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"Cruyff n'est pas de ma génération mais il a fait plus que n'importe qui pour les Pays-Bas"

"Cruyff n'est pas de ma génération mais il a fait plus que n'importe qui pour les Pays-Bas"

Le 26/03/2016 à 00:51

MATCHES AMICAUX - Jeudi, les Pays-Bas ont perdu leur guide. Mais la ville d'Amsterdam s'est montrée digne quand il a fallu rendre hommage au roi Johan, vendredi. Reportage au coeur d'un peuple qui pleure sa légende.

Ils ont afflué par dizaines, puis par centaines. Tous avec ce même numéro 14, iconique et légendaire. La plupart n'ont pas le nom qui l'accompagne. Est-ce bien utile ? Après tout, c'est comme cela que cela se passait à l'époque : pas de patronyme dans le dos, juste un numéro. Deux chiffres qui disent beaucoup plus que des flopées de lettres. D'autres ont acheté des répliques toutes neuves coiffées de sept lettres : CRUIJFF. Tous les mannequins de la boutique de souvenirs de l'Ajax ont enfilé la tunique avec le nom sur la poitrine.

Des jeunes avec le maillot de Cruyff

Des jeunes avec le maillot de CruyffPanoramic

Ce sont d'anciens gamins qui rêvaient devant les inspirations du "Hollandais Volant". Ce sont de jeunes adultes qui connaissent tout de lui parce que son histoire est trop imposante, son destin trop incontournable. Tous convergent vers l'Amsterdam ArenA en ce vendredi morose. Le cœur lourd. Jeudi, ils ont perdu leur légende. Celui qui leur a fait piocher dans leurs économies pour cette tunique orange, celle des Pays-Bas, ou rouge et blanche, celle de l'Ajax. Johan Cruyff n'est plus et ils sont tous venus pour lui rendre un immense hommage, ici à l'Arena Amsterdam, à l'occasion d'un Pays-Bas - France flanqué d'une immense charge émotionnelle, vingt-quatre heures après la disparition de l'idole de tous.

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Peter a 22 ans. Il n'a jamais vu jouer Cruyff. Ses seuls souvenirs sont des vidéos Youtube à la qualité inégale et de vieux journaux que collectionnait son père. Qu'importe : "Bien sûr, ce n'est pas ma génération", témoigne-t-il en ce triste jour. "Et alors ? Chacun ici connaît tout de lui. Grâce à lui, notre ville a été connue dans le monde entier. Il a fait plus que n'importe qui pour Amsterdam et pour les Pays-Bas."

Brassards noirs et minute d'applaudissements

Plus loin, Aaron a lui aussi ressorti du placard une vieille réplique du maillot oranje époque Coupe du monde 74. Ses tempes virent au gris et laissent penser que, lui, a pu profiter des exploits de Cruyff au stade. "Je payais mes billets pour le voir", confirme-t-il. "Mais je ne suis pas triste aujourd'hui, je suis fier de l'avoir vu de mes propres yeux." "J'avais acheté mes billets depuis plusieurs semaines et je suis heureux de lui rendre un dernier hommage", témoigne de son côté Anders qui a du mal à masquer son émotion.

Un portrait de Cruyff

Un portrait de CruyffAFP

A l'intérieur du stade, l'hommage sera tout aussi flamboyant. A la 14e minute de ce Pays-Bas - France, alors que les deux sélections portaient un brassard noir, l'ArenA d'Amsterdam s'est levée comme un seul homme déployant une photo immense de Cruyff, de dos. Parce que son numéro suffit à écrire la légende. Le stade a salué sa mémoire avec des applaudissements nourris. Après avoir fait lever les foules durant deux décennies, d'Amsterdam à Rotterdam, Cruyff ne pouvait pas s'en aller en silence. A la mi-temps, les écrans géants ont diffusé un clip compilant ses moments de gloire. Les plus jeunes ont sorti leur portable. Eux n'ont pas eu la chance de le voir à l'œuvre. Ils ont tout de même eu leur part de légende ce vendredi soir.

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