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Leonid Slutsky, le "sauveur" du football russe

Slutsky, le "sauveur" du football russe
Par AFP

Mis à jourLe 29/03/2016 à 00:00

Publiéle 29/03/2016 à 00:00

Mis à jourLe 29/03/2016 à 00:00

Publiéle 29/03/2016 à 00:00

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MATCHES AMICAUX - Leonid Slutsky, le sélectionneur de l'équipe de Russie, est qualifié par la presse russe de "sauveur" du football national. Ancien gardien de but, il a relancé l'équipe nationale et est parvenu à la qualifier pour la phase finale de l'Euro 2016.

Forcé à abandonner sa carrière de gardien de but après être tombé d'un arbre, Leonid Slutsky, l'entraîneur de l'équipe de Russie, est désormais l'un des héros du ballon rond dans son pays. A 44 ans, Slutsky a remplacé en 2015 l'Italien Fabio Capello, dont le salaire très élevé ne pouvait plus être pris en charge par la Fédération de football de Russie. Et aussitôt l'équipe nationale s'est qualifiée pour l'Euro 2016.

Reconnaissable à ses larges épaules et sa mine patibulaire, le Russe continue en parallèle d'entraîner le CSKA Moscou, qu'il a mené jusqu'aux sommets alors que l'équipe errait au fond du classement avant son arrivée. Tout a commencé par un rêve d'adolescent: Leonid Slutsky, né en 1971 à Volgograd, alors Stalingrad, dans le sud de la Russie, voulait devenir un grand joueur de foot.

Leonid Slutsky, sélectionneur de l'équipe de Russie
Leonid Slutsky, sélectionneur de l'équipe de Russie - AFP

A la fin de ses études secondaires, il devient gardien de but pour une équipe locale. Mais après seulement 13 matchs, il doit abandonner ses rêves de carrière à cause du chat de sa voisine, coincé en haut d'un arbre. Leonid, alors âgé de 19 ans, tente de le sauver et se casse un genou en tombant. "J'ai passé un an à l'hôpital. Ils m'ont dit que je ne pourrais plus jamais le plier, a-t-il raconté dans un entretien au journal Sovetski Sport. Pendant un long moment, j'ai travaillé davantage pour m'améliorer. J'ai tenté de continuer le football, mais cela n'a pas marché."

Le jeune Slutsky se consacre du coup à encourager ses camarades. Après avoir obtenu un diplôme d'entraîneur, il prend en charge une équipe de juniors avec un style devenu emblématique. "Je mets beaucoup de pression sur les footballeurs. Il y avait des règles strictes et des contrôles draconiens, se souvient-il. Ils devaient se lever, manger, dormir à des heures fixes."

"Toujours" faire ses preuves

Après avoir réussi à faire passer son équipe du niveau amateur au niveau professionnel, Leonid Slutsky est embauché comme entraîneur-adjoint au club Uralan Elista, avant de passer au FC Moscou puis à Samara. En 2009, sa carrière connaît alors une percée fulgurante: il devient entraîneur du CSKA Moscou lorsque Juande Ramos, ancien coach du Real Madrid, fait défaut après seulement 47 jours en poste.

Leonid Slutsky, le sélectionneur de l'équipe de Russie
Leonid Slutsky, le sélectionneur de l'équipe de Russie - AFP

L'équipe est mal en point: après plusieurs défaites, le départ soudain de Ramos n'arrange rien. Mais Slutsky parvient, en à peine deux matchs, à restaurer la renommée de l'équipe moscovite avec notamment un nul héroïque 3-3 contre Manchester United. En 2014 et 2015, le CSKA enchaîne les victoires dans le championnat de Russie, et tous les regards se tournent vers l'entraîneur. Quand Fabio Capello quitte la Russie, après six mois sans salaire à cause des problèmes financiers de la Fédération, Slutsky est nommé pour prendre sa relève.

Pour la première fois en dix ans, un entraîneur de nationalité russe dirige l'équipe nationale. Et aussitôt elle remporte quatre matchs d'affilée et se qualifie pour la phase finale de l'Euro-2016. Mais Slutsky sait qu'il doit encore faire ses preuves. "Il y a un immense groupe, dont des fans du CSKA, qui sont toujours convaincus que ma nomination est une erreur incroyable et ils attendent chaque jour ma démission", confiait-il à l'agence R-Sport en début d'année.

"Lorsque j'étais le coach des enfants, c'était la même chose: scepticisme, rejet. Peut-être que mon apparence, mes manières, la façon dont je communique ne sont pas celles décrites dans les manuels d'entraîneurs", remarque-t-il. "Peu importe le travail que j'accumule, je dois toujours prouver quelque chose à quelqu'un."

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