Mardi, le Bayern Munich reçoit Lille, votre premier club en Europe. C'était il y a neuf ans et l'expérience n'a pas été simple. Quel souvenir en gardez-vous ?
DANTE : Je suis arrivé à Lille très jeune (19 ans), ce n'était pas facile. J'ai débarqué au club en plein hiver, c'était en janvier. La première année ne s'est pas trop mal passée. Après, j'ai été souvent blessé. En plus de cela, il a fallu s'adapter. Je venais du Brésil, où il fait chaud toute l'année. Le climat, la langue et la culture, ça n'a pas été facile. Je n'étais pas trop habitué et je n'avais pas trop d'amis dans ces moments-là pour m'aider.
Vous avez traversé l'océan Atlantique seul ?
D. : Oui, je suis venu tout seul, ma copine m'a rejoint deux mois après mais elle ne parlait pas français, elle n'avait pas de visa... Ça me manquait d'avoir des proches pour me tenir au chaud. Ces moments n'ont pas été simples mais j'ai beaucoup appris durant cette période. Petit à petit, j'ai appris la langue, je me suis accroché.
Quand vous avez quitté Lille en 2006, imaginiez-vous un jour vous retrouver dans un aussi grand club que le Bayern Munich ?
D. : Sincèrement, pas à ce moment-là. Je savais que je ne manquais pas de qualités. Mais je n'avais pas eu de chance. J'ai été blessé longtemps. A l'époque, je me suis dit que j'allais rebondir et que je jouerais un jour dans un très bon club. Mais quand je suis parti de Lille en 2006, je ne me disais pas que j'allais arriver au Bayern, au Real ou à Barcelone. J'ai toujours eu les pieds sur terre. Aujourd'hui, je suis fier de mon parcours.
Votre trajectoire et le temps que vous avez mis pour percer est un peu une ode à la persévérance ?
D. : Je ne souhaite pas aux jeunes de passer par ce que je suis passé pour arriver au Bayern. J'ai toujours dû me mettre dans le rouge. Tous les jours, je me mettais la pression pour montrer ce que je savais faire. Aussi bien à Lille, à Charleroi, au Standard de Liège... parce que je voulais y arriver. Il faut toujours y croire, même si les qualités footballistiques ne suffisent pas. Ça se joue au mental. Les gens regardent qui est concentré, qui a les pieds sur terre, qui sait se faire mal... Tous les jeunes n'en sont pas capables.
Ça change quoi de jouer au Bayern par rapport à Mönchengladbach, votre précédent club ?
D. : La mentalité et la philosophie. Le dimanche matin, quand on a gagné, on est content. Mais pas plus. Au Bayern, je dirais qu'il ne faut pas gagner des matches ou réussir des séries. Mais remporter des titres.
Le dernier titre qui a échappé au club, c'est la Ligue des Champions, perdue en mai dernier face à Chelsea. Les joueurs en parlent-ils encore ?
D. Non, on n'en parle plus. Ça sert juste à avoir un esprit revanchard pour ceux qui l'ont vécue. Mais ils se sont déjà remis dans le bain. Tout le monde a déjà tourné la page et est reparti de l'avant.
Revenons à Lille, avez-vous lié des amitiés au sein du LOSC durant votre passage ?
D. : Oui, ça se passait bien avec Rafael Schmitz. Grégory Tafforeau aussi. Mathieu Debuchy, qui venait de monter en pros, et Yohan Cabaye étaient des jeunes très sympas. Je m'entendais avec pas mal de monde.
Avez-vous gardé des contacts ?
D. : Non. Ça fait tellement longtemps. Mais je vais revoir tout ce petit monde avec plaisir, Mathieu Debuchy notamment. Même s'il ne joue pas (ndlr : le Lillois, expulsé à Valence, est suspendu pour le match de mardi)... Tant mieux pour nous d'ailleurs (sourire). Mais je serais ravi de le revoir pour parler et rigoler un peu.
Avez-vous suivi le parcours du LOSC et son évolution depuis votre départ ?
D. : Oui, j'ai vu le club progresser d'année en année. Aujourd'hui, c'est un club qui attire de très bons joueurs français et étrangers. Notamment Marvin Martin ou Nolan Roux, qui ont réalisé de très bonnes saisons avant. Et ils arrivent à recruter Salomon Kalou. C'est du gros calibre. Je suis très content de les avoir vus devenir champions de France et gagner la Coupe de France.
Au Bayern, se méfie-t-on de Lille, malgré son début de saison poussif ?
D. : Bien sûr qu'on se méfie de Lille. On en a parlé dès dimanche. L'entraîneur nous a prévenus. En plus, Lille possède un très bon entraîneur, Rudi Garcia. Depuis son arrivée, le club est monté en puissance. On a déjà parlé de tout ça. A nous de ne pas être surpris mardi. Mais on s'attend à un match très difficile.
Pour le Bayern, en revanche, ça roule comme sur des roulettes...
D. : On ne pouvait pas rêver mieux. L'équipe joue bien en championnat, où on a battu un record (ndlr : 8 victoires pour entamer la saison). En Ligue des Champions, on a été bons face à Valence. Il n'y a eu que Borisov où on a été un peu moins bien. Mais c'est le genre de matches qui nous fait apprendre des choses.
Un petit mot sur Franck Ribéry, qui est désormais votre coéquipier. Il devait être ravi après Espagne - France...
D. : Il a dit que c'était magnifique car beaucoup de gens n'y croyaient pas. A la dernière minute, il a donné cette passe décisive. On sentait qu'il avait envie de ce match. On espère qu'il va continuer comme ça toute la saison. Franck, en tant que joueur, c'est la classe. Comme homme aussi. Il veut toujours en faire plus, à l'entrainement comme en match. Il travaille comme un mort de faim chaque jour. Il a déjà un statut ici mais bosse comme un 'ouf'. Les jeunes peuvent le prendre en exemple.
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AFP

























