Getty Images

Ligue des champions : Tout feu tout flamme avec Monaco, Falcao retrouve Porto

Falcao, ex-Dragon devenu renard tout feu tout flamme

Le 25/09/2017 à 22:40Mis à jour Le 26/09/2017 à 17:36

LIGUE DES CHAMPIONS – Mardi soir, Radamel Falcao retrouve Porto, club avec lequel il s'est révélé aux yeux de l'Europe et cela tombe bien : il n'a jamais été aussi proche de redevenir celui qu'il était chez les Dragons.

Plus que son début de saison tonitruant, Radamel Falcao a peut-être accompli un exploit d'une tout autre teneur : redevenir celui qu'il était. L'idée trottait certainement dans sa tête depuis plusieurs mois, au bout d'un tunnel où il était tombé très bas après être monté très haut. De nature modeste, le Colombien s'est laissé aller à une déclaration lourde de sens après la victoire de Monaco à Lille, qu'il a encore illuminée d'un doublé. "Même le Radamel de Porto ne marquait pas autant". Certes, "El Tigre" a débuté cet exercice comme aucun autre. A-t-il, pour autant, retrouvé le génial buteur qui a animé les bords du Douro ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer sans en débattre. Car la tâche est bien plus délicate qu'elle n'y paraît.

A Porto, Falcao était un redoutable buteur… et bien plus

Les statistiques sont toujours indicatrices. Avec 11 buts en 9 matches toutes compétitions confondues, l'attaquant de Santa Marta a imprimé un rythme semblable, même supérieur, à celui qu'il a développé pendant deux saisons à Porto, pour boucler son aventure lusitanienne avec 72 réalisations en 87 rencontres. Mais les chiffres ne disent pas tout. "Il n'avait pas seulement de jolies stats. Il a aussi marqué beaucoup de buts importants. C'est ça qui est marquant, nous glisse Nicolas Vilas, journaliste pour SFR Sport. Il a laissé une empreinte indélébile. Car c'est lui qui offre la victoire lors de la finale de la Ligue Europa en 2011. Dans le musée du club, ils ont d'ailleurs acheté les cages de cette finale à Dublin." A Porto, Falcao n'était pas qu'une machine à buts. Il était, aussi, l'homme des titres et des victoires de prestige.

Vidéo - Falcao, "El Tigre" rugit comme à Porto

01:29

Cette folle épopée européenne au cours de laquelle il avait pulvérisé le record de buts inscrits lors d'une seule et même édition de C3 – 17 en… 18 matches ! – avait d'ailleurs éclipsé d'autres de ses faits d'armes, comme son doublé lors de l'un des "Clássicos" les plus marquants de l'histoire et l'humiliation (5-0) de Benfica au stade du Dragon. Ce 7 novembre 2010, "El Tigre" avait inscrit un but mémorable et acrobatique. L'aspect spectaculaire de ses différentes réalisations étaient aussi l'une de ses marques de fabrique. "Il n'est pas forcément impressionnant physiquement. Mais il est très fort techniquement. C'est un renard qui sait participer au jeu. A Porto, il participait ainsi énormément à la construction. On ne plante pas autant de buts dans des clubs différents et des championnats si différents sans être au-dessus techniquement", rappelle Nicolas Vilas. C'est peut-être là que la différence entre "l'ancien" et le "nouveau" Falcao est la plus marquée.

Empiler les buts… et faire le spectacle ?

Avec les "Azuis e brancos", le buteur de 31 ans était aussi entouré de joueurs fins et fantaisistes, de James Rodriguez à Hulk en passant par Guarin ou Moutinho. "Parfois, je n'avais qu'à me focaliser sur le rôle d'attaquant de pointe, parce que le ballon arrivait de tous les côtés. Je n'avais qu'à être frais pour concrétiser du mieux possible ces occasions, se souvenait-il pour le site officiel de l'UEFA en février dernier. La qualité des joueurs était très élevée et, quand tu es entouré d'éléments fantastiques, tout est plus facile." Faut-il alors comprendre qu'il n'est pas aussi bien entouré sur le Rocher ? Ce serait absurde, Bernardo Silva, Thomas Lemar et Rony Lopes entrant aussi parmi cette caste. Mais après ses deux graves blessures aux ligaments croisés puis à l'aine entre 2013 et 2015, le Colombien s'était surtout attaché à retrouver le chemin des filets, qu'importe la manière.

Infographie : Les stats de Radamel Falcao à Porto et Monaco

Cette longue quête l'a mué en buteur froid, efficace comme peu d'autres dans la surface adverse, et dont les buts sont souvent plus mémorables par leurs conséquences que par leurs formes. Chassez le naturel, il revient au galop : les petits chefs-d'œuvre qu'il a inscrits à Manchester City lors du 8e de finale aller à Manchester City (5-3) la saison dernière, ou à Dijon (1-4) le mois dernier, ont confirmé que Radamel était tout proche de redevenir Falcao. Reste désormais à éclabousser, de nouveau, l'Europe. Et cela passera, aussi, par des buts, spectaculaires si possible, face au club de ses premiers exploits, ce mardi soir.

Vidéo - Moutinho : "Falcao était bon à Porto, à l'Atlético, et il l'est aussi avec nous"

00:57
0
0