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Real - Tottenham : "Modric ? Je m'étais fait allumer parce qu'il était soi-disant frêle"

"Modric ? Je m'étais fait allumer parce qu'il était soi-disant frêle"

Le 16/10/2017 à 23:27Mis à jour Le 17/10/2017 à 18:05

LIGUE DES CHAMPIONS - Considéré comme l'un des meilleurs milieux au monde à l'heure actuelle, Luka Modric a pris son envol à Tottenham avant de rejoindre le Real Madrid, qui affronte les Spurs mardi (20h45). Damien Comolli ne s'était pas trompé en allant chercher le Croate au Dinamo Zagreb. L'ancien directeur du football du club londonien revient sur la trajectoire du milieu madrilène.

11 mai 2008. Tottenham boucle sa saison par une défaite à domicile contre Liverpool (0-2). Et termine dans un relatif anonymat à la 11e place du classement de Premier League. Le revers face aux Reds traduit l'écart qui sépare les Spurs du niveau du Big 4. Damien Comolli n'avait pas attendu cette confirmation pour tenter de le réduire. Deux semaines plus tôt, le directeur du football de Tottenham avait signé un joli coup sur le marché des transferts. Il avait convaincu Luka Modric de quitter le Dinamo Zagreb pour rejoindre White Hart Lane.

Le milieu croate correspondait au profil recherché par Comolli. Et les Spurs n'avaient pas hésité à débourser 18 millions d'euros, un record pour le club à l'époque, afin de s'attacher ses services. "On voulait un style à la Fabregas, se souvient Comolli. On avait besoin de créativité, de technique dans les 30 derniers mètres, d'activité, d'intelligence et de vision du jeu. C'était ce qui nous manquait pour finir dans le Big 4. On avait déjà Gareth Bale dans l'équipe, mais il nous fallait un joueur comme Modric."

Luka Modric face à Cesc Fabregas lors d'un match entre Tottenham et Arsenal, en avril 2011

Luka Modric face à Cesc Fabregas lors d'un match entre Tottenham et Arsenal, en avril 2011Getty Images

Pour beaucoup d'observateurs, le petit stratège croate (1,72 m) n'était cependant pas suffisamment armé sur le plan physique pour la Premier League. "Je m'étais fait allumer parce qu'il était soi-disant frêle, se rappelle Comolli. Mais il ne faut pas oublier que Modric n'avait que 21 ans à l'époque. Et il sortait d'un Euro 2008 où il avait été énorme, et dominant au milieu." Dans son sillage, la Croatie était sortie en tête de son groupe, malgré la présence de l'Allemagne, et ne s'était inclinée qu'aux tirs au but devant la Turquie en quarts de finale. Modric faisait même partie de l'équipe-type du tournoi.

Une forte personnalité

En quatre ans sous le maillot des Spurs, le Croate a progressé et Tottenham avec lui. Huitième à la fin de la saison 2008-09 malgré le pire départ de son histoire en championnat, avec deux points en huit journées, le club londonien s'est ensuite stabilisé dans le Top 5 (4e en 2009-10, 5e en 2010-11 et 4e en 2011-12). Sous les ordres d'Harry Redknapp, Modric s'est imposé comme le dépositaire du jeu de Tottenham. Pas seulement par son talent. Aussi par son caractère. Comolli raconte :

" C'est une très forte personnalité, un joueur qui réclame tout le temps le ballon. Cela lui arrivait d'engueuler ses coéquipiers dans le vestiaire parce qu'ils ne lui passaient pas assez le ballon."

C'est peut-être la plus grande force de Modric. Pétri de talent technique, capable de s'adapter à différents postes au cours de sa carrière, en meneur ou en relayeur ("c'est un vrai 8", insiste Comolli), même sur le côté gauche où il a été parfois aligné par Redknapp à Tottenham, le Croate a surtout une mentalité de champion. "Tout le jeu passe par les très bons joueurs, et ces très bons joueurs ont tous de la personnalité", résume l'ancien directeur du football des Spurs.

Luka Modric et Harry Redknapp en 2011

Luka Modric et Harry Redknapp en 2011Getty Images

Cette qualité a été essentielle pour permettre à Modric de réussir au Real Madrid, où il a été transféré à l'été 2012 pour 40 millions d'euros. Et de s'imposer comme l'un des meilleurs milieux au monde. Sans que cela surprenne Comolli. "C'est surtout l'âge, estime-t-il. Avec l'âge, son corps a évolué et il est devenu plus mature. C'était logique qu'il y gagne aussi sur le plan du jeu. Il ne faut pas oublier qu'il est arrivé très jeune à Tottenham mais il y faisait déjà des matches de ce niveau. Après, c'est sûr qu'on ne le voit pas de la même manière au Real, où il a gagné trois titres de champion d'Europe."

Le soi-disant frêle milieu croate fait l'unanimité au moment de ses retrouvailles avec Tottenham mardi en Ligue des champions. Modric a d'ailleurs été élu meilleur milieu de terrain de l'année 2017 lors des récompenses de l'UEFA. "Il avait le potentiel pour atteindre le niveau qu'il a aujourd'hui", estime Comolli. A 32 ans, le milieu du Real est à son apogée. La question, c'est de savoir s'il peut aller encore plus haut. "Si Modric peut encore progresser ? Oui. En gardant le même niveau." Parce que rester le meilleur, c'est finalement ce qu'il y a de plus difficile.

Luka Modric reçoit le trophée de meilleur milieu de l'UEFA 2016-17

Luka Modric reçoit le trophée de meilleur milieu de l'UEFA 2016-17Getty Images

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