RAYMOND DOMENECH, vous avez décidé de faire appel à Nicolas Anelka. Un joueur qui n'a plus joué en équipe de France depuis avril 2002. Quelles sont les raisons de ce retour ?
R. D. : Quand je fais une liste, je pense à l'équipe de France et décide de ce qui est intéressant pour elle. Comme les autres joueurs, Nicolas Anelka fait partie du groupe de l'équipe de France. Tout le monde doit être concerné par la perspective de la Coupe du monde. Ceux qui le seront, je les aurai à l'oeil.
Pourquoi avoir décidé de le rappeler maintenant ? C'est tout de même une surprise...
R. D. : Et pourquoi pas ? J'ai fait le tour de toutes les options. Si vous pensez que je me préoccupe des conséquences et des réactions, vous vous trompez. Je fais l'équipe de France en fonction de ce qui me parait intéressant. Je n'ai jamais eu de liste noire avec des joueurs que je ne prendrais pas. Et attention, ce n'est pas pour lui faire plaisir parce qu'il est antillais et que l'on joue en Martinique face au Costa Rica. C'est un match de préparation.
Il avait eu des propos assez durs envers vous et l'équipe de France...
R. D. : Ce qu'il a dit n'est pas mon souci. Je ne lis pas la presse. Nicolas Anelka a des qualités : le jeu en profondeur, une certaine capacité à conserver le ballon et de la vitesse.
Anelka est de retour. Par contre, en ce qui concerne ceux qui n'ont pas été appelés, peut-on dire que ce n'est pas bon signe ?
R. D. : Il faut être concerné. Si ces joueurs ne sont pas concernés à un peu plus de sept mois de la Coupe du monde, tant pis pour eux. Ce n'est pas dans la presse qu'il faut être efficace mais sur le terrain.
Un joueur comme Ludovic Giuly ne fait pas partie des joueurs retenus...
R. D. : Comme les autres, Ludovic Giuly doit continuer à se battre. Celui qui arrête aujourd'hui doit se dire que ce sera fini pour lui. Je regarde tout le monde. Les Espoirs aussi. Mais on ne peut pas multiplier les postes. Quand on compose un groupe, il faut trouver un équilibre entre toutes les lignes. On ne peut pas emmener cinquante joueurs.
Dans cette liste, Zinedine Zidane n'est pas présent. C'était prévu. Tout comme le retour de Fabien Barthez. A ce sujet, Barthez et Coupet vont-ils jouer chacun un match ?
R. D. : Je ne sais pas encore... En ce qui concerne Zinedine Zidane, il est actuellement blessé et récupère. Cela n'a en tout cas rien à voir avec une mise au repos.
Avez-vous eu du mal à convaincre les entraîneurs des différents clubs du bien fondé de ce match au Costa Rica le 9 novembre ?
R. D. : Non. Une fois que j'ai pu développer mes arguments et avec un peu d'intelligence, les entraîneurs ont compris qu'il était plus dans leur intérêt de laisser leurs joueurs. C'est mieux pour eux de jouer un match le 9 novembre plutôt que le 16. Ils auront toute la semaine pour préparer le championnat et la coupe d'Europe. En ce qui concerne le fait de disputer deux rencontres, c'était déjà dans mon esprit mais on ne pouvait pas l'annoncer avant d'être certain d'être qualifiés.
Comptez-vous faire tourner et aligner deux équipes assez différentes face au Costa Rica et face à l'Allemagne trois jours plus tard ?
R. D. : Jouer des matches à répétition, c'est bien car cela permet de voir les faiblesses des uns et des autres. Quand la fatigue est présente, on peut moins se cacher. Cela dit, cette semaine va aussi nous permettre de vivre ensemble. Sans angoisse ni pression. Nous allons pouvoir nous entraîner plus tranquillement. De plus, vivre une semaine comme cela avec quelques jours hors de Clairefontaine, ça permet de voir ses joueurs dans un contexte différent.
Enfin, une dernière question concernant la pelouse du Stade de France. Elle est dans un état pitoyable. On l'a vu mercredi soir lors de la rencontre Lille-Manchester United (1-0)...
R. D. : Elle est pitoyable. Mais pas depuis hier. Il est vraiment dommage que cette enceinte construite au départ pour le football et le rugby accueille toutes sortes de manifestations. Même si c'est compréhensible au niveau économique. Mais bon, nous sommes coincés et même pris en otage. Dommage qu'en retour, nous n'ayons pas ce que l'on est en droit d'attendre.
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