Bordeaux, solide à défaut de briller en L1, va passer un nouveau test jeudi (21h05) sur le terrain de Newcastle et son armada de joueurs francophones, avec l'espoir de confirmer son bon début en Ligue Europa et mettre fin à sa funeste série en terre anglaise. Bien que leaders du groupe D après leur large victoire sur Bruges (4-0), les hommes de Francis Gillot abordent en toute humilité ce déplacement dans le nord-est de l'Angleterre.
Les voyages bordelais outre-Manche ont rarement été des parties de plaisir. Quatre traversées pour quatre défaites, parfois cuisantes, et jamais un but marqué, que ce soit à Manchester United (2-0), Aston Villa (1-0), Liverpool (3-0) ou Chelsea (4-0). Le constat est implacable : Bordeaux, ville sous influence anglaise au Moyen-Âge, attend désespérément de prendre une revanche.
Des Magpies à l'accent français
Saint-James Park sera-t-il son terrain de conquête ? Rien n'est moins sûr quand on connaît la ferveur de l'enceinte, une des plus réputées du Royaume, et la qualité du groupe d'Alan Pardew avec les Français Cabaye, Ben Arfa, Marveaux, Amalfitano ou Obertan (ex-Girondin), et les Sénégalais francophones Papiss Cissé ou Demba Ba, actuel meilleur buteur de la Premier League avec six buts inscrits en six journées.
Pour leur entame dans la compétition, les Magpies ont ramené un nul vierge du Maritimo Funchal mais "ils avaient fait beaucoup tourner, il n'y avait que quatre titulaires", indique Gillot, en pleine incertitude quant à la composition qui lui fera face jeudi soir. D'autant que Newcastle a aussi et surtout en tête la réception de Manchester United dimanche. "J'ai vu beaucoup de DVD, les joueurs on les connaît mais l'équipe qui va démarrer, on ne sait pas trop", explique le technicien girondin.
Esthétisme ou efficacité ?
Bordeaux, aussi, pourrait réserver des surprises dans son onze de départ, histoire de garder forces et fraîcheur avant le déplacement à Brest dimanche (14h). Quant au système, ce sera un mystère pour Alan Pardew et son staff jusqu'au coup d'envoi. A Belgrade, lors du barrage aller (0-0), Bordeaux avait évolué à quatre derrière. Mais les expériences réussies avec cinq défenseurs au Parc des Princes (0-0), à Valenciennes (0-0) ou à Gerland (2-0), laissent à penser qu'il pourrait bisser contre Newcastle, au standing proche de ceux de Paris ou de Lyon.
"Avec ce système, nous avons prouvé que nous pouvons gêner beaucoup d'équipes cette saison", reconnaît d'ailleurs le défenseur brésilien Henrique. Certes, bétonner et défendre bas n'est ni très beau ni enthousiasmant, mais c'est solide et Bordeaux s'est relevé en adoptant cette formule la saison dernière. Vaut-il mieux privilégier l'esthétisme à l'efficacité ? Vaste débat pour les coéquipiers de Cédric Carrasso qui se plaisent à haïr la défaite depuis 17 matches, L1 et C3 confondues.






AFP
























