C'est comme si Lucho Gonzalez n'avait jamais quitté Porto. Il y a deux semaines, le meneur de jeu surnommé "El Comandante" a hérité du brassard de capitaine que portait jusqu'alors l'attaquant vedette brésilien Hulk, parti au Zenit Saint-Pétersbourg pour 40 millions d'euros. Ce brassard, le milieu argentin s'en était emparé lors de son premier séjour à Porto, de 2005 à 2009, où il s'était sacré quatre fois champion du Portugal avant de décrocher un cinquième titre la saison dernière.
A son retour de Marseille en janvier dernier, un transfert à coût zéro visant à réduire la masse salariale de l'OM, le grand brun aux bras tatoués a fait de nouveau valoir tout son ascendant dans les vestiaires comme sur les tribunes du Stade du Dragon. C'est donc en toute logique que l'entraîneur portugais Vitor Pereira lui a rendu une baguette de maestro que le joueur de 31 ans continuer de manier avec brio en dépit d'une moindre fraîcheur physique. Samedi en championnat, le technicien de Porto a d'ailleurs payé cher son choix de sortir Lucho à l'heure de jeu, sans doute pour le ménager avant la réception aux Parisiens, car son équipe a permis au modeste Rio Ave de reprendre le dessus alors qu'elle menait au score.
Drame personnel
"Tout était tranquille quand Lucho est sorti, puis le chaos a surgi en un clin d'oeil", a résumé le quotidien sportif Record. La défaite évitée de justesse, ce nul (2-2) a tout de même coûté à Porto sa première place du classement, désormais occupée par Benfica à la différence de buts. Le retour de Lucho au premier plan a été marqué par le deuil, car son père est décédé le jour même de son entrée en lice en Ligue des champions. Tenant à jouer sa 50e rencontre à ce niveau, et surtout à montrer sa force de caractère, Lucho a ouvert le score et conduit Porto vers une victoire précieuse chez le Dinamo Zagreb (2-0).
Si Lucho s'est déjà montré déterminant face au PSG lors des grands chocs du football français qu'il a joués sous le maillot de l'OM, avec lequel il a été champion de France en 2010, le club de Paris représente aujourd'hui un tout autre défi. Pour contrer ce PSG version 2012, avec ses nouvelles recrues de la trempe de Zlatan Ibrahimovic ou Thiago Silva, l'ancien Marseillais sera sans doute animé par l'idée de montrer aux Français son meilleur niveau, qu'il n'a déployé que par intermittence à l'OM, quitté par la petite porte.
Il devra surtout savoir tirer le meilleur de ses coéquipiers. Secondé par l'infatigable international portugais Joao Moutinho, "El Comandante" aura ainsi pour mission d'exploiter le talent des deux Colombiens en vogue chez les Dragons: James Rodriguez, jeune ailier plein d'applomb, et Jackson Martinez, efficace avant-centre venu finalement combler un poste laissé vacant depuis le départ de leur compatriote Radamel Falcao.
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