser encore un peu plus des défenseurs incapables de le neutraliser. L’international français a été à la hauteur de l’événement, et Ancelotti n’a pas manqué de souligner l’impact de son attaquant sur le jeu de son équipe. Comme il le fait souvent d’ailleurs.
Dire qu’Ancelotti apprécie beaucoup Ménez ressemble à un euphémisme. L’ancien Romain reçoit trop régulièrement les louanges de son entraîneur pour que le doute soit permis. Cela dure depuis la saison dernière. "Il est fantastique", avait-il dit après les victoires face à Dijon (1-2) et Marseille (2-1) au cours du printemps. "C’est un fuoriclasse", ajoutait-il dans la foulée du succès à Valenciennes (3-4) où Ménez avait marqué et fait marquer, avant de boucler la saison avec 7 buts et 12 passes décisives. Ancelotti en a remis une couche après cette entame victorieuse du PSG en Ligue des champions. "La clé de notre jeu était Jérémy Ménez, il était très dangereux dans la profondeur, avec Ibrahimovic et Pastore", a affirmé l’Italien en conférence de presse.
Plus de liberté
Entre les éloges du printemps et la rencontre contre Kiev, il y a eu un été qui aurait pu modifier la donne. Ménez a connu un Euro mouvementé avec l’équipe de France, au cours duquel il a eu des écarts de comportement. Cela lui a d’ailleurs valu un match de suspension avec les Bleus. Derrière, l’attaquant du PSG a vu débarquer un concurrent supplémentaire en club en la personne d’Ezequiel Lavezzi, recruté à Naples pour environ 30 millions d’euros. Au départ de la saison, sa situation n’était pas si claire. Maintenant, c’est le sortir de l’équipe qui paraît compliqué, tant son influence est grande ces dernières semaines. Avant de briller contre Kiev, Ménez avait déjà donné une passe décisive à Zlatan Ibrahimovic à Lille (1-2) et contre Toulouse (2-0).
Avec Javier Pastore, ces trois-là semblent faits pour s’entendre. L’attaque parisienne a retrouvé des couleurs depuis qu’ils sont alignés ensemble. Surtout dans ce système où les membres du trio évoluent à leur poste de prédilection avec complémentarité. Souvent cantonné à un rôle d’ailier droit au cours de sa carrière, Ménez a un tout autre rendement au PSG, où Ancelotti l’utilise dans une position plus axiale, avec une liberté que l’Italien accorde également à Pastore et Ibrahimovic. Au sein de ce ménage à trois, où il apporte ses qualités de vitesse et de percussion, l’ancien prodige de Sochaux paraît totalement épanoui. Il n’en bonifie que davantage le jeu de son équipe. Et Ancelotti n’a peut-être pas fini de parler de lui.
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