Franck Ribéry est comme une bonne partie de ses confrères footballeurs. L'exercice de la conférence de presse n'est pas celui qu'il préfère. Pour s'exprimer, le Bavarois préfère avoir un ballon entre les pieds. Il fut un temps, pas tant éloigné que ça, où faire face à la presse ressemblait même à un supplice pour l'international français. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Entre l'affaire qui a pollué son année 2010, son retour en mars 2011 et aujourd'hui, l'ancien Marseillais n'est plus le même. Parce qu'il s'est enfin libéré. Et l'équipe de France ne s'en porte pas plus mal.
Mercredi, lorsqu'il s'est présenté sous le chapiteau, Franck Ribéry était détendu. Il a parlé d'un peu de tout. Du fait qu'il ne jouerait pas beaucoup face au Japon, de ses souvenirs face à l'Espagne ou de son bizutage en 2006 et des "noms" qu'il y avait "autour de la table" à cette époque. Quand il est reparti, Ribéry était toujours souriant. Content d'être enfin en phase avec le public et l'équipe de France d'une certaine manière. "Je le ressens vis-à-vis de tout : vous (la presse), le public français, sur le terrain par mon comportement. Je suis plus libéré, moins stressé, je ressens moins de pression. On connait mes qualités et si je suis bien dans la tête, tout roule. Quand tu es bon, c'est plus facile. Tu tentes des choses, ça marche. Ça fait du bien pour la confiance."
Ribéry : " Je suis très affectif "
Cette confiance, l'homme aux 67 sélections l'a retrouvée du côté de Valenciennes le 27 mai dernier. Un quart d'heure de jeu face à l'Islande avant l'Euro et un Ribéry à peine arrivé après sa finale perdue en C1 mais déjà en jambes. Un premier but depuis 2009, de l'envie. Le Hainaut a adoré. Le joueur aussi. Finalement, il ne fallait pas grand chose pour relancer Franck Ribéry. "Je suis quelqu'un de très affectif, qui a besoin de ça. Je ressens ça depuis cinq ans au Bayern et je l'avais perdu en équipe de France. Cette relation avec le public me donne plus de force et me permet de jouer plus libéré", explique-t-il.
Sur sa lancée de Valenciennes, Franck Ribéry (29 ans) a réussi un Euro de bonne facture. Sur le terrain. Mais aussi en dehors, où son comportement a été remarquable et remarqué. La page de Knysna est tournée. Ribéry ne sera sans doute jamais capitaine de l'équipe de France, comme il en avait exprimé l'envie il y a quelques années. Mais l'influence du joueur dépasse désormais le simple rectangle vert. Troisième international le plus ancien de l'actuel groupe France, après Mickaël Landreau et Patrice Evra, arrivés en 2001 et 2004, il est aujourd'hui l'exemple auquel se réfèrent les jeunes. Parce qu'il sait les accueillir et facilite leur intégration, ne serait-ce qu'en les mettant à l'aise par sa bonne humeur.
Capoue : " Un cadre du vestiaire "
Etienne Capoue et Clément Chantôme ne le connaissaient pas il y a encore peu. Mais l'ont déjà adopté. "On a vraiment besoin d'un joueur comme ça dans un vestiaire et sur le terrain. Il est entraînant, se réjouit le Toulousain. Quand tu vois Franck, tu te dis que tu dois faire la même chose. C'est un cadre du vestiaire. Par les mots, les gestes et ce qu'il fait." "Il est très cool et très abordable, confirme Chantôme. C'est un très grand joueur, j'aime bien son style de jeu."
Didier Deschamps, dont l'équipe ne brille pas par l'expérience internationale, ne peut que se réjouir de la nouvelle envergure prise par le Bavarois et les vocations qu'il suscite ou pourrait susciter. "Il a un vécu en équipe nationale. Il est très joyeux, il aime plaisanter et est très bien accepté par l'ensemble du groupe", reconnait le sélectionneur. Avant d'ajouter, pragmatique : "C'est néanmoins surtout sur le terrain qu'il doit nous apporter par ses performances." De toute manière, avec Ribéry, l'un ne va pas sans l'autre. Quand le terrain va, tout va.





























