Arsène Wenger ne l'a pas annoncé. Mais Abou Diaby profitera certainement du coup d'envoi de la Ligue des champions pour faire son come-back. Le milieu de terrain d'Arsenal est remis de sa douleur à la hanche, qui l'avait contraint de renoncer à France-Biélorussie (3-1), quatre jours après un retour clinquant sous le maillot bleu, en Finlande (1-0). Dixit Wenger, il aurait "d'ailleurs pu jouer" samedi face à Southampton (6-1). Le manager des Gunners a préféré le ménager, "pour ne prendre aucun risque". Avec, sans doute, l'idée de le titulariser aux côtés de Mikel Arteta mardi, à Montpellier.
Cet éternel retour est forcément une bonne nouvelle pour Arsenal, trop souvent handicapé par ses absences à répétition. Forcément ? Pas si sûr... Car étonnamment, les chiffres prétendent plutôt le contraire. En Angleterre, l'équipe d'Arsène Wenger gagne moins de matches, engrange moins de points et encaisse plus de buts avec l'ancien Auxerrois. A contrario, elle marque davantage lorsqu'il est sur la pelouse.

L'idée selon laquelle, depuis 2005, la présence de l'international français serait un plus indéniable pour les Gunners a donc du plomb dans l'aile. C'est aussi vrai cette saison, où Diaby a déjà disputé 249 minutes de Premier League, pour un bilan mitigé : deux nuls devant Sunderland (0-0) et à Stoke (0-0), suivis d'une victoire, plus probante, à Liverpool (0-2). Sur la pelouse d'Anfield, la prestation XXL de l'international français avait toutefois précédé une autre, sur celle d'Helsinki. Elle avait suscité les éloges d'Arsène Wenger... puis de Didier Deschamps. Le sélectionneur national n'avait pas manqué de louer "son potentiel" et son "profil intéressant", tant vanté par Laurent Blanc.
Paradoxalement, la titularisation de Diaby à La Mosson ne coule pas de source si on se fie aux chiffres. Outre-Manche, le rendement d'Arsenal est supérieur lorsque le natif de Paris ne débute pas une rencontre. Dans ce cas-là, les Gunners empochent davantage de points et de victoires. Leur rendement offensif est à peine inférieur. Même leur solidité défensive est plus consistante sans le longiligne milieu de terrain. A croire que mardi soir, Wenger aurait presque intérêt à ne pas lancer Diaby d'entrée de jeu.

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