On les annonce dans les meilleurs clubs européens, et en coulisse, les discussions entre agents et recruteurs doivent être savoureuses.
D’un côté, vous avez Neymar (20 ans, Santos), une technique avantageuse, un vrai provocateur balle au pied et un sens inné du dribble et du but. Puis c’est bien-sûr l’extravagance, la danse. De l’autre, Lucas Moura (19 ans, São Paulo), la percussion, la vitesse (à se demander si sur 22 joueurs il n’est pas le seul à être sur avance rapide), et une finition plus aléatoire. Dans la vie, un jeune bonhomme plutôt simple, gentil, poli, réservé.
Rien d’étonnant à ce que le premier mette moins longtemps à s’imposer avec la sélection brésilienne tant il attire l‘attention. « Neymar est un cran au dessus, titulaire en sélection nationale, considéré au Brésil comme le meilleur joueur brésilien en activité en comptant même ses compatriotes évoluant en Europe. Lucas n’est pas titulaire avec la Seleção. Il manque encore de consistance et de régularité », affirme Frédéric Fausser du site Sambafoot.
En Europe, on aurait les pro et anti Neymar, les fans éblouis par son talent et les réfractaires qui lui reprocheraient de trop en faire. Les supporters de Lucas qui apprécieraient sa générosité et les sceptiques qui focaliseraient sur le déchet ou l’irrégularité.
« Au Brésil, leur talent justifie l’unanimité. Neymar doit être moins impulsif même s’il reçoit beaucoup de coups de défenseurs frustrés. Cela peut parfois le rendre nerveux. Il doit aussi s’améliorer dans ses prises de paroles publiques. Mais Neymar et Lucas sont très appréciés notamment par les jeunes. Ils sont considérés comme des hommes sympathiques, heureux, pour qui tout réussit. »
Aucun doute, le Brésil tient à ses pépites. Et le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne sont pas vraiment pressés de rejoindre le vieux continent. Alors même que le Barça fait le forcing pour recruter Neymar, celui-ci annonce qu’il pense quitter le Brésil après la Coupe du Monde en 2014. Lucas est suivi de très près par le PSG mais il est lié à São Paulo jusqu’en 2015 et veut d’abord écrire l’histoire dans son club.
L’Europe, ce sera pour plus tard et pour le prestige. D’un point de vue financier, Neymar et Lucas ont des salaires qui n’ont rien à envier au marché européen. « Les marques utilisent leur bonne image, notamment celle de Neymar. On voit le joueur de Santos en permanence à la télévision dans des spots publicitaires, des banques, des opérateurs de téléphonie et même des marques de sous-vêtements ! Il a signé plus de dix contrats avec des grandes marques et a un salaire mensuel d’environ 1 million d’euros. C’est déjà une star du showbiz qui gagne plus d’argent au Brésil que s’il avait signé dans un club européen. », ajoute Frédéric Fausser.
Que vouloir de plus lorsqu’en prime on joue dans deux clubs mythiques d’une vraie terre du football ?
En collaboration avec Frédéric Fausser, au Brésil, du site Sambafoot
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