Deux mois et demi après le terrible drame aérien qui a frappé la Martinique et ses enfants, l'île commence à peine à faire le deuil de cette catastrophe qui a coûté la vie à 152 personnes. Pour lui redonner le sourire, l'équipe de France de Raymond Domenech vient y jouer le premier match de son histoire. Mercredi à Fort de France, les Bleus affronteront le Costa Rica au stade Dillon. Une journée mémorable en perspective.
Originaire de Martinique et plus précisément de Fort de France, Gérard Janvion attend ce moment avec impatience. Sélectionné à 40 reprises chez les Bleus et troisième de la Coupe du monde 1982, l'ancien défenseur voit en cette rencontre un juste retour des choses. "C'est une fierté pour nous les Antillais de recevoir l'équipe de France pour la première fois. Il y a déjà eu les A' mais ça n'a rien à voir. La Martinique le mérite, et les Antilles en général aussi, il faut y associer les Guadeloupéens et Guyanais. Ici, il y a beaucoup de supporters des Bleus. Et beaucoup d'internationaux sont des Antillais, de naissance ou d'origine."
"Les idoles, c'est Henry, Wiltord..."
L'ancien Stéphanois regrette la polémique qui a précédé la venue des Bleus aux Antilles et félicite les dirigeants et le sélectionneur national pour leur initiative : "Raymond Domenech et la Fédération ont bien fait de venir, même si ça a fait grincer des dents. La polémique a un peu irrité les Antillais. On nous a parlé de fatigue, mais quelle fatigue ? Ce sont des athlètes de haut niveau !, s'emporte-t-il. Gérard Houllier ou Arsène Wenger, je les comprends. Mais à l'annonce du match, tous les joueurs ont répondu présent, 'blacks' ou pas, comme Grégory Coupet. Parce qu'aujourd'hui les idoles, ici, c'est Henry, c'est Wiltord... "
Des Henry, des Wiltord qui retrouveront l'Allemagne samedi 12 novembre. Un autre match pas comme les autres pour Gérard Janvion. Le Martiniquais a fait partie des héros malheureux de la demi-finale de la Coupe du monde 1982 perdue face à la République Fédérale d'Allemagne au terme d'une partie devenue légendaire." Encore aujourd'hui, j'ai des flashes qui me reviennent. Dans ma tête, j'étais sûr qu'on était en finale mais surtout qu'on allait gagner cette finale. On était tellement forts. La blessure de Battiston nous a complètement déstabilisés. Quand je l'ai vu par terre, je me suis dit : 'On a perdu un copain'. Après, tu as la tête ailleurs, tu ne fait pas forcément les bons choix." Après la Martinique mercredi, c'est un peu pour Gérard Janvion que les Bleus joueront samedi au Stade de France.
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