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Quand ça parait impossible, c'est que l'Atlético peut le faire

Quand ça parait impossible, c'est que l'Atlético peut le faire

Le 01/05/2017 à 23:57Mis à jour Le 02/05/2017 à 10:05

LIGUE DES CHAMPIONS - L'Atlético est loin de partir favori de sa demi-finale face au Real Madrid (mardi à 20h45). Les Colchoneros paraissent même moins en mesure de rivaliser avec leur voisin que les années précédentes. Mais cela ne les rend que plus dangereux.

C'est l'heure de faire mentir l'histoire. Car l'histoire, au moment où l'Atlético se frotte à son voisin du Real en Ligue des champions, ne tourne jamais en faveur des Colchoneros. Les supporters rojiblancos y ont probablement pensé quand leur équipe a hérité du club merengue au tirage au sort. Cette histoire prend un malin plaisir à bégayer. Enfin, pour le moment.

Sortir le Real dans la compétition reine des Coupes d'Europe, ça ressemble à un défi impossible pour l'Atlético. Il a connu trop de désillusions face au club merengue ces dernières saisons pour qu'il en soit autrement. Le destin a été trop cruel avec les Rojiblancos. Ce coup de casque de Ramos il y a un peu moins de trois ans à Lisbonne n'était qu'un coup de semonce. L'égalisation arrachée par le défenseur du Real au bout du temps additionnel, et les trois buts merengues qui ont suivi en prolongation, n'étaient que le début d'une mauvaise farce pour les Matelassiers.

La tête victorieuse de Sergio Ramos face à l'Atlético en finale de la Ligue des champions 2014

La tête victorieuse de Sergio Ramos face à l'Atlético en finale de la Ligue des champions 2014Getty Images

L'Atlético a eu l'occasion de nourrir sa rage par la suite. L'élimination en quarts de finale la saison suivante, pour un but de Chicharito Hernandez à la 88e minute de jeu du match retour, a encore augmenté la frustration de la bande de Diego Simeone. Elle a atteint son paroxysme le 28 mai 2016, quand les Colchoneros ont buté une troisième fois en trois ans sur leur voisin merengue. En finale. Et aux tirs au buts.

Pas la même grinta

Ce n'est pas dans son passé récent en Ligue des champions que l'Atlético trouvera une raison de croire en une qualification face au Real. Ce n'est pas non plus sa seule raison d'en douter. On a suffisamment entendu que l'équipe de Simeone était moins forte cette saison. Qu'elle n'avait pas retrouvé cette grinta des années précédentes. Comme si une forme d'usure avait fini par s'installer dans les rangs de l'armée dirigée par le commandant argentin. C'est une impression visuelle. Mais le constat est perceptible dans les résultats.

Kevin Gameiro (Atlético)

Kevin Gameiro (Atlético)AFP

Il s'est traduit en Liga. L'Atlético ne lutte plus pour le titre aujourd'hui, mais pour sa qualification directe pour la prochaine Ligue des champions. Les Colchoneros n'ont pas su se mettre au niveau du Real et du Barça en championnat, comme ils avaient su le faire ces dernières saisons. Ils n'ont d'ailleurs pas réussi à signer la moindre victoire face à l'un des deux grands d'Espagne, que ce soit en Liga ou en Copa del Rey, où les hommes d'el Cholo ont été sortis en demi-finale par Barcelone (1-2, 1-1).

Sur la pointe des pieds

L'Atlético était un cran en dessous et cela s'est notamment senti face au Real en Liga. Lors du match aller, où Zinédine Zidane avait maîtrisé Diego Simeone tactiquement dans un contraste criant avec le derby remporté par les Colchoneros à Santiago-Bernabeu la saison passée (1-2). Même lors du match retour, malgré le nul en forme de hold-up décroché en fin de rencontre par les Rojiblancos sur un but d'Antoine Griezmann (1-1).

Antoine Griezmann a égalisé pour l'Atlético face au Real

Antoine Griezmann a égalisé pour l'Atlético face au RealAFP

L'équipe de Simeone n'aborde pas non plus ce duel de Ligue des champions face au Real comme la finale de la saison passée. A l'époque, elle arrivait auréolée de deux exploits monumentaux après avoir sorti le FC Barcelone, alors tenant du titre, en quart de finale et le Bayern Munich en demi-finale. L'Atlético n'a pas connu un parcours aussi clinquant cette saison avec des qualifications face au Bayer Leverkusen en huitième de finale et face à Leicester en quart de finale.

Pour toutes ces raisons, une qualification de l'Atlético pour une nouvelle finale de Ligue des champions, qui serait la troisième en quatre ans, parait des plus improbables. Quasiment impossible même. Et c'est justement la meilleure chance des hommes de Diego Simeone. Car ils réalisent des choses impossibles depuis plusieurs saisons déjà. C'est finalement le meilleur contexte qu'ils pouvaient espérer pour aborder ces retrouvailles face au Real Madrid. C'est quand ils sont le moins attendus qu'ils sont capables des exploits les plus retentissants.

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