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Football - Ligue des champions

Vu d'ailleurs, le PSG ne fait pas (encore) peur

Nous avons consulté nos confrères étrangers pour mesurer l'impact du nouveau PSG en dehors de France. Bilan? Au mieux, un intérêt poli.

 
Le PSG vu d'Europe - Football - Ligue des championsAFP
 

PSG par-ci, Zlatan par-là. Paris et ses stars. Paris et ses moyens illimités. Paris et ses rêves de grandeur. En France, le Paris Saint-Germain version QSI est en train de provoquer une petite révolution à l'échelle de la Ligue 1. Que le PSG ait pris depuis plusieurs mois, et plus encore cet été, une dimension qu'il n'avait jamais connue, cela parait difficilement contestable. Mais vu de l'étranger, des quatre principaux championnats, existe-t-il un frémissement en termes d'intérêt pour la Ligue 1 qui, il faut bien le dire, n'existe pas médiatiquement? Et quid du PSG en lui-même? Y prête-t-on vraiment attention? Médiatiquement? Sportivement?

Pour en avoir le cœur net, nous avons consulté nos confrères d'Eurosport, membres des rédactions britannique, espagnole, italienne et allemande, afin de mesurer ce que pèse le PSG aux yeux des médias et du public dans ces quatre pays. Globalement, on ne peut pas dire que le club de la capitale suscite un enthousiasme débordant. On observe, parfois avec une certaine curiosité. Mais c'est un frémissement. Pas une tempête médiatique. Démonstration en Grande-Bretagne. "Le PSG est un peu plus suivi, nous explique Jonathan Symcox. Mais pas dans les journaux. Là, personne n'en parle. Mais certains matches du PSG sont télévisés, ce qui n'était pas le cas avant."

L'exception italienne

"Je ne vois aucune différence en termes d'intérêt médiatique pour la Ligue 1 ou le PSG en ce qui concerne l'Allemagne, note de son côté Tim Neuenfeldt, d'Eurosport.de. La semaine dernière, une passe d'armes a pourtant opposé par voie de presse interposée Karl-Heinz Rummenigge, le directeur sportif du Bayern, à Nasser Al-Khelaïfi, le patron du PSG. Mais il y était question d'économie, pas de sport. Idem en Espagne. Si les Parisiens font parfois la Une des journaux de l'autre côté des Pyrénées, comme récemment de Marca, ce n'est pas pour parler sport, mais argent. Là-bas, l'homme le plus recherché pour les interviews, c'est Nasser Al-Khelaïfi. Zlatan Ibrahimovic, lui, reste avant tout un joueur qui n'a pas convaincu grand monde lors de son passage à Barcelone. Son passage du Milan au PSG laisse indifférent.

Seule exception notable, l'Italie. Ce n'est pas un hasard. Paris a essentiellement recruté du côté de la Serie A depuis l'arrivée des Qataris. Vu d'Italie, le PSG, c'est d'abord le club qui dépouille la Botte de ses grosses pointures. "Des tribunes avec Leonardo, en passant par le banc avec Carlo Ancelotti, jusqu'au terrain, on trouve des anciens de Serie A partout au PSG", constate Davide Bighiani (Eurosport.it). "Tout a commencé avec Leonardo, explique-t-il. Ici, on l'a connu comme joueur, entraîneur, directeur sportif. C'est un personnage. Or il a 'volé' quelques joueurs à notre championnat. Thiago Silva, Ibrahimovic, Lavezzi, Menez, Maxwell, Sirigu, Sissoko, Pastore, Motta, Verratti... Il y a quasiment de quoi faire une équipe entière avec d'anciens joueurs de Serie A. En Italie, cet été, il y avait une plaisanterie qui circulait. Dès qu'un joueur était annoncé partant, tout le monde disait 'il va au PSG'." Aujourd'hui, tous les matches des Parisiens sont diffusés à la télé. Une nouveauté. "Les gens veulent encore voir Zlatan ou Thiago jouer", explique Davide Bighiani.

"On ne gagne pas la Ligue des champions comme ça"

Au-delà de cet intérêt plus ou moins marqué d'un pays à l'autre, une unanimité se dégage sur le statut sportif du Paris Saint-Germain. A ce jour, il est considéré comme une valeur montante... encore à distance des sommets européens. "On ne gagne pas la Ligue des champions comme ça, estime Jorge Ordas, notre confrère du bureau espagnol d'Eurosport. Le PSG doit d'abord devenir un habitué de l'épreuve, comme Lyon avant lui. Là, les Parisiens pourront commencer à nourrir des ambitions. Mais pour cette saison, je ne mettrais pas mon argent sur Paris. Il y a encore une grosse différence avec le Real, Barcelone, Chelsea ou Manchester United."

Un avis partagé par tous. "Dominer son championnat et la Ligue des champions, ce n'est pas la même chose, renchérit Tim Neuenfeldt. On l'a vu avec Manchester City. L'expérience des joueurs compte, mais celle du collectif est plus importante encore. En Allemagne, personne n'a peur du PSG." En Angleterre non plus, même si Jonathan Symcox concède que beaucoup voudront "éviter le PSG en huitièmes". "Mais, ajoute-t-il, des équipes comme le Barça ou le Real ne peuvent pas avoir peur du PSG en l'état actuel des choses." Le message est clair. Le PSG devra justifier ses nouvelles ambitions sur le terrain. D'ici là, il reste un club français. C'est à dire médiatiquement et sportivement peu porteur. Jusqu'à preuve du contraire.

 
 
 
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