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La voie de la sagesse va si bien au Real Madrid

La voie de la sagesse va si bien au Real

Le 05/06/2017 à 10:11Mis à jour Le 05/06/2017 à 15:21

LIGUE DES CHAMPIONS - Sacré champion d'Europe pour la douzième fois de son histoire samedi face à la Juventus (4-1), le Real Madrid a construit son succès sur une politique empreinte de stabilité. Une sagesse qui lui a souvent fait défaut par le passé. Et à laquelle il a tout intérêt à s'accrocher dans le futur.

Il fut un temps où il achetait à tout bout de champ. Où il collectionnait davantage les Ballons d'Or que les victoires en Ligue des champions. Quitte à, l'été venu, employer des moyens démesurés pour s'offrir les meilleurs joueurs de la planète. Sans forcément chercher à obtenir la meilleure équipe. C'est dans la culture du Real Madrid. Son histoire s'est aussi écrite avec des recrutements plus spectaculaires les uns que les autres. Cela n'a pas toujours fait son bonheur. Depuis deux ans, le club merengue s'est fait plus sage sur le marché des transferts. Et cela n'a vraiment pas fait son malheur.

Il ne s'agit pas de pointer du doigt la folie dépensière du Real. Elle a aussi eu du bon. Après tout, l'homme de la finale a coûté la bagatelle de 94 millions d'euros à la Maison Blanche en 2009. Et Cristiano Ronaldo n'a pas été décisif qu'avec son doublé à Cardiff. Le Portugais a littéralement propulsé le club merengue vers son douzième sacre européen en compilant dix buts depuis les quarts de finale. L'investissement était monumental, son succès est total et ça ne date pas de samedi. Justement. Il ne faut pas s'arrêter au prix de Ronaldo. Mais souligner qu'il est là depuis huit ans.

La joie de Cristiano Ronaldo après la victoire du Real Madrid en finale de la Ligue des champions.

La joie de Cristiano Ronaldo après la victoire du Real Madrid en finale de la Ligue des champions.Getty Images

Aujourd'hui, Cristiano Ronaldo incarne moins les recrutements galactiques passés du Real que la stabilité actuelle de la Maison Blanche. Elle sort de l'une des saisons les plus abouties de son histoire. Elle a reconquis un titre de champion d'Espagne qui la fuyait depuis cinq ans et cela ne l'a pas empêché de conserver sa couronne européenne. Au terme d'un parcours où elle a dominé successivement le Bayern, l'Atlético et la Juve. Au terme d'une saison où elle a marqué à chaque match, dans toutes les compétitions où elle était engagée.

L'été le moins dépensier

Symboliquement, cette saison des plus remarquables est arrivée après l'été où le Real a le moins dépensé sur le marché des transferts. Avec la seule arrivée, ou plutôt le retour, d'Alvaro Morata, racheté à la Juventus pour 30 millions d'euros. Le club merengue avait pourtant des raisons d'investir massivement l'été dernier. Surtout avec la menace qui pesait à l'époque d'une interdiction de recrutement pour le dernier mercato d'hiver et le prochain mercato d'été. Il y avait un risque à ne pas se renforcer. Le Real a tenté ce pari. Bien lui en a pris.

Alvaro Morata et Marco Asensio célèbrent un but marqué lors du déplacement du Real Madrid sur la pelouse de la Real Sociedad - Liga 2016/201

Alvaro Morata et Marco Asensio célèbrent un but marqué lors du déplacement du Real Madrid sur la pelouse de la Real Sociedad - Liga 2016/201AFP

Son succès, la Maison Blanche le doit d'abord à cette stabilité. Elle est à l'origine de la domination de l'équipe madrilène sur l'Espagne et sur l'Europe cette saison. Ses effets positifs sont multiples. Sur la qualité de vie d'un groupe dont chaque élément a su répondre présent, même ceux qui étaient moins utilisés que d'autres. Le Real a toujours pu s'appuyer sur une solidarité de tous les instants qui s'est traduite par le caractère affiché dans les moments difficiles. Ce qui l'a rendu si fort cette saison, ce qui lui a permis de renverser des situations compromises, c'est d'abord son cœur.

Plus beau que jamais

C'est également son talent. Et si le Real a pu l'exprimer pleinement, c'est aussi le fruit de cette stabilité nouvelle. Elle est à la base de la supériorité collective merengue. Quatorze des dix-huit joueurs convoqués pour la finale l'avaient déjà été pour celle de l'année dernière face à l'Atlético. Et le onze aligné était, à deux exceptions près, le même qui celui qui avait vaincu les Colchoneros à Milan (1-1, 5 tab à 3). La base n'a pas bougé et le collectif madrilène a pu poursuivre sa progression. Sa victoire écrasante sur une Juve pourtant impressionnante cette saison en a été la preuve la plus éclatante.

Le Real n'a pas toujours suivi la voie de la sagesse par le passé. Cette saison lui a donné toutes les raisons de s'y accrocher à l'avenir. Quitte à laisser d'autres clubs endosser le costume du grand animateur du mercato estival. Cela fait deux ans qu'il ne le porte plus et il aurait tort de vouloir le récupérer. Parce que tel qu'il est, le club merengue est plus beau que jamais.

Les joueurs du Real Madrid soulèvent la 12e Ligue des champions de l'histoire du club.

Les joueurs du Real Madrid soulèvent la 12e Ligue des champions de l'histoire du club.Getty Images

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