Sans Mario Gomez, le pouvoir offensif du Bayern devrait être considérablement amoindri. Il ne l'est pas. Car pendant que l'attaquant allemand "ne sait pas quand il pourra recouvrer le plein usage de (sa) cheville", un buteur croate a pris la relève. Son nom : Mario Mandzukic. Mercredi soir, l'international croate compte bien briller sous les projecteurs de la Ligue des champions. En visite à l'Allianz Arena, le FC Valence a tout intérêt à le surveiller comme le lait sur le feu. Car Mandzukic est une terreur des surfaces. Encore plus depuis qu'il porte le maillot bavarois : en cinq matches, il a déjà frappé six fois. Le 12 août, dès son premier match officiel, il avait déjà contribué à la victoire du Bayern face au Borussia Dortmund (2-1), en Supercoupe d'Allemagne.
Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que les dirigeants munichois aient déboursé 13 millions d'euros pour l'arracher à Wolfsburg. "J'essaie toujours de tout donner, tempère celui qui a signé un contrat de quatre ans cet été. Jusqu'à présent, j'ai toujours été récompensé. Je suis bien entouré." Après un Euro de haut vol avec la Croatie, Mandzukic savait qu'il devrait jouer des coudes entre Mario Gomez et Claudio Pizarro. Dès son arrivée au Bayern, il affirmait pourtant "ne pas avoir peur de la concurrence". Encore fallait-il trouver sa place aux côtés de Ribéry, Robben, Müller et Kroos. Mission accomplie : Jupp Heynckes est totalement convaincu. "Mandzu est exactement le joueur qu'il nous faut", savourait l'entraîneur munichois mardi, en conférence de presse.
Heynckes : "Il se bat sur tous les ballons"
Au-delà de son rendement face au but, c'est surtout son goût de l'effort et son sens du sacrifice qui font l'unanimité. "Peu importe qui marque. La seule chose qui compte, c'est que l'équipe gagne", insiste l'intéressé. "Il se bat sur tous les ballons, reprend Heynckes. Il a une présence physique rare, précieux pour notre jeu." Slaven Bilic, le sélectionneur de la Croatie, confirme : "Il lutte de la première à la dernière minute avec une énergie incroyable."
Dans les vestiaires, l'ancien joueur du Dinamo Zagreb traîne pourtant la réputation d'un joueur "borderline" (Bilic), au caractère bien trempé. Cette rage, il la puise dans une enfance marquée à jamais par la conflit yougoslave. En Bosnie, racontait-il durant l'Euro, la crainte quotidienne de balles perdues le hantait. Alors il se protégeait derrière son matelas. A 26 ans, le natif de Slavonski Brod ne vit plus dans ce sinistre passé. Le présent a de quoi le combler. Il est "impatient" de regoûter à la Ligue des champions. Jusqu'ici, son expérience dans la cour des grands se résume à quatorze matches avec le Dinamo Zagreb. Quatorze matches de tour préliminaire, pour sept buts à la clé. Preuve que Mandzukic était déjà une terreur des surfaces.

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