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Transferts, système, Salary Cap : le système de la MLS décryptée par l'un de ses hommes de base

Transferts, système, Salary Cap : le système de la MLS décryptée par l'un de ses hommes de base

Mis à jourLe 04/03/2016 à 21:37

Publiéle 04/03/2016 à 20:17

Mis à jourLe 04/03/2016 à 21:37

Publiéle 04/03/2016 à 20:17

Article de Vincent Bregevin

MLS – Le championnat nord-américain est très différent de ce qui existe en Europe. Jérôme Meary, l'un des hommes clé de ce système si particulier, nous explique le fonctionnement d'une ligue qui veut concurrencer les championnats européens dans les années à venir.

Pourquoi Jérôme Meary est l'un des hommes de base de la MLS

En Europe, chaque club gère son recrutement. Cela n'est pas du tout le cas aux Etats-Unis, où le département dont Jérôme Meary a la charge, le MLS Player Departement, centralise la grande majorité des transferts. "Je suis en charge du recrutement des joueurs internationaux pour la MLS, explique-t-il. Mon rôle est de rassembler les besoins de toutes les équipes et de trouver les meilleures opportunités sur le marché européen."

Le recrutement des joueurs n'est pas la seule mission de Meary. C'est la partie majeure d'une mission plus générale qui consiste à développer la ligue américaine. "On travaille notamment avec la FFF pour l'éducation des coaches et pour aider les jeunes sportifs français à partir dans les grandes universités américaines, détaille-t-il. Tout ça pour faire grandir le sport et la Ligue aux Etats-Unis."

Jérôme Meary (à droite), aux côtés de François Blanquart et Todd Durbin à Clairefontaine
Jérôme Meary (à droite), aux côtés de François Blanquart et Todd Durbin à Clairefontaine - AFP

Le recrutement en MLS : comment ça marche ?

Dans le championnat nord-américain, ce ne sont pas les franchises qui paient les salaires des joueurs, mais la Ligue elle-même. Elle travaille ainsi en étroite collaboration avec le MLS Player Department sur les transferts et les contrats. "Tout ne passe pas forcément par moi, mais tous les contrats sont signés par la Ligue, explique Meary. Les joueurs sont payés par la Ligue, qui propose des outils à nos équipes pour nous permettre de mettre en place nos réseaux de recrutement. On centralise un maximum les données. Et tous les transferts et toutes les signatures de contrat sont validés par mon département, le MLS Player Department."

La Ligue fermée, un système profitable à tous… parce que chacun a son mot à dire

La MLS a un fonctionnement similaire à ce qui se fait dans les autres sports traditionnels américains (NFL, NBA, MLB, NHL). Une ligue fermée qui appartient aux dirigeants des vingt franchises, et où chacun a son mot à dire. "Si un propriétaire veut investir des milliards sur un joueur alors que les 19 autres ne le veulent pas parce qu'ils considèrent que c'est une folie, ça ne passera pas, assure Meary. On ne validera pas le contrat."

Diego Valeri et les Portland Timbers, après leur victoire sur Dallas en finale de la Conférence Ouest
Diego Valeri et les Portland Timbers, après leur victoire sur Dallas en finale de la Conférence Ouest - AFP

La MLS veille ainsi à ce qu'il n'y ait pas de concurrence entre deux franchises sur le marché des transferts dans un but précis. "Pour ne pas que les enchères augmentent et que les salaires explosent, explique Meary. Ça peut créer des petites tensions entre les staffs techniques des franchises, mais au final tout le monde travaille dans le même sens pour que la MLS ait les meilleurs joueurs possibles. Et quand je dis la MLS, ça veut dire toutes les équipes."

Un cas pratique : Le recrutement de Kaka

Si la MLS et son Player Depatment ont le mot de la fin sur chaque transfert, cela n'interdit pas aux propriétaires des franchises de négocier avec les joueurs. Comme le Brésilien Kaka par exemple. "Le propriétaire d'Orlando était déjà en contacts avec Kaka depuis un bon moment, révèle Meary. Effectivement, notre département a validé le contrat de Kaka, mais juste parce qu'il devait être validé. Dans certaines situations, les propriétaires sont déjà en contacts avec les joueurs, par exemple Frank Lampard."

Kaka et Andrea Pirlo
Kaka et Andrea Pirlo - Imago

Ce n'est cependant pas la situation la plus fréquente. Dans la majorité des cas, les franchises se tournent vers le MLS Player Departement pour renforcer leur effectif. "On a fait venir des joueurs comme Didier Drogba, Sebastian Giovinco, Benoît Cheyrou… Si les propriétaires n'ont pas d'idée en tête et cherchent un profil précis, c'est dans ce cas qu'on intervient pour trouver la meilleure opportunité sur le marché international", explique Meary.

Le Salary Cap : Un obstacle face à la concurrence européenne… pour l'instant

C'est l'une des particularités des sports US : le plafonnement des salaires. En football, compte tenu des sommes toujours plus importantes proposées au joueur, cela n'est pas sans poser un problème pour le développement de la MLS. "Oui, cela peut-être un obstacle par rapport aux clubs européens, reconnaît Meary. Mais le Salary Cap augmente petit à petit et la moyenne des salaires en MLS commence à ressembler furieusement à celle de la Ligue 1."

Didier Drogba lors de sa présentation à l'Impact Montréal
Didier Drogba lors de sa présentation à l'Impact Montréal - AFP

Mais la MLS fait attention à ne pas grandir trop rapidement. "Petit à petit, on va investir sur des stars, mettre beaucoup d'argent et les propriétaires sont disposés à investir de plus en plus d'argent, mais on ne veut pas aller trop vite, prévient Meary. On ne veut pas faire comme les Chinois et dépenser n'importe comment. On veut le faire intelligemment en respectant la croissance de ce sport aux Etats-Unis. Si ça a du sens économiquement d'investir plus par rapport à la croissance du sport, on investira plus."

Ce qui attire le joueur en MLS : L'éternel rêve américain

A l'heure actuelle, la MLS ne dispose pas encore de tous les atouts pour attirer les meilleurs joueurs. Mais elle en a d'autres que ses concurrents n'ont pas. "L'argument de base, c'est la qualité de vie, le fait que ce soit une ligue nouvelle, ultra-organisée dans le bon sens du terme, qu'il n'y a pas de problème d'argent, de paiement des salaires…, avance Meary. C'est le rêve américain, les stades sont remplis mais les joueurs son tranquilles au niveau de leur cadre de vie, de leur famille, des études pour les enfants… La phrase clé, c'est le rêve américain. C'est ce qu'ils veulent atteindre." Et ils sont de plus en plus nombreux à le chercher. Encore et toujours.

Jérôme Meary sera dimanche sur Eurosport pour commenter la reprise de la MLS.

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