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Ligue des champions : Chelsea a affiché toutes ses carences actuelles contre l'AS Rome

Blues pâles

Le 01/11/2017 à 00:32Mis à jour Le 01/11/2017 à 16:22

LIGUE DES CHAMPIONS - Chelsea a concédé une lourde défaite sur la pelouse de l'AS Rome (3-0) mardi soir dans le cadre de la 4e journée de la phase de poules. Un revers qui n'a pas mis pas fin aux rêves de huitièmes du club - loin de là - mais qui a affiché une nouvelle fois au grand jour les carences tactiques et mentales des Blues.

Difficile de faire plus expressif qu'Antonio Conte. Il suffit généralement d'observer le manager de Chelsea pour savoir l'état d'esprit qui l'habite. Ce mardi soir, au Stadio Olimpico, sa déception était plus que visible à quelques secondes du coup de sifflet final. Le regard dans le vague, les traits tirés, les épaules basses, l'Italien avait clairement la mine des mauvais soirs alors que son équipe s'apprêtait à concéder une défaite aussi cinglante que symbolique face à la Roma (3-0).

Ce revers n'est en rien catastrophique pour les Blues. Avec sept points dans le groupe C, soit quatre d'avance sur l'Atlético, à deux journées de la fin de la phase de groupes, les voilà même bien placés dans l'optique d'une qualification pour les huitièmes de finale de la compétition. Ce n'est donc pas le résultat qui inquiète, mais bien la manière. Car les Londoniens n'ont pas seulement été largement battus par les Romains, ils ont surtout montré des signes inquiétants dans le jeu et une certaine fragilité mentale.

Fabregas, symbole d'un milieu en détresse

Quatrième de Premier League avec trois défaites au compteur après seulement dix rencontres disputées, Chelsea ne réalise pas un début de saison à la hauteur des attentes. Le champion d'Angleterre en titre a visiblement bien du mal à capitaliser sur sa formidable campagne 2016-2017. Force est de constater que l'intersaison a fait bien du mal au club. Le départ de Nemanja Matic n'a pas encore été digéré, en dépit de l'arrivée de Tiémoué Bakayoko. Combiné à l'absence actuelle de N'Golo Kanté, il met les Blues en grande difficulté.

La formation si équilibrée d'Antonio Conte, louée par tout le monde la saison passée, semble un lointain souvenir. Le 3-4-3 aligné contre la Roma ce mardi a encore laissé apparaître les grosses carences défensives de l'équipe, qui avait déjà encaissé trois buts à domicile il y a quinze jours face à ces mêmes Giallorossi (3-3). La présence d'un Cesc Fabregas totalement perdu dans le double pivot du milieu de terrain n'est pas étrangère à ce constat. Formidable passeur, l'Espagnol n'en est pas moins un joueur qui manque de présence physique et qui ne brille non plus par sa vitesse lors des replis défensifs.

Un milieu qui déteint sur la défense

Les images ont déjà fait le tour d'Internet. Sur une longue ouverture de Federico Fazio à destination d'Edin Dzeko, trois défenseurs de Chelsea - David Luiz, Antonio Rüdiger et César Azpilicueta - ont suivi ensemble, quasiment main dans la main, la course du Bosnien. Jusque dans leur surface. Avant de s'arrêter brutalement après le crochet de l'attaquant romain, qui n'a eu qu'à décaler Diego Perotti, laissé complètement seul de l'autre côté du terrain, pour créer une occasion des plus franches. Une situation que l'Argentin a finalement très mal négociée.

Mais qu'importe l'issue de l'action, celle-ci dit tout du manque de cohérence de l'équipe, de cette sorte de panique qui gagne des joueurs pourtant si sereins l'année passée. Les absences du milieu londonien n'y sont pas pour rien. En clair, c'est toute l'animation défensive de l'équipe qui est, par séquences, apparue défaillante face à l'AS Rome. Comme trop souvent depuis le début de la saison.

Des motifs d'espoir

Si l'AS Rome a réalisé un match dans l'ensemble très solide et fait preuve d'un grand réalisme à des moments clés, Chelsea a malgré tout su se montrer à son avantage offensivement en première période. Notamment par l'intermédiaire d'un Eden Hazard très remuant. "On a fait une première période de qualité […] Par contre, la deuxième période a été très décevante. Je n'ai rien vu de positif. C'était vraiment mauvais. La Roma a montré plus de faim et d'envie, de volonté de nous battre", a admis Antonio Conte après la rencontre.

La qualification pour les huitièmes demeure toutefois à la portée des Blues, qui auront leur destin entre leurs mains contre Qarabag puis l'Atlético. Il ne faut pas oublier non plus qu'il y a quelques semaines, cette même équipe avait battu les Madrilènes en C1 ou pris le meilleur sur Tottenham à l'extérieur en Premier League.

"On doit trouver la colère qu'on avait la saison dernière et éviter ces hauts et ces bas", a déclaré Antonio Conte en conférence de presse. Au-delà des réglages tactiques, l'Italien devra trouver les bons mots pour remobiliser ses troupes. Et peut-être, remettre en question son propre état d'esprit, lui qui a régulièrement montré son mécontentement ces dernières semaines à l'égard de la politique suivie par le club. Un état d'esprit qui semble avoir rejailli sur ses joueurs.

Antonio Conte

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