Près de quatre mois après le premier sacre de son histoire, Chelsea s’apprête à remettre sa couronne continentale en jeu. Comme tous les tenants depuis le Milan AC de Sacchi, sacré en 1989 et 1990, le club anglais va tenter de réussir l’impossible doublé, sur lequel le Real Madrid, Manchester United, le FC Barcelone et tous les autres se sont cassé les dents. Parce que la Ligue des champions est la compétition la plus relevée du monde. Et que son niveau d’exigence interdit tout répit. Les cadors pourront une nouvelle fois s’en rendre compte alors qu’une poignée de puissances émergeantes rêvent de les faire vaciller. Ou que des revenants, comme la Juventus Turin, viennent pour jouer les trouble-fête. Ce rôle, les Bianconeri l’endosseront dès mercredi sur la pelouse de… Chelsea. Petit tour d’horizon des engagés.
LES PRETENDANTS NATURELS
La C1 n'est pas une ligue fermée. Mais y ressemble fortement. Ce que Chelsea a réussi en mai dernier a quasiment valeur d'anomalie dans une compétition qui est attachée à ses habitudes et ses familiers. A Munich, le CFC est devenu le 22e club sacré en Coupe d’Europe des Clubs Champions/Ligue des champions, le premier "nouveau" depuis quinze longues années et le sacre du Borussia Dortmund. Entretemps, les très grands se sont partagés les honneurs, Real Madrid et FC Barcelone en tête (3 titres chacun). Cette saison encore, les deux géants espagnols, comme les cadors anglais (Manchester United, Chelsea plus qu'Arsenal) ou l'ogre allemand qu'est le Bayern ne devraient pas être loin du compte. Parce qu'ils sont les plus puissants. Et surtout les plus acclimatés aux fortes températures des matches couperets. Au milieu de ce petit monde, difficile d'oublier les Italiens. Le Milan AC reste (quand même) le Milan AC. Et la Juventus Turin est redevenue la Juventus Turin. Alors...
LES NOUVEAUX RICHES
Pour eux, Chelsea est l'exemple ultime. Bâtis à coup de millions par Roman Abramovich, les Blues sont arrivés à leurs fins en mai à Munich. Eux aussi se voient bien soulever la Ligue des Champions mais, à la différence du club londonien, ne s’imaginent pas attendre neuf ans. Manchester City, le Paris Saint-Germain et, à un degré moindre, Malaga et le Zenit Saint-Petersbourg sont des clubs pressés. Pressés, non pas de rentabiliser les millions investis (mission impossible), mais de s’asseoir au sommet de l’Europe. Manchester City a déjà mis l'Angleterre au pas. Après un douloureux apprentissage en C1, les hommes de Roberto Mancini ont envie de retranscrire sur le terrain les leçons prises et apprises en 2011/2012. Le Paris Saint-Germain en est lui à son année zéro. Mais le champion du monde des investissements estivaux n'a pas envie de perdre de temps. Le casting de son groupe lui permet de rêver aux huitièmes de finale. C'est peu compte tenu de l'argent dépensé. Mais déjà beaucoup dans un milieu aussi concurrentiel.
LES "EX" DE L’EUROPE A PAPA
La Ligue des champions 2012/2013 a un petit goût de "reviens-y". Si les nouveaux riches, que sont notamment le Paris Saint-Germain ou Manchester City, bénéficient d'une exposition médiatique en commune mesure avec leurs moyens financiers, ils sont quelques-uns à honorer la mémoire de la défunte Coupe d'Europe des Clubs Champions ou, simplement, de l'Europe à papa. Prenez donc le Celtic Glasgow, sacré en 1967, Benfica, deux C1 et cinq finales perdues, l'Ajax Amsterdam, reine de la première moitié des 70's revenue au sommet au cœur des 90's, ou encore le Dynamo Kiev et Anderlecht. Les deux derniers nommés n'ont jamais inscrit leur nom au dos de la coupe aux grandes oreilles mais, vainqueurs de cinq titres européens (2 pour les Ukrainiens, 3 pour les Belges), ont quelques aventures continentales de plus à conter que Malaga. Le FC Porto (sacré en 1987 et 2004), empêcheur officiel de tourner en rond, Dortmund (1997), qui a payé pour apprendre la saison dernière, ou Valence, double finaliste en 2000 et 2001, font aussi partie de la grande histoire de la C1. Et comptent bien le rappeler aux prétentieux.
CHAMPIONS… DE FRANCE
Il n'y a pas que le Paris Saint-Germain dans la vie. Il y a aussi Lille et Montpellier, les deux derniers rois de France. Le LOSC revient en Ligue des champions pour la deuxième saison consécutive. Ses tâtonnements de 2011/2012, le club de Rudi Garcia va tenter de les mettre à profit au cœur d'un vrai groupe de Ligue des champions, constitué d'un géant, le Bayern, d'un costaud, Valence, et d'un petit, le BATE Borisov. Le club nordiste aura son mot à dire et l'envie de retrouver les huitièmes de finale, stade atteint en 2007/2008. A Montpellier, compte tenu du terne début de saison, la Ligue des champions ne ressemble déjà plus à une distraction. Les hommes de René Girard seraient néanmoins bien inspirés d'en profiter. L'occasion ne repassera sans doute pas de sitôt.
QUI SERA LE NOUVEAU NICOSIE ?
Si vous avez un peu d'argent en trop ou que vous possédez l'âme d'un joueur, c'est le moment de trouver le petit qui va faire mentir les statistiques et se frayer un chemin parmi les costauds. En gros, qui sera l'Apoel Nicosie 2012/2013 ? Plusieurs "petits" postulent et rêvent, comme les Chypriotes, d'un quart de finale de C1 face au Real. Parmi lesquels les Roumains de Cluj, les novices Danois de Nordsjaelland ou les Biélorusses du BATE Borisov. Ils partent sans aucune chance. Mais y croient dur comme fer. C'est aussi ça la Ligue des champions : un rêve éveillé.
DPPI