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Allemagne - France : Le modèle à suivre est devant leurs yeux

Le modèle est devant leurs yeux

Le 14/11/2017 à 17:44

EQUIPE DE FRANCE - Mardi à Cologne, l’équipe de France défie l’Allemagne pour la sixième fois en cinq ans. Les deux équipes n’ont plus de secret l’une pour l’autre et les Bleus, finalistes de l’Euro, auraient tout intérêt à s’inspirer des champions du monde. Niveau gestion de la jeunesse et stabilité, difficile de faire mieux.

Entre la France et l'Allemagne, les relations n'ont pas toujours été au beau fixe. Pas de méprise, il n'est ici question que de ballon rond. Les deux voisins, qui se croisent tous les ans depuis 2012 au gré de matches amicaux à répétition et de deux rendez-vous sérieux, l'un planétaire (2014) et l'autre continental (2016), n'ont pas toujours eu envie de se taper dans le dos. Sinon avec une virilité certaine. Aujourd’hui, cette époque est révolue. Mardi à Cologne, ce sont deux adversaires sans rancœur qui vont se défier pour une dernière danse en 2017.

Cette année, Allemands comme Français ont atteint les objectifs qu'ils s'étaient fixés. A savoir : rallier la Russie et le Mondial 2018. La Nationalmannschaft a réussi un 10/10 en qualifications et ajouté à son tableau de chasse un trophée qui en dit long sur la profondeur de son réservoir. L'été dernier, elle est allée prendre ses marques en Russie en remportant la Coupe des Confédérations avec une équipe de minots. Dans celle-ci ne figurait qu'un seul joueur du Bayern Munich… le talentueux et plus que prometteur Joshua Kimmich. La France, elle, a bégayé son football sur la forme et, finalement, connu une année moins enjouée que l'explosion de ses jeunes ne le laissait présager. Au fond, elle n'est pas encore totalement parvenue à faire ce que l'Allemagne a réussi avec ses joueurs lors de la Coupe des Confédérations.

L'Allemagne, après sa victoire en Coupe des Confédérations

L'Allemagne, après sa victoire en Coupe des ConfédérationsImago

La jeunesse se fond dans le collectif

"Plusieurs de nos joueurs ont beaucoup de talent, mais ils ne sont pas encore de classe mondiale", expliquait Löw en juin dernier. Certes. Mais force est de constater que cela n’a pas desservi l'Allemagne. Et c’est d’autant plus remarquable que la jeunesse locale partait de très loin. Au tournant du XXIe siècle, elle n’avait plus grand-chose à proposer en magasin. Le travail de formation allemand, notamment inspiré de ce qui se passe en France, a porté ses fruits en moins d’une décennie. Ajoutez à cela une unification des styles de jeu au sein des différentes sélections de jeunes… "Ce sont des joueurs de qualité qui évoluent dans les plus grands clubs, qui cumulent des sélections et des titres, reconnait Didier Deschamps. Sur ce plan-là, on est encore en déficit. J'ai beaucoup de jeunes joueurs avec beaucoup de qualités mais qui n'ont pas ce vécu".

Avec moins de talent individuel que la jeunesse tricolore et, à cette heure, des rôles souvent plus restreints que ceux dévolus aux jeunes pousses au cœur de la sélection de Deschamps, la capacité des néo-internationaux allemands à se fondre dans le groupe fait le bonheur de Löw. Petit à petit, le sélectionneur apporte ainsi l’évolution nécessaire à une équipe qui a gardé sa ligne directrice depuis 2010 et le forfait le plus fructueux de son histoire - celui de Ballack avant le Mondial sud-africain. Cette réussite trouve également sa source dans l'ADN du football allemand, capable depuis la nuit des temps de faire cohabiter les ego boursouflés et les joueurs les plus communs dans un collectif rodé.

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Ça dure

L'autre facette du modèle allemand récemment empruntée par la France concerne la gestion de la tête de la sélection. Joachim Löw est devenu sélectionneur en 2006, après deux années passées aux côtés de Jürgen Klinsmann. Depuis, il est en poste et, sauf accident, cela durera encore jusqu'en 2020. Soit quatorze ans. Une durée inconcevable de l'autre côté du Rhin (ndlr : Michel Hidalgo détient le record de longévité avec 8 ans) mais classique en Allemagne où, entre 1936 et 1998, ils n'ont été que six à tenir les rênes de la Nationalmannschaft.

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