Treize matches, 105 jours et 776 minutes sans marquer. La traversée du désert était trop longue pour qu'elle s'éternise davantage. Karim Benzema y a mis un terme mardi soir. Et à le voir serrer le poing comme rarement, on imagine que cet interminable mutisme le pesait plus qu'il ne l'avouait. Face à Manchester City (3-2), l'attaquant français n'a mis qu'un quart d'heure à mettre les points sur les "i". A remettre le Real sur les rails d'une victoire inespérée, scellée dans les ultimes secondes par Cristiano Ronaldo.
Mercredi matin, la presse espagnole n'avait d'yeux que pour l'attaquant portugais... et pour José Mourinho. Mais si les Merengue ont profité de la Ligue des champions pour se refaire un moral, ils le doivent bien à Benzema. Ce n'était pas gagné. Pour la cinquième fois en sept rencontres, l'ancien Lyonnais avait débuté sur le banc. Une fois encore, Mourinho lui avait préféré Gonzalo Higuain. Et pour cause : ces derniers mois, le Français - que la presse espagnole prétend isolé depuis le départ de son pote Lassana Diarra - ratait le cadre. L'Argentin, lui, ne le manquait pas. En attestent ses six réalisations en dix rencontres toutes compétitions confondues.
Deschamps : "Il ne sera jamais un attaquant d’appui"
Face à City, Higuain est resté muet. Pas Benzema. Quand il a foulé la pelouse de Bernabeu, à la 74e minute, Edin Dzeko venait tout juste de doucher le public madrilène. Le natif de Bron a changé beaucoup de choses. Il a vite, très vite, dynamisé l'attaque madrilène. En se montrant disponible, en multipliant les appels, en faisant parler son aisance technique. Et surtout, en frappant au but. Sitôt entré, Benzema n'a pas hésité à tenter sa chance dans un angle fermé. Son audace a payé sur un service d'Angel Di Maria. A l'entrée de la surface, il s'est joué de Matija Nastasic d'un contrôle orienté, pour trouver le petit filet de Joe Hart. Pour mettre fin au plus long mutisme de sa carrière. Pour prouver à Mourinho, s'il en doutait, qu'il n'avait pas inscrit 32 buts en 52 matches la saison dernière par hasard.
La machine n'est plus grippée. Reste à la relancer sur la durée. A Madrid, la concurrence avec Higuain doit l'inciter à retrouver son instinct de tueur. L'équipe de France y trouverait aussi son compte. En sélection, Benzema se distingue surtout par ses talents de passeur, par son goût pour les décrochages et les dézonages. Nettement moins par son efficacité et par sa présence dans la surface. "Il ne sera jamais un attaquant d’appui, de fixation, dédramatisait Didier Deschamps sur RMC mardi après-midi. Il aime bouger, il fait des passes décisives. Je ne me soucie pas pour lui." Même si le dernier de ses 15 buts en Bleu remonte au 5 juin, contre l'Estonie (4-0).
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